Manque de données et de services pour les ainés francophones

Le plus récent livre blanc de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) recommande principalement une augmentation de la recherche sur les ainés francophones de l’Ontario et plus de services spécifiquement pour eux.

Ce document préparé avec l’aide de la Fédération des ainés et des retraités francophones de l’Ontario (FARFO) a été publié il y a deux semaines. 

Le document dresse un portrait relativement sombre de la situation des ainés francophones. Une série de chiffres démontrent la situation défavorable des francophones par rapport aux anglophones du Canada : augmentation plus importante du nombre de personnes âgées et population totale aussi plus âgée en moyenne, ils ont plus de chance de vivre seuls, ont un moins haut niveau d’éducation, sont en moins bonne santé, ont un revenu plus bas et ont plus de chance d’être pauvre.

Statistique Canada prévoit que, dès 2021, 18,7 % de la population sera âgée de 65 ans et plus. Cette proportion sera de 23,1 % en 2031 et de 25,5 % en 2061. 

On note également quelques contradictions défavorables. Par exemple, les personnes âgées qui ont un revenu plus faible auraient plus de chance de se trouver un logement abordable en régions rurales, mais les services de santé dont ils auraient besoin, en français de surcroit, y sont rares.

Ils ont également constaté que les ainées constituent un groupe moins homogène que les autres générations en raison, surtout, des expériences personnelles de chacun.

Recherches et autres lacunes

Ce n’est pas la première fois que le manque de recherches et de données sur la situation des ainés francophones du Canada et de l’Ontario est soulevé. C’est probablement pourquoi il s’agit de la première recommandation. 

Tout de même, à l’aide de documents et recherches existantes, d’un sondage en ligne et de consultations dans les cinq régions utilisées par la FARFO, cinq recommandations principales (encadré) ont été élaborées.

Exactement 824 membres de la FARFO ont répondu au sondage en ligne, mais le Centre de leadership et d’évaluation (CLÉ), qui a réalisé le livre blanc, signale qu’ils représentent une portion plus éduquée et plus en moyen de la population ainée.

C’est un des reproches que fait Lauria Raymond au document, une enseignante à la retraite et présidente de l’Université du Troisième âge (UTA) à Sudbury, à qui nous avons remis le livre blanc pour avoir les commentaires d’une personne concernée par le propos.

«Peut-être qu’une meilleure étude aurait été de faire du porte-à-porte dans des quartiers francophones ou auprès de gens qui s’identifient comme francophones.» Elle ajoute que le langage qui semble avoir été employé limitait certainement la compréhension des questions par les ainés moins éduqués.

Sa deuxième critique est le manque d’actions concrètes avancées dans les recommandations.

Mme Raymond a travaillé une dizaine d’années au ministère de l’Éducation dans l’équipe responsable des programmes-cadres en enseignement, elle était celle qui devait les critiquer.


« Ma question était toujours […] comment est-ce que vous allez faire ça. »
Lauria Raymond

C’est aussi le «comment» qu’elle trouve qui manque dans le cas du livre blanc. Elle craint que ce livre blanc ne mène qu’à la création d’autres comités et études. «Lâchez les documents et faites quelque chose», lance-t-elle.

Dans le Moyen-Nord

Lors des consultations régionales, les auteurs ont demandé aux participants d’identifier spontanément les enjeux les plus urgents pour eux. Pour le Moyen-Nord, on a retenu l’offre active et la promotion des services existants, les soins à domicile afin de vieillir chez soi, la maltraitance et le rôle des ainés auprès des jeunes.

Le même exercice a été fait au sujet des ressources manquantes. Les réponses incluent l’accès aux soins primaires dans certaines régions, l’accès aux services francophones dans les centres de santé, les médecins francophones, le manque de logements abordables, les services de transport et de transport adapté, des logements pour personnes semi-autonomes francophones, les centres pour les francophones (social) et la collaboration entre les intervenants.

Lauria Raymond, à travers l’UTA, a aussi constaté que les activités étaient rares : seul le Manoir des pionniers à des lits et des activités en français dans le cœur de la ville de Sudbury. «Toutes les autres places, zéro, parce que c’est privé. Si les francophones qui résident là veulent quelque chose, il faut qu’ils s’organisent eux-mêmes.»

Elle y ajoute la difficulté de faire connaitre les services existants, souvent par manque d’argent ou de ressources. Elle fait partie du conseil d’administration du Centre de formation du Grand Sudbury — qui offre des cours aux ainés — et sait bien qu’il n’est pas connu de tous.

Les listes dans le livre blanc sont plus longues, puisqu’elles incluent les enjeux et priorités des autres régions. Mme Raymond croit que, comme il y est mentionné, si on avait donné une liste à cocher aux participants, plus d’enjeux auraient été sélectionnés dans chaque région.

Les recommandations principales 

  1. Accroitre l’accès à des données pertinentes et récentes au moyen de financement d’études permettant d’identifier les besoins spécifiques des personnes âgées francophones à travers l’Ontario.
  2. Réduire la vulnérabilité des ainés francophones de l’Ontario en améliorant l’offre de services francophones communautaires, en visant à diminuer l’insécurité financière et en réduisant les barrières linguistiques pour favoriser la communication avec les professionnels de la santé; ces facteurs concomitants permettraient de réduire l’isolement des personnes âgées francophones.
  3. Accroitre l’offre de services de soins de longue durée en français ou adaptée aux francophones.
  4. Adopter une perspective intégrée du vieillissement sur les modèles fondés du cours normal de la vie ou sur le vieillissement actif et éviter de considérer la vieillesse comme une pathologie.
  5. Faire des pressions au niveau municipal pour s’assurer que des services sociaux et communautaires en français soient disponibles dans toutes les régions identifiées, au préalable par le Commissariat aux services en français de l’Ontario.

Le document entier peut être téléchargé sur le site monassemblee.ca.

Sudbury-Moncton

Les livres pour enfant qui parlent des émotions abondent, mais il leur manque souvent une composante pour aider l’enfant à transposer cet apprentissage à la vie quotidienne.

Une équipe de chercheuses et chercheur, dont Mélanie Perron de l’Université Laurentienne, a lancé un livre basé sur la recherche scientifique dans le domaine le 18 octobre à Sudbury.

Mattice Val-Côté

De retour avec un baccalauréat en travail social en main dans la communauté où elle a grandi, Andréane Blais veut offrir aux jeunes filles ce qu’elle n’a pas eu dans sa jeunesse : des activités artistiques et des occasions de discussions positives entre filles. Elle offrira une première série d’ateliers d’épanouissement personnel à Mattice Val-Côté à la fin octobre.

«Le but de mon programme, c’est de promouvoir la beauté naturelle et respecter les différences. Je touche à beaucoup de choses, mais c’est mon but primordial», explique la diplômée de l’Université Laurentienne. Ses sujets de prédilection sont l’estime et l’acceptation de soi, l’image corporelle, la gestion des émotions et le leadeurship. 



Timmins

Le Centre de santé communautaire de Timmins a officiellement présenté son logo le 24 septembre. L’artiste lauréate du concours de logo a également été dévoilée.

«On avait demandé aux gens de la communauté, des artistes, des graphistes, toute personne qui voulait soumettre un croquis qui représente le bienêtre et la santé des membres de notre communauté ainsi que la francophonie. On avait donné environ trois semaines pour les soumissions», explique la coordinatrice du développement communautaire du Centre de santé communautaire de Timmins, Lisa Prévost. «Que ce soit un dessin fait à la main, fait à l’ordinateur ou peint, on a reçu plusieurs différentes sortes de croquis. C’est superbe de voir tout le talent qu’il y a à Timmins.»

C’est l’équipe de gestion qui a sélectionné le logo gagnant en se basant sur des critères préétablis. Selon Mme Prévost, une dizaine d’artistes d’âges variés, de l’école élémentaire à la retraite, ont participé au concours qui avait été lancé en aout.

Lors du dévoilement du logo, dans les locaux du Centre de santé au centre commercial Timmins Square, la grande gagnante, Chantal Rheault, graphiste de formation, a reçu un petit arbre orné de 300 $ en chèques-cadeaux échangeables chez des entreprises locales.

«Félicitations! Ton travail a été exceptionnel. On a tellement apprécié tout ce que tu as fait pour nous et travailler en collaboration avec toi», a déclaré Lisa Prévost en remettant le prix à la gagnante.

«Ça a été l’fun de travailler avec vous, répond la graphiste. Tu commences à le créer et quand tout le monde dit “Oh, wow, j’aime ça”, mon travail est fait. C’est ce que j’aime faire et c’est ce que j’aime entendre.»

Passionnée par le graphisme depuis l’âge de 8 ans, Mme Rheault, propriétaire de Rheault Printing Service et de Rheault Design, affirme avoir «sauté sur l’occasion tout de suite» lorsqu’elle a su que le concours avait été lancé.