L’impact des médias sociaux sur les adolescents

Mélanie Denis-Plante | École secondaire catholique l’Horizon
Mélanie Denis-Plante | École secondaire catholique l’Horizon
Tapage

Les médias sociaux occupent une grande place dans la société, spécialement chez les adolescents. Il y a toujours de nouvelles tendances, des vidéos, des jeux, des réseaux sociaux... Bref, toujours quelque chose pour nous garder dépendants, nous garder en ligne, garder notre attention. Nous sommes surtout vulnérables à tout ceci, parce que nous voulons être à la mode, être populaires, être comme nos pairs.

Mais, toujours avoir le nez dans notre téléphone cellulaire, est-ce bon pour la santé? Il doit y avoir un impact sur notre santé mentale. 

Je trouve que les impacts des médias sociaux ne sont pas toujours bons, car ils affectent beaucoup la santé mentale, la vie sociale et la vie de tous les jours des adolescents. 

La pression de la perfection

Premièrement, sur les plateformes sociales, il y a beaucoup de gens qui essaient d’influencer les autres — les influenceurs qui «postent» et publient ce qui est cool, qui est amusant, qui est à la mode. Nous devons les suivre, les «liker», faire comme eux, si nous voulons faire partie de «la gang». 

Ceci met beaucoup de pression sur nous. Non seulement nous devons subir les pressions de nos pairs à l’école, mais nous devons aussi affronter les pressions de ce que nous voyons en ligne? Nos parents nous disent de nous débrancher, de déposer nos appareils… mais c’est impossible! Si nous ne restons pas branchés aux réseaux sociaux, nous allons nous exclure nous-mêmes de nos amis!

Ces médias sociaux mettent beaucoup d’insécurités sur nos épaules. Ils nous montrent qu’il faut être parfaits pour être dans les médias. Il faut que nous ayons l’air d’une certaine façon, que nous ayons les bons styles, que nous aimions certaines choses et que nous ne puissions pas avoir une opinion différente des autres. 

Ils s’attendent aussi que nous ayons beaucoup d’abonnés et de «likes». Et si nous n’avons pas un certain montant de «likes», nous ne sommes pas assez bons, pas assez cools, pas assez populaires. 

Nous risquons toujours de nous faire intimider, ridiculiser et juger par les gens qui voient nos publications. Nous sommes déjà très stressés et bouleversés par ce que les gens disent et pensent de nous; maintenant, notre estime de soi, notre image de soi et notre valeur dépendent d’un montant de «likes» et de commentaires que nous recevons lorsque nous faisons des publications.

Nous avons maintenant un besoin de nous afficher. Nous devons tout publier : notre souper au restaurant, nos vêtements neufs, nos chevelures, nos sorties avec nos amis. Et tout doit être parfait, «photoshoppé», filtré… Ce qui nous rend inconscients de notre vraie beauté.

Omniprésence

Deuxièmement, je trouve que les médias sociaux ont un impact pas toujours positif dans notre vie. Par exemple, avec la COVID-19, les gens étaient toujours sur les réseaux sociaux. Nous ne pouvions pas socialiser avec les gens autour de nous, alors nous passions notre temps à communiquer par textos, par courriel, par Zoom, etc. 

Nous avons donc perdu certaines connexions avec certaines personnes et nous avons perdu l’habileté de socialiser. Alors, quand nous retournons à la vie normale, nous retrouvons nos amis au travail et à l’école après des mois de confinement. C’est difficile de parler entre nous, en face à face. Et quand nous ne sommes pas sur les réseaux sociaux, nous parlons des réseaux sociaux… «As-tu vu sur TikTok…?», «As-tu vu sur Facebook…?», «As-tu vu mon post sur Insta…?»  

Déconnectés de la réalité

Troisièmement, je trouve que les médias sociaux nous débranchent et nous distraient beaucoup trop de la vraie vie, que ce soit en classe, au travail, à la maison, etc. Si nous passons notre temps en classe sur nos téléphones, nous avons de grandes chances de ne pas bien réussir nos évaluations et d’échouer nos cours. 

Au travail, si nous passons notre temps à être distraits par ce qui se passe sur Facebook et Instagram, nous pourrions perdre notre emploi. 

À la maison, si nous passons notre temps avec nos jeux en ligne, nous pourrions oublier de faire les choses que nos parents nous demandent et nous pourrions perdre nos privilèges. 

L’ironie dans tout cela, c’est que même quand nous sommes entourés de gens, nous nous retrouvons seuls, le nez dans nos appareils, à ignorer ce qui nous entoure. Donc, les applications qui ont été faites dans le but de nous rapprocher des autres, ces réseaux sociaux, sont devenues la raison pour laquelle nous ne sommes plus sociaux, que nous sommes seuls! 

À l’école, parmi nos amis de classe, nous «chattons» avec des personnes qui se trouvent ailleurs. À la maison, parmi les membres de notre famille, nous textons avec nos amis. Tout le monde a le nez dans son propre appareil autour de la table. Nous ne regardons plus de film en famille; nous regardons des vidéos sur notre propre iPad. Au travail, parmi les autres employés, les clients, les patrons, nous vérifions nos messages sur Snapchat. Nous ne nous parlons plus, à moins que ce soit par textos ou par «likes» ou par commentaires.  

Pas tout mauvais ou tout bon

Ceci dit, les médias sociaux ne sont pas complètement néfastes. Elles permettent aux gens distancés de communiquer et c’est vrai que c’est amusant de voir les photos de nos proches et de pouvoir s’envoyer des messages, garder une intimité avec des gens que nous ne voyons pas souvent. 

Nous l’avons vu pendant la pandémie — la technologie nous a sauvées! Elle nous a permis de travailler, d’apprendre, de parler et de garder contact avec le reste du monde de la sécurité de notre maison. 

Le danger demeure dans la dépendance et l’importance que nous portons à ce monde virtuel. Ce n’est pas la vraie vie et il faut faire la distinction. Il y a un temps pour texter, partager et visionner ce qui se passe ailleurs et il y a un temps pour socialiser, parler, faire des souvenirs avec les gens qui nous entourent.

Je trouve que nous devrions avoir plus de pannes de médias sociaux, comme la journée du 4 octobre 2021 lorsque Facebook, Instagram et WhatsApp sont tombés en panne. Nous avons tous paniqué… Et, nous avons dû prendre le temps de nous rebrancher à la vraie vie, de socialiser, de nous parler et nous concentrer sur nos devoirs et nos tâches. Je trouve que nous avons tous profité de cette panne et peut-être que ce serait une bonne idée qu’Instagram, Snapchat et TikTok prennent parfois congé. 

Il faudrait aussi limiter le temps que nous passons par jour sur les médias sociaux, ce qui nous permettrait de nous débrancher, d’être seuls, de nous reposer et de profiter de la vie ainsi que les personnes qui sont là, avec nous. 

Nous sommes tellement préoccupés par ce qui se passe sur les médias sociaux que nous oublions parfois de vivre, sans nous soucier de ce qui se passe ailleurs, dans le monde virtuel. Nous devons profiter de chaque moment, vivre pleinement dans chaque moment et passer du temps avec les gens que nous aimons.