Heydan Morrison est un jeune garçon de Sault-Ste-Marie qui aura besoin d’un médicament à base de plasma pour le reste de sa vie. Il a montré sa reconnaissance envers les donneurs lors du premier anniversaire de la clinique en créant une carte et un chandail de remerciement.
Heydan Morrison est un jeune garçon de Sault-Ste-Marie qui aura besoin d’un médicament à base de plasma pour le reste de sa vie. Il a montré sa reconnaissance envers les donneurs lors du premier anniversaire de la clinique en créant une carte et un chandail de remerciement.

La première clinique de plasma au Canada démontre la viabilité du modèle

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
1 an de dons de plasma à Sudbury

La clinique de dons de plasma à Sudbury a aidé à prouver, après seulement un an, que le modèle de dons volontaires pouvait fonctionner. Avec des résultats 10 % supérieurs aux attentes, la Société canadienne du sang (SCS) a déjà décidé d’ouvrir 11 autres cliniques, surtout dans les grands centres.

Même si l’été a marqué un ralentissement de la cadence des dons, 12 000 unités de plasma ont été collectées depuis le 25 aout 2020. Le projet pilote initial comprenait la toute première clinique canadienne à Sudbury, mais aussi une à Lethbridge en Alberta et une troisième à Kelowna en Colombie-Britannique. Ces deux cliniques sont maintenant ouvertes. 

L’objectif à long terme de la SCS est de fournir 50 % du plasma requis au Canada par ces cliniques. Seulement 13 % du plasma est collecté au Canada en ce moment. Le reste doit être acheté principalement aux États-Unis. 

Il fallait avant tout «démontrer qu’on est capable de collecter du plasma dans un environnement volontaire», raconte le vice-président aux produits plasmatiques de la SCS, Jean-Paul Bédard. «Aux États-Unis, le plasma, ce sont surtout des donneurs payés.» 

M. Bédard se dit impressionné par la générosité des gens du Nord. Il ne faut pas se le cacher, donner du plasma est un peu plus long que donner du sang.

Maintenant que la démonstration est faite, la prochaine étape sera de solidifier l’approvisionnement canadien, «d’avoir le contrôle sur nos inventaires», dit Jean-Paul Bédard. «On a compris les enjeux [de ne pas produire] de vaccins au pays pendant la pandémie. C’est un peu pareil, de ne pas être en contrôle de la matière première. Il faut être en contrôle des produits qui sont importants pour sauver des vies et le plasma entre là-dedans.»

Le vice-président aux produits plasmatiques de la Société canadienne du sang, Jean-Paul Bédard, a profité de sa visite à la clinique sudburoise pour faire un don. Il a passé quelques années de sa jeune enfance à Chelmsford. Il se souvient surtout des cueillettes de bleuets et des parades de la St-Jean-Baptiste.

Histoires à succès

Les donneurs généreux viennent d’aussi loin que de Sault-Ste-Marie pour donner du plasma à Sudbury. C’est entre autres le cas de la mère du jeune Heydan Morrison, un receveur d’un produit médical fabriqué à partir de plasma. Celle-ci essaie de venir toutes les trois semaines.

Heydan Morrison est atteint d’hypogammaglobulinémie, une maladie auto-immune qui avait ralenti sa croissance et qui le rendait plus vulnérable aux infections. Depuis quelques années, il reçoit un médicament fabriqué à partir de plasma environ une fois par mois. 

Sa mère témoigne que ce n’est plus le même garçon depuis qu’il a commencé ses traitements. «Il est maintenant en santé et actif. Il a recommencé à grandir et il a pris du poids. Ça le protège aussi. Il reçoit des anticorps de plein de gens en bonne santé.»

Hayden en est convaincu : ses cinq heures à l’hôpital tous les mois en valent la peine et il remercie les donneurs.

Un long voyage

À l’arrière-scène de la clinique de Sudbury se trouve une série de congélateurs à -55oC, qui permettent de congeler le plasma en moins de 24 heures. Le lendemain, ils sont transférés dans des congélateurs maintenus à -35oC. 

Ils y restent pendant environ trois jours, en attendant que les échantillons de sang prélevés chez les donneurs et analysés à Brampton confirment que le don peut être utilisé. Ils sont finalement transférés dans un autre congélateur en attendant que le transporteur vienne les chercher, toutes les deux semaines.

La première destination d’un don de plasma : un congélateur à -55oC

La route est encore longue. Les bouteilles remplies de plasma prennent la route de la Caroline du Nord, où se trouve l’établissement de fractionnement, qui transforme le plasma. La gérante de la clinique de Sudbury, Kim Armstrong, explique qu’elle espère que le fractionnement pourra se faire à Montréal dans 5 à 7 ans. L’entreprise américaine qui fait le fractionnement a récemment acheté un édifice à Montréal pour s’y installer.

La clinique de don de plasma de Sudbury prépare un évènement spécial pour les francophones en octobre.