Anik Archambault et Danica Laurin à la compétition provinciale de Skills Compétence.
Anik Archambault et Danica Laurin à la compétition provinciale de Skills Compétence.

Les métiers : une égalité toujours à gagner

Danica Laurin | École secondaire catholique Franco-Cité
Danica Laurin | École secondaire catholique Franco-Cité
Tapage

Dans le monde professionnel, il existe encore de nos jours une séparation entre les sexes. Il y a des professions masculines et des professions féminines. Cette réalité est toutefois problématique. 

Selon Emploi Québec, un métier est considéré comme majoritairement masculin lorsqu’on y trouve moins de 33 % de femmes. Inversement, si un métier attire moins de 33 % d’hommes, il est considéré comme majoritairement féminin.

L’organisme québécois Jeunes explorateurs a créé une liste qui montre qu’il y a plus de métiers traditionnellement masculins que traditionnellement féminins. Les métiers de mécanicien, d’ingénieur et d’opérateur de machinerie lourde sont ainsi quelques exemples de métiers traditionnellement masculins.

Une étude du Centre d’Information et Documentation Jeunesse (CIDJ) de 2018 indique que seulement 17 % des métiers sont mixtes. Cette ségrégation peut ainsi décourager les gens d’étudier ou de travailler dans un métier classé du sexe opposé. Plusieurs filles ne sont pas confortables de travailler dans un métier majoritairement masculin. De plus, les femmes qui étudient dans les domaines majoritairement masculins ont tendance à quitter, puisque l’environnement est souvent mal adapté pour elles. 

J’en ai eu l’expérience lors d’une compétition provinciale en charpenterie. J’étais alors accompagnée de ma coéquipière, Anik Archambault, à la compétition provinciale de Skills Compétence. Parmi les 50 équipes inscrites, nous étions la seule équipe de filles.

Un traitement inégal

Les conditions de travail ainsi que l’atmosphère varient aussi entre les métiers majoritairement masculins et les métiers majoritairement féminins. Comme le dit la directrice de l’emploi, du travail et des affaires sociales de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Françoise Coré : «les femmes n’ont pas les mêmes opportunités que les hommes sur le marché du travail».

Le salaire varie aussi. Les métiers majoritairement masculins ont tendance à avoir des salaires moyens plus élevés, indique une étude réalisée en 2016 par Oxfam Canada et le Centre canadien de politiques alternatives. En plus, être une femme peut réduire davantage l’opportunité de recevoir des promotions, dépendant des secteurs. 

Changer nos idées préconçues

Les stéréotypes entre les hommes et les femmes sont établis depuis longtemps et existent encore de nos jours. Cette mentalité débute à l’enfance, lorsque les gens qui nous entourent ainsi que la société en général orientent inconsciemment nos choix futurs. 

Ce sont des gestes qui peuvent sembler anodins. Par exemple, les jouets que l’on achète aux enfants sont importants pour leur développement et leur apprentissage. Les jouets de garçons se concentrent beaucoup sur l’action. On y voit bien des références aux véhicules et à la construction. À l’opposé, les jouets de filles concentrent plus sur la vie ménagère, avec ses poupées, les dinettes et les princesses. 

Ceci mène à la ségrégation depuis longtemps, puisque les femmes restaient à la maison pour prendre soin des enfants et de la maison tandis que les hommes étaient le soutien de la famille. Plutôt, les enfants devraient être libres de jouer avec les jouets qui leur plaisent afin de diversifier leurs compétences.