Fabriqué au Canada

Émilia Oliver | École secondaire catholique Thériault
Émilia Oliver | École secondaire catholique Thériault
Tapage

La pandémie qui a commencé il y a plus d’un an nous a enseigné plusieurs choses. Nous avons appris beaucoup à propos de notre gouvernement, nos voisins, la science et aussi nous-mêmes. 

Bien que nous ayons appris certaines bonnes choses, notre apprentissage ici au Canada a été rempli principalement de déceptions et de frustrations. Pour moi, en tant qu’adolescente essayant de décider quoi faire pour le reste de ma vie, l’une des choses les plus frustrantes a été notre capacité de produire des choses au Canada. Ou plutôt, notre profonde incapacité à produire des choses.

Au début de la pandémie, nous avons rapidement constaté combien il allait nous couter cher d’avoir décidé de déléguer la production de tout ce dont nous avons besoin à d’autres pays. Le manque d’équipement de protection individuelle a paralysé les hôpitaux et contraint notre gouvernement à mendier. Nous étions indignés d’apprendre que la Chine a transformé les arbres coupés au Canada en masques et nous les a revendus à grands frais. 

Mois après mois, on se retrouve toujours derrière les autres pays dans notre lutte contre le virus, constatant, à notre grande surprise, que les autres gouvernements s’occupent d’abord de leurs citoyens avant de nous offrir de l’aide. Tests diagnostiques de COVID, vaccins, médicaments... il nous manquait tout à un moment donné, car nous n’avons pas la capacité de le produire nous-mêmes.

Je ne sais pas quand ni pourquoi nous avons arrêté de produire des choses au Canada, mais j’aimerais croire que cette pandémie va avoir l’effet d’un réveil. Nous ne devons pas utiliser le fait que nous avons la chance de posséder de vastes quantités de ressources naturelles comme excuse pour ne pas fabriquer des choses. 

En tant que personne qui aspire à devenir ingénieure, je me demande parfois quelles opportunités il y a dans mon pays à part être ingénieure minière. Ce serait formidable si, après avoir extrait le nickel, on pouvait fabriquer les batteries électriques — qui sont tellement recherchées —, là, à côté de la mine. Ce serait formidable si on transformait le bois en masques, si on concevait nos propres vaccins ou fusées.

Il y a tellement de talent au Canada, tellement de jeunes qui doivent quitter le pays pour atteindre leur plein potentiel, même s’ils préféraient rester ici. Si seulement une petite partie de l’argent dépensé pour combattre la pandémie était destinée à revitaliser l’industrie de notre pays, nous pourrions cesser de dépendre des autres et redevenir le chef de file technologique que nous étions autrefois. 

L’alternative est trop chère.