La grève des enseignants en Ontario

Chanelle Regimbald | École catholique Georges Vanier
Chanelle Regimbald | École catholique Georges Vanier
Tapage

Sais-tu pourquoi il y [avait] une grève en éducation? Sais-tu que les enseignants ne sont pas payés pour les heures qu’ils consacrent à nos clubs de sport et autres activités extrascolaires avant et après l’école?   

Premièrement, qu’est-ce qu’une grève en enseignement?

Une grève, c’est quand on arrête de travailler parce qu’il y a un désaccord entre le patron et les employés. Dans le cas des enseignants ontariens, ils sont sans contrat de travail entre eux et le gouvernement depuis aout 2019. Les syndicats qui représentent les enseignants veulent établir les termes d’un contrat, mais le gouvernement semblait de mauvaise foi et ne participait pas bien aux discussions. 

Il semblerait qu’il y ait eu des journées de discussion où les syndicats des enseignants étaient là pour discuter, mais les représentants du gouvernement se seraient seulement présentés en fin de journée. Aussi, il y a eu beaucoup de jours entre les discussions et cela a donc fait trainer les négociations. 

Qu’est-ce que le gouvernement et les enseignants voulaient changer au niveau des classes?

C’est la bonne question à poser. Qui veut changer quoi pour les écoles?

Premièrement, les enseignants sont déjà en «surcharge», ce qui signifie qu’ils ont déjà trop de travail pour le nombre d’heures où ils sont rémunérés. Depuis très longtemps, le ministère de l’Éducation en demande toujours plus aux enseignants. On ajoute toujours de nouvelles activités dans leurs assiettes. 

Moins il y a d’enseignants et d’enseignantes, plus il y a de responsabilités sur les épaules de ceux et celles qui restent. Auparavant, on avait des enseignants spécialisés en musique, mais on ne les a plus! Il est pourtant impossible de garantir que tous les enseignants sont bons dans toutes les matières, d’où l’importance d’avoir des professeurs spécialisés dans certaines matières.     

Aussi, les enseignants sont «encouragés» à mettre sur pied toutes sortes de clubs. Il s’agit de faire la promotion de la vie scolaire des écoles, bien sûr! C’est comme s’il y avait une compétition pour mettre le plus de photos possible sur la page Facebook de chaque école! C’est mal vu si l’enseignant ne s’occupe pas de clubs.   

Le gouvernement veut même augmenter le nombre d’élèves dans les classes, ce qui signifie que les élèves auront chacun moins de temps avec l’enseignant. Le gouvernement veut investir moins d’argent dans nos écoles et avoir moins d’enseignants et d’éducatrices, même si certaines écoles manquent déjà de suppléants. Mais ça, le gouvernement n’en parle pas. 

Pour leur part, les enseignants veulent diminuer le nombre d’élèves dans les classes, remettre davantage l’argent dans le système des écoles, engager des enseignants et des éducatrices pour pourvoir les postes vacants et éviter les cours en ligne, parce que cela demande une responsabilité différente pour les enseignants. Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, devrait écouter les enseignants. 

La grève, c’est plate pour les élèves et pour les parents

Pendant la grève, nos enseignants ne s’occupaient plus des clubs de robotique et de ballon-panier, de la chorale, des collectes de fonds comme les danses ni d’autres clubs. Notre enseignant ne pouvait pas rester à l’intérieur avec nous pendant le diner ou après l’école pour les activités parascolaires. 

Moi, j’aime les sports et les clubs. Le temps supplémentaire que nos enseignants consacrent à nos clubs et à nos sports rend nos journées plus intéressantes. 

De plus, chaque fois qu’il y avait une journée de grève, les parents devaient trouver une place pour leurs enfants durant la journée puisqu’ils travaillent. 

Ma suggestion pour régler la grève en enseignement

Il aurait fallu que les représentants du ministère de l’Éducation et le premier ministre Doug Ford aillent enseigner durant plusieurs jours dans une salle de classe d’une école à l’extérieur des grandes villes. Le gouvernement et le ministère étaient irréalistes et ils doivent retourner à l’école.  

NDLR : Ce texte a été écrit avant la fin du conflit de travail. Nous avons changé certains temps de verbe pour représenter la réalité actuelle.