Un sentiment d’injustice chez les motoneigistes

Sophie-Anne Levac | École Sainte-Marguerite-d’Youville
Sophie-Anne Levac | École Sainte-Marguerite-d’Youville
Tapage

C’est déjà mars, mais l’hiver perdure dans le Nord de l’Ontario. Pour certains, cette saison peut sembler longue et ennuyeuse, mais si vous vous trouvez une activité hivernale pour vous divertir, l’hiver est une saison fantastique. La motoneige, une invention datant du début du
XXe siècle, est un grand plaisir hivernal à exercer en famille. Bien que ce sport ait évolué au fil du temps, faire de la motoneige demeure une activité très agréable.

L’histoire de la motoneige

La motoneige a connu plusieurs années d’amélioration avant d’arriver à ce que l’on connait aujourd’hui. Le premier véhicule à neige testé en 1921 a été fabriqué par Joseph Armand Bombardier et était bien plus gros que ce que l’on utilise de nos jours. Vers la fin des années 1950, il a conçu une motoneige plus petite, axée davantage pour le loisir. 

C’est ainsi qu’une multitude de compagnies se sont mises à fabriquer des motoneiges. Aujourd’hui, il ne nous en reste que quelques-unes, dont Yamaha, Polaris, Artic Cat et Bombardier. Les motoneiges vendues par ces compagnies sont maintenant plus efficaces, possédant des moteurs à deux ou à quatre temps qui incorporent de nombreuses technologies. 

Les sentiers de motoneige

Ouvert en 1967, la Fédération des clubs de motoneigistes de l’Ontario (FCMO) permet aux motoneigistes de parcourir de grandes distances dans les bois, les champs, sur les lacs et les rivières. Les sentiers de motoneige sont entretenus par les clubs locaux et il est très agréable de s’y promener. Tout au long des sentiers du club, on y retrouve des restaurants, des stations d’essence, des petits magasins et même des chalets accueillant les motoneigistes. 

La motoneige en temps de pandémie

Pour la saison 2020-2021, les sentiers de motoneiges ont pu ouvrir vers la fin décembre dans notre région du Nipissing Ouest, mais ont dû fermer lors du confinement. 

«Lorsque nous avons su que les sentiers fermaient, nous étions très déçus, car nous trouvions que c’était vraiment une activité sécuritaire à faire en famille», affirme Mme Boucher, qui fait de la motoneige dans les sentiers avec son mari depuis 25 ans.

Plusieurs ont dû renoncer aux activités extérieures à cause de la
COVID-19 et étaient déçus d’apprendre que les endroits populaires, tels que les pentes pour glisser, les patinoires et les sentiers de motoneige seraient fermés dans le district du Nipissing. 

Cela a empêché plusieurs gens, surtout ceux en ville, de profiter du plein air. C’était une nouvelle dure à avaler en ce temps particulièrement difficile. 

Heureusement, le 22 février 2021, le bureau de santé a finalement rouvert les sentiers de motoneige à la grande réjouissance des motoneigistes. Certains sont déçus de ne pas avoir été remboursés pour ces quelques mois «gaspillés» sans pouvoir aller se promener, tandis que d’autres n’ont pas perdu une seconde et ont profité de l’ouverture des sentiers pour la deuxième fois dans l’année. 

Pour Mme Boucher, la réouverture des sentiers était une grande joie, puisqu’elle peut maintenant retourner faire une activité hivernale et sécuritaire en famille. 

«Je ne crois pas qu’il y ait eu de conséquences positives à fermer les sentiers, car au moment de la fermeture, il n’y avait aucun cas actif dans la région», note-t-elle. «Plus de deux semaines après, il y avait une éclosion majeure à North Bay. Donc on ne peut pas dire que la fermeture ait empêché ou fait baisser les cas. Je suis plutôt d’avis que la fermeture a contribué à faire augmenter la grogne et le sentiment d’injustice chez les motoneigistes. Ceux-ci sont dédiés à leur sport et avaient énormément d’enthousiasme à l’arrivée de leur saison préférée.»

Pour ajouter à la cause, selon le site theconversation.com, passer du temps à l’extérieur est très important cette année plus que jamais. «Bien que le climat hivernal ne le permette pas toujours, l’activité en plein air est également très utile pour réduire la fatigue mentale et le stress, améliorer le bienêtre, la satisfaction et la joie de vivre.» 

En fin de compte, les motoneigistes qui pratiquent depuis tant d’années ce sport peuvent finalement profiter un peu des sentiers, une chose tant attendue depuis des semaines de confinement. Il est donc temps de sortir les motoneiges et d’aller jouir de cette fin de saison.