La Maison McCulloh Hospice en vue aérienne.
La Maison McCulloh Hospice en vue aérienne.

Des services gériatriques forcés de revoir leur philosophie

Article 1 de 2

La pandémie de COVID-19 engendre de nombreuses complications. Aux soins palliatifs ou en foyers de soins de longue durée, plusieurs ainés doivent maintenant parcourir en solo le chemin de leurs derniers moments.

«La population des ainés est la plus à risque de subir des conséquences négatives si elles attrapent le coronavirus. Ce risque augmente leur anxiété, mais ce qui les affecte encore plus, c’est l’isolement et le manque de rapports avec la famille et les amis», expose la directrice des soins aux patients en services gériatriques de l’Hôpital de Sault-Ste-Marie (SAH), Victoria Aceti Chlebus.

«Les installations d’habitations collectives, comme les maisons de soins de longue durée et les maisons de retraite, font ce qu’elles doivent faire : restreindre le nombre de visiteurs. Mais ces résidents sont la partie la plus vulnérable de la population. Ils dépendent des visiteurs qui sont leur joie», élabore la Dre Jo-Anne Clarke du Centre gériatrique spécialisé du Nord-Est (CGSNE) d’Horizon Santé-Nord (HSN).

La Dre Jo-Anne Clarke, du Centre gériatrique spécialisé du Nord-Est d’Horizon Santé-Nord.

Dre Clarke est convaincue que les bienfaits qu’apportent les visites des membres de la famille et des fournisseurs de soins surpassent les conséquences du risque d’infection au virus. «Leur présence réduit le taux d’hospitalisation et de mortalité. L’isolement social des temps présents crée donc une tout autre série de problèmes. On voit aussi un plus grand risque de dépression et les ainés deviennent plus faibles.»

Des mesures renforcées

Pour les services de soins palliatifs, où bon nombre des résidents sont des ainés, les directives de l’Agence de la santé publique du Canada viennent bouleverser le quotidien. «Tout a changé quant à nos croyances et à notre philosophie. On voulait toujours rassembler la famille et les amis durant le dernier stade de la vie», avoue le directeur général de la Maison McCulloch Hospice (MMH), Gaston Lavigne.

Gaston Lavigne, directeur général de la Maison McCulloch Hospice à Sudbury.

En poste depuis le 27 janvier, le dirigeant de la maison de soins palliatifs à Sudbury explique que les résidents ont seulement droit à un visiteur, et toujours le même. Cependant, à la toute fin, la Maison permet plus de visiteurs.

Ce ne sont toutefois pas tous les établissements qui permettent les visiteurs. À Sudbury, une maison de soins de longue durée a des politiques est plus sévères.

«C’est le gouvernement qui a dit qu’on n’avait plus le droit d’avoir de visiteurs. Tous les employés doivent se faire vérifier deux fois par jour et on vérifie la température des résidents trois fois par jour», explique l’infirmière auxiliaire, Nancy Bélanger.

Nancy Bélanger, infirmière auxiliaire

En plus de porter des masques, les employés doivent noter quelles chambres ils visitent au cours de la journée. De cette façon, les responsables savent exactement à quels résidents les employés ont rendu visite, au cas où le test d’un d’entre eux se révélait positif à la COVID-19. Ce fut d’ailleurs le cas avec l’une des employées à temps partiel.

Un autre hôpital du nord qui a une aile de soins de longue durée et, de toute évidence, les mêmes consignes doivent être suivies à la lettre. Les résidents doivent maintenant manger dans leur chambre. «Avant, ils mangeaient tous dans la salle à manger. Ils pouvaient être sept à une table et avoir des conversations. C’était leur moment de socialisation», explique l’infirmière, Christina Guay.

Les plus chanceux poursuivent leurs relations sociales à travers la grande fenêtre de la salle à manger. «Leurs familles vont venir à la fenêtre et ils vont se parler au téléphone. Mais certains ne comprennent pas ce qui se passe dans le monde et se demandent pourquoi ils ne peuvent pas rentrer», illustre Mme Guay.