Le CSCT fête 25 ans au cœur de la communauté

Marc Dumont
Marc Dumont
Initiative de journalisme local - APF

Le Centre de santé communautaire du Témiskaming (CSCT) en est aujourd’hui à 25 ans de service auprès des francophones du district. Ses cinq points de services comptent à une cinquantaine d’employés, plus de 5000 clients et une armée de bénévoles. L’an dernier, les visites pour des soins primaires ont dépassé les 32 000 et les activités communautaires ont rejoint plus de 2500 personnes. Le CSCT est un point d’ancrage pour la communauté du Témiskaming.  

Cette aventure a débuté en 1992, alors que l’Association canadienne-française de l’Ontario faisait état de sérieuses lacunes en soins de santé et encore plus dans les services en français.

Après trois ans d’efforts auprès d’instances gouvernementales, le comité d’implantation a enfin annoncé la création d’un centre de santé pour la région de Témiskaming. Budget initial : 500 000 $

Le Centre de santé ouvre d’abord un point de service à New Liskeard. L’année suivante, en 1996, un deuxième suit à Earlton. En 1998, c’est à Kirkland Lake et en 2004, à la suite d’une entente avec les municipalités, le CSCT s’installe à Larder Lake et Virginiatown. Enfin, en 2009, le CSCT aménage dans un édifice neuf à New Liskeard, bouclant la boucle.

Un travail de collaboration

Le CSCT fait la fierté des francophones de la région. En soins primaires, chaque point de service a une équipe interprofessionnelle complète. «Ce travail d’équipe, complété par le médecin, rend plus rapide l’accès à un rendez-vous. Le client peut être vu dans les 48 heures au plus tard», affirme la directrice générale du CSCT, Jocelyne Maxwell.

Le CSCT offre aussi un éventail impressionnant d’activités communautaires. Ce volet comprend une gamme d’activités physiques pour les gens plus âgés, comme la raquette ou la marche nordique, en vue de maintenir ou d’améliorer l’équilibre et la mobilité. D’autres activités plus sociales visent à briser l’isolement. Cela inclut l’artisanat, les groupes de discussion ou des sorties. Des diners sont aussi organisés dans plusieurs communautés, le dernier ayant regroupé 175 personnes à New Liskeard.

Le CSCT préconise une approche collaborative avec d’autres agences, comme Témiskaming Child Care et Keepers of the Circle pour les 0 à 6 ans. Pour les 9 à 12 ans, un programme sur l’alimentation se tient à l’école ou en partenariat avec la municipalité durant l’été. Par des partenariats comme ceux-là, le centre reconnait l’importance de collaborer avec le système de santé pour mieux desservir toute la population du Témiskaming.

Le CSCT du Témiskaming a maintenant un budget annuel de 5 millions $. Il est un employeur de choix pour les professionnels de santé en français. La moyenne d’années de service frôle les dix ans et le taux de satisfaction du personnel impressionne : 95 %. Celui de la clientèle est encore plus élevé à 97 %.

Ne rien tenir pour acquis

Jocelyne Maxwell entrevoit l’avenir avec enthousiasme : «Ce qui fait notre force, c’est l’approche pour, par et avec la communauté francophone».

Elle déplore qu’il soit toujours difficile de faire reconnaitre l’importance d’avoir des services de santé en français. «Il faut continuer à travailler pour garder les acquis. Il n’y a pas de garantie.»

Elle confirme qu’il est nécessaire de faire preuve de résilience, de ténacité et de faire valoir la pertinence d’investir dans la santé en français auprès des instances gouvernementales. Mme Maxwell ajoute : «On y arrive parce qu’on a investi beaucoup dans l’identification des besoins. Nos arguments sont solides et le sceau d’approbation qu’on a obtenu en 2014 du Centre canadien de l’Agrément en témoigne. Il a fallu être flexible, visionnaire et ne pas se limiter aux modèles traditionnels.»