Fiona Anderson, élève de la 11e année et jeune femme déterminée à poursuivre une carrière en STIM, regardant dans un microscope.
Fiona Anderson, élève de la 11e année et jeune femme déterminée à poursuivre une carrière en STIM, regardant dans un microscope.

Briser les «plafonds de verre» pour les femmes en STIM

Jadyn Zajac | École secondaire catholique Cité des Jeunes
Jadyn Zajac | École secondaire catholique Cité des Jeunes
Tapage

Depuis le milieu du 20e siècle, les femmes ont à plusieurs reprises brisé les « plafonds de verre », c’est-à-dire les barrières invisibles les empêchant de progresser dans leur carrière au même rythme que les hommes. Pourtant, dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM), la lutte n’est pas finie. 

Les femmes forment maintenant une proportion importante, même majoritaire, dans plusieurs métiers qui leur étaient auparavant inaccessibles. C’est le cas entre autres des médecins, des avocats et des banquiers. Toutefois, elles se retrouvent encore sous-représentées dans les domaines STIM, ne constituant que 28 % de tous les chercheurs à l’échelle mondiale. 

Il est ainsi évident que le fameux «plafond de verre» perdure dans ces domaines, perçus, après celui de la politique, comme étant les domaines où les femmes ont le plus de difficulté à accéder aux hautes fonctions académiques. D’ailleurs, les femmes ne comptent que pour 20 % des inscriptions aux programmes universitaires dans certaines de ces disciplines, notamment en science appliquée et en technologie. En d’autres mots, les hommes sont quatre fois plus nombreux que les femmes dans ces programmes. 

Mais pourquoi si peu de femmes s’intéressent-elles à la science? En réalité, cela n’a rien à voir avec leurs aptitudes et leur capacité intellectuelle, mais avec la culture et les préjugés du genre. De nombreuses études démontrent qu’il n’existe pas de différences entre le fonctionnement du cerveau de la femme et celui de l’homme. Les fonctions cognitives, le langage, la mémoire et le raisonnement sont très diversifiés, peu importe le sexe. 

N’empêche que les jeunes filles ont tendance à délaisser les sciences quand vient le temps de choisir un parcours postsecondaire. En effet, ce sont les catégories binaires qui enferment les jeunes filles, dès un jeune âge, dans des rôles et des identités que la société considère comme étant féminins. Ces stéréotypes façonnent les attentes et les attitudes des gens envers les enfants de différents sexes, ce qui influence directement les expériences vécues par ces derniers au contact des parents, des médias et de l’enseignement. Or, l’intelligence et les domaines STIM sont encore perçus comme étant des domaines masculins, ce qui n’attire pas les jeunes filles. 

Par ailleurs, le test psychologique «Draw a scientist» vient appuyer ce constat. Lors de l’étude, les chercheurs ont demandé à des jeunes de cinq à dix-huit ans de dessiner spontanément une personne de la profession scientifique. Analysant les dessins de quelque 20 000 enfants, l’étude démontre que seul un dessin sur trois représente une femme. 

Malheureusement, les femmes qui réussissent à surmonter l’obstacle de ces stéréotypes pour poursuivre une carrière en sciences doivent encore faire face à des préjugés sexistes. Justement, une étude menée par l’Université Laval, qui a analysé près de 24 000 demandes de subventions, illustre que lorsque les évaluations des demandes reposent premièrement sur l’expertise du chercheur principal, les hommes avaient un taux de succès 4 % plus élevé que celui des femmes. 

Dans la vie, tout comme pour les emplois, la diversité est importante. Il ne suffit pas de répéter aux jeunes filles qu’elles doivent tout simplement surmonter l’insécurité et le manque de confiance en soi. En vérité, des mesures concrètes doivent absolument être prises non seulement quant à l’imagination et à la représentation, mais sur tous les fronts. Il est donc nécessaire de faire entendre le besoin pour plus de femmes professeures, d’activités de mentorat et de bourses spécifiquement destinées aux étudiantes en STIM. Il est grandement temps que les femmes prennent leur juste place en STIM, un domaine qui n’est aucunement réservé aux hommes, peu importe ce que semblent indiquer les chiffres.