Épidémiologie du Grand Sudbury + Donner un sens aux statistiques

COVID-19 : Mise à jour du 19 novembre

À la mise à jour matinale du 19 novembre, le nombre de personnes qui ont reçu un diagnostic positif de la COVID-19 en Ontario depuis le début des tests était à 99 372 (+1210). Le total incluait 83 301 (+1376) guérisons et 3443 décès (+28). Il y a 526 (-9) personnes hospitalisées, dont 146 aux soins intensifs.

Une baisse du nombre de cas actif pour une deuxième journée consécutive et aussi moins de cas hospitalisés. Par contre encore trop de décès et une augmentation de gens aux soins intensifs et sous respirateur (88).

  • Santé publique Sudbury et districts : +1, 211 cas (189 résolus, incluant 2 décès).
  • Bureau de santé Porcupine : +1, 105 cas (101 guérisons, 9 décès). L’individu est isolé dans la région de Timmins. Malgré ce nouveau cas, le total demeure à 105 pour la région, car il a été déterminé que le cas rapporté mardi et qui avait provoqué une alerte d’éclosion est en fait un faux positif.
  • Bureau de santé du district de North Bay-Parry Sound : +3, 64 cas (53 résolus, 1 décès). Deux ont été en contact avec un cas connu, l’autre a voyagé.
  • Service de santé du Timiskaming : 18 cas (17 résolus, 0 décès). Dernier cas : 15 novembre.
  • Santé publique Algoma : 58 (55 résolus, 0 décès). Dernier cas : 15 novembre.

Épidémiologie du Grand Sudbury

Dans son nouveau rapport de tendances bihebdomadaire, Santé publique Sudbury et districts souligne que 70 % des cas dans le Grand Sudbury sont en lien avec des éclosions et 25 % ont été en contact avec un cas confirmée, ce qui laisse 5 % de contamination communautaire. De plus, 85 % sont âgés de moins de 40 ans et 80 % de moins de 30 ans.


Donner un sens aux statistiques de la pandémie, une question de communication

Laurent Rigaux – Francopresse

Statistiques, pourcentages, tableaux de bord; nous n’avons jamais autant vu de chiffres dans les actualités que depuis le début de la pandémie de COVID-19. En fait-on trop? Si communiquer relève du principe de transparence, des scientifiques s’interrogent sur l’opportunité de communiquer plus efficacement. 

Autant de graphiques logarithmiques et de chiffres à la télévision, Simon de Montigny n’avait jamais vu ça. «J’ai fait des modèles mathématiques pour le VIH et, quand j’ai vu la même chose aux nouvelles, je me suis dit “on est dans un autre monde, c’est fou”», raconte le professeur de biostatistique au sein du Département de médecine sociale et préventive de l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Pour lui, cette communication très scientifique répond à un gout du public pour les chiffres et les infographies. «Ça rend les évènements plus concrets», analyse l’universitaire.

Sagesse ou manque de transparence?

Erin Strumpf trouve elle aussi «impressionnante» la façon dont le public est devenu connaisseur des statistiques sanitaires.

La professeure au Département d’épidémiologie, de biostatistique et de santé au travail de l’Université McGill à Montréal parle «d’inondation de données» et de la difficulté de revenir en arrière, maintenant que le public est «habitué à en avoir 24 heures sur 24». Avant d’ajouter : «Si on donne moins de chiffres, les gens vont croire qu’on cache des informations.»

Erin Strumpf, professeure au Département d’épidémiologie, de biostatistique et de santé au travail de l’Université McGill à Montréal : «Je comprends que les décideurs ne veulent pas donner des critères précis pour expliquer leurs décisions, mais ça va devenir de plus en plus difficile pour le public de comprendre ça.»

Erin Strumpf et Simon de Montigny prennent tous les deux en exemple la tentative des autorités provinciales québécoises de ralentir le rythme de communication en juin. Une levée de boucliers s’était ensuivie de la part de responsables politiques, accusant Québec de manquer de transparence, alors que des médecins saluaient au contraire une volonté de prendre du recul pour mieux percevoir l’évolution de la pandémie.

Chaque juridiction a sa recette

Quand il s’agit de se comparer aux autres, les deux scientifiques mettent également en garde contre les interprétations hâtives. «Il faut que les définitions des statistiques soient les mêmes», observe Erin Strumpf.

En effet, on ne comptabilise pas les cas positifs, les décès et les guérisons de la même façon partout dans le monde. Les politiques de tests sont aussi différentes d’un pays à l’autre. Même au Canada, les méthodes varient, compliquant la tâche de l’Agence de santé publique fédérale.

Simon de Montigny, professeur en biostatistique au Département de médecine sociale et préventive de l’École de santé publique de l’Université de Montréal : «Cette pandémie est inédite, on n’a jamais vécu ça et on est tous en train d’apprendre beaucoup de choses. C’est une expérience live.»

«Les provinces envoient ce qu’elles veulent», lâche Simon de Montigny, évoquant la tentative d’Ottawa d’imposer des normes nationales dans le domaine de la santé et la peur des provinces de voir le fédéral empiéter sur leurs compétences.

Sur les définitions des chiffres de la pandémie, «l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ou le gouvernement fédéral peuvent suggérer des choses, mais ça s’arrête là, juge Erin Strumpf. Après six à huit mois, on devrait être capable d’avoir les mêmes normes», ce qui n’est pas le cas.

Être plus convaincant

À l’heure des fausses nouvelles qui déferlent sur les réseaux sociaux, remettant en cause les décisions sanitaires, et de la «fatigue» qui s’empare du public face aux restrictions, Simon de Montigny pense que les messages de santé publique devraient être plus simples, afin d’être mieux acceptés.

Il mentionne par exemple le système des couleurs vert, jaune ou rouge mis en place au Québec et en Ontario, qui a pourtant suscité d’autres questions. «Les gens voulaient que les autorités communiquent les critères pour passer d’une couleur à l’autre. Je ne vois pas ce que ça aurait réglé, tout est passé rouge en deux semaines», développe-t-il.

«Les statistiques ne donnent pas d’explications sur les décisions prises par le gouvernement», abonde Erin Strumpf. À ses yeux, il y a un vrai travail à faire pour lier les données brutes aux décisions.

«Ce sera le défi, d’ici le printemps, de donner un sens à ces chiffres pour convaincre le public de suivre les règles», complète-t-elle. Mais la professeure prévient : «Il ne faut pas que ce soit plus simple, mais plus convaincant. Le public a l’impression de décisions aléatoires; ce n’est pas une question de statistiques, mais de communication.»