Crise des opioïdes : la sensibilisation fait la différence

Le Northern Life a publié trois articles sur les opioïdes dans une même édition de février.

Avec les avancées technologiques, des médicaments de plus en plus puissants sont introduits sur le marché. Ces drogues, qualifiées de «miraculeuses» par le monde de la médecine, peuvent être très dangereuses lorsqu’utilisées dans des situations inappropriées, risquant la vie de plusieurs personnes. 

Les prescriptions d’opioïdes sont de plus en plus fréquentes et leur utilisation pour «couper» d’autres drogues illicites fauche plusieurs vies. Depuis le milieu des années 2010, la crise des opioïdes sévit au Canada, notamment dans des communautés nord-ontariennes. Il faut mettre fin à cette tragédie qui continue de faire des victimes.

Les opioïdes comme le fentanyl, la morphine et l’oxycodone ont été introduits dans les dernières années en tant qu’analgésiques. Dans des endroits contrôlés comme les hôpitaux et les cliniques, ils sont extrêmement efficaces pour soulager la douleur pendant des traitements angoissants, mais leur utilisation s’accompagne de grands risques de dépendance. 

Les opioïdes sont extrêmement addictifs. Ils sont souvent prescrits librement aux patients après qu’ils aient été soignés. Le manque de restrictions sur ce type de drogues et le manque d’information à leur sujet peut couter plusieurs vies. D’après une enquête effectuée par le U.S Department of Health and Human Services, 10,3 millions de personnes ont mal utilisé leurs prescriptions d’opioïdes en 2018 seulement. 

La prise de drogues illégales vient avec plein de risques, mais c’est encore plus vrai depuis la montée en popularité des opioïdes, car plusieurs drogues sont aujourd’hui coupées avec du fentanyl. L’objectif de cette manœuvre est simplement de réduire les couts de production et d’intensifier l’effet des drogues, mais c’est loin d’être sécuritaire.

Le fentanyl est 100 fois plus puissant que la morphine et sa dose létale est d’à peine trois milligrammes, soit l’équivalent d’un peu moins qu’une cuillère à café de sel. Sans dispositif de vérification des drogues, il n’y a aucune façon de savoir si une drogue a été coupée avec du fentanyl. 

Plusieurs décès reliés à l’usage de drogues sont en réalité causés par le fentanyl. Plusieurs célébrités ont accidentellement perdu la vie de cette manière : Mac Miller, Lil Peep, Juice WRLD, Prince et plusieurs autres ont été victimes de cette crise. 

Même avec la mise en lumière de tous ces décès, peu de précautions ont été mises en place en cas de surdoses accidentelles d’opioïdes. La naloxone peut renverser temporairement les effets d’une surdose d’opioïdes et ainsi sauver plusieurs vies. Il est possible de se procurer ce médicament sans ordonnance dans la majorité des pharmacies. 

Il faut cependant que les gens soient au courant des risques associés avec la prise de drogues illégales, et même avec les drogues de prescription, sinon l’épidémie ne finira jamais. La naloxone est seulement une solution temporaire à un problème d’envergure.

Les opioïdes font des ravages à travers le Canada, notamment dans les petites communautés. La ville de Thunder Bay, dans le Nord-Ouest de l’Ontario, présente le taux de décès par surdose accidentelle d’opioïdes le plus élevé de la province, soit 22,7 pour
100 000 personnes.

Dans un journal local de Sudbury, le Northern Life, trois articles reliés aux opioïdes ont été publiés en une seule édition. La demande en hausse de narcotiques et le manque de préparation et de ressources des forces policières placent le Nord ontarien dans une position vulnérable. 

Il faut se méfier de cette crise qui continue à prendre les vies de victimes innocentes. En informant le public des risques reliés à la consommation d’opioïdes et de drogues illicites et en sensibilisant les résidents aux impacts de cette crise dans plusieurs communautés nord-ontariennes, nous pourrons surmonter cette épidémie.