Quand le transport fait partie des soins de santé

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
La tournée de Vols d'espoirs rate ses vols, mais atteint sa cible

Sans Vols d’espoir, Pauline Decaire est persuadée qu’elle serait aujourd’hui en fauteuil roulant. Elle a eu recours à leur générosité à deux reprises pour des opérations dans le sud de la province. Des voyages qu’elle aurait été incapable de faire par la route et pour lesquels elle n’avait pas les moyens de se payer un billet d’avion.

Les côtés positifs de ses expériences dépassent le simple vol gratuit; elle se rappelle également de la gentillesse des gens. Non seulement du pilote qui l’a reconduit dans son petit avion il y a une vingtaine d’années pour une greffe osseuse au genou, mais aussi les agentes de bord du vol commercial qu’elle a pris pour une opération à la hanche il y a un an.

«Je n’avais pas d’autres moyens pour me rendre. En auto, ça aurait été trop difficile. Après l’opération pour ma hanche, je ne pouvais pas dormir dans mon lit pour six mois», raconte Mme Decaire pour illustrer la sévérité de sa condition. Elle ne pouvait pas lever sa jambe, alors elle devait dormir dans un fauteuil inclinable.

Pauline Decaire a utiliser les services de Vols d'espoirs deux fois.

Son histoire n’est pas unique. Le pilote bénévole Lee Arsenault a rencontré une ancienne cliente de Vols d’espoir lors de leur arrêt à Sault-Ste-Marie la semaine dernière. «Elle nous disait que sans Hope Air, […] elle ne serait probablement pas en vie aujourd’hui.» Ce n’est pas la seule à le dire non plus, rapporte le pilote.

M. Arsenault est venu chercher plusieurs personnes dans le Nord de l’Ontario au cours de ses quatre années de bénévolat avec l’organisme. À Sault-Ste-Marie, Elliot Lake, North Bay, Timmins et Sudbury entre autres, pour les amener à Ottawa, Toronto ou London. Des voyages qui auraient pris de 6 à 8 heures par la route, complétés en une heure et demie ou deux par les airs.

Selon les données de Vols d’espoir, environ 30 % de leurs patients annuleraient ou retarderaient leur rendez-vous sans ce service.

Il n’en faut pas plus pour convaincre Lee Arsenault et Pauline Decaire que les services de Vols d’espoir sont essentiels pour les patients moins fortunés du Nord de l’Ontario.

Service personnalisé

La majorité des patients qui profitent d’un don de Vols d’espoir obtiennent un siège gratuitement dans un vol commercial régulier, comme Mme Decaire l’an dernier. Mais dans des coins où les vols commerciaux ne vont pas, ça prend un petit avion.

M. Arsenault et son épouse Marilyn Staig offrent ce service. À l’approche de leur retraite, ils cherchaient une activité, un projet pour se sentir utiles. Ils ont entendu parler de Vols d’espoir par d’autres pilotes qui étaient impliqués avec l’organisme. «C’était la bonne réponse pour nous autres, parce qu’on aime beaucoup voler avec notre avion et ça nous donnait la chance d’aider des personnes», explique Lee Arsenault.

Ils entrent en contact avec le patient avant le voyage et le rôle de Mme Staig est de leur expliquer la procédure et de les mettre à l’aise. «Il y en a qui sont un peu anxieux, parce qu’ils ne sont jamais allés dans un petit avion. Ils aiment avoir quelqu’un avec qui parler. Ils vont souvent nous parler du problème qui les amène à l’hôpital», raconte le pilote francophone.

«On trouve que les patients apprécient beaucoup qu’est-ce qu’on fait. Ils disent toujours un gros merci. Avant la COVID, ils nous [serraient dans leurs bras]», poursuit-il.

Tournée importante malheureusement écourtée

La tournée des Ailes de l’espoir devait mener M. Arsenault et d’autres pilotes à Sault-Ste-Marie, Timmins, Sudbury et ensuite vers le Saguenay. L’objectif était de faire connaitre l’organisme et ses services, qui ne sont pas suffisamment connus dans le Nord, reconnait M. Arsenault.

Malheureusement, la météo ne leur a pas été favorable et, après Sault-Ste-Marie, ils ont tout de suite pris la direction de Pembroke. Une déception pour les pilotes qui voulaient rencontrer d’anciens patients et promouvoir l’organisme à Timmins et Sudbury.

Tout n’est cependant pas perdu. Même s’ils ont dû écourter leur voyage, ils sont parvenus à dépasser leur objectif de 100 000 $ en dons, avec un total de 121 000 $ en ce moment. Un montant suffisant pour fournir plus de 400 voyages.

Lee Arsenault et Marilyn Staig ont bien l’intention de participer à la tournée des Ailes de l’espoir 2021. Des pilotes se relaieront alors pour parcourir la largeur du Canada deux fois plutôt qu’une. L’objectif sera alors de 1 million $ en dons.