COVID-19 : Mise à jour du 26 octobre

Éclosion à Lo-Ellen et un cas dans une école francophone de Hearst

À la mise à jour matinale du 26 octobre, le nombre de personnes qui ont reçu un diagnostic positif de la COVID-19 en Ontario depuis le début des tests était à 71 224 (+851, NDLR : une faute de frappe dans notre texte d’hier donnait un total erroné pour samedi, le vrai chiffre était +978). Le total incluait 60 839 (+679) guérisons et 3099 décès (+6). Il y a 295 personnes hospitalisées, dont 78 aux soins intensifs. L’Ontario a effectué 28 652 tests hier.

  • Santé publique Sudbury et districts : +1, 124 cas (112 résolus, incluant 2 décès). Le nouveau cas a été en contact étroit avec un cas connu. Santé publique a aussi déclaré une éclosion à l’école secondaire Lo-Ellen à Sudbury. Une éclosion est déclarée lorsque deux cas dans un établissement semblent liés et que la maladie a peut-être été contractée à l’école. Des classes ont été annulées.
  • Bureau de santé Porcupine : 95 cas (78 guérisons, 9 décès). L’un des cas déclaré au cours de la fin de semaine serait relié à l’École secondaire catholique de Hearst du Conseil scolaire catholique de district des Grandes Rivières. Sur son site internet, le conseil confirme un cas et quatre classes en isolement.
  • Bureau de santé du district de North Bay-Parry Sound : 47 cas (45 résolus, 1 décès). Dernier cas : 21 octobre.
  • Service de santé du Timiskaming : 17 cas (17 résolus, 0 décès). Dernier cas : 5 octobre.
  • Santé publique Algoma : +1, 42 (40 résolus, 0 décès).


Une étude américaine démontre l’inefficacité du masque ? Faux

Kathleen Couillard – Le Détecteur de rumeurs (www.sciencepresse.qc.ca)

Une nouvelle rumeur sur les masques a bénéficié de la visibilité apportée par Trump lui-même. Une étude des Centres de contrôle des maladies (CDC) aurait soi-disant prouvé que le masque est inutile contre la COVID-19, puisque 85 % des gens qui le portent contractent la maladie. Le Détecteur de rumeurs a vérifié.

L’origine de la rumeur

Le document en question a été publié le 11 septembre. II ne s’agit pas d’une étude révisée par les pairs, mais d’une analyse des comportements d’un petit groupe de gens. Les chercheurs ont comparé 154 personnes présentant des symptômes de la maladie et ayant reçu un diagnostic positif, à 160 autres qui avaient aussi des symptômes, mais dont le diagnostic était négatif.

L’étude est arrivée à deux constats importants. Premièrement, et sans grande surprise, les patients avec un diagnostic positif étaient plus nombreux à avoir été en contact avec une personne atteinte de la COVID-19. Deuxièmement, le fait d’avoir mangé au restaurant dans les deux semaines précédant l’apparition des symptômes était plus souvent associé à un diagnostic positif.

Et les masques, alors?

Les chercheurs ont également interrogé les participants sur le port du masque. Selon leurs réponses, 85 % des patients avec un diagnostic positif auraient «toujours» ou «souvent» utilisé un masque pendant les deux semaines précédant l’apparition de leurs symptômes. Cette proportion était similaire (88,7 %) chez ceux qui avaient reçu un diagnostic négatif.

Cette absence de différence pourrait-elle signifier que les masques ne sont pas efficaces?

Le premier problème est qu’il ne s’agissait pas d’une étude sur l’efficacité du port du masque ni sur le masque lui-même. L’étude ne documente donc ni le type de masque utilisé ni la façon dont il était porté. Par exemple, Santé Canada souligne que la fabrication des masques faits maison n’est pas règlementée et que certains pourraient ne pas bloquer efficacement les particules virales transmises par la toux et les éternuements.

Le deuxième problème est que le fait qu’une personne dise porter «toujours» ou «souvent» le masque ne nous renseigne guère sur le niveau de précaution dont elle fait preuve. On notera par exemple que, bien que 70 % de ceux qui ont été testés positifs ont déclaré «toujours» porter le masque, ils sont tout de même 50 % à avoir également dit être allés au restaurant — un endroit où ils n’ont probablement pas porté le masque.

C’était donc avant tout une étude visant à comparer les comportements «communautaires» de gens dans les deux semaines précédant leur test de dépistage de la COVID. Ont-ils utilisé les transports en commun, participé à des activités sociales, sportives ou familiales, des réunions de travail, etc. C’est la raison pour laquelle le CDC a jugé bon de souligner qu’une des choses qui ressort, chez ceux qui ont reçu un diagnostic positif, c’est qu’ils sont près de deux fois plus nombreux à être allés au restaurant pendant ces deux semaines.

C’est également la raison pour laquelle le CDC souligne que, chez les gens qui ont rapporté avoir été à proximité d’une personne infectée (close contact) pendant plus de 15 minutes, on retrouve 14 % de ceux qui ont obtenu un diagnostic négatif, contre 42 % de ceux qui ont obtenu un diagnostic positif.

Mais même à ce niveau, les chercheurs reconnaissent que deux groupes totalisant environ 300 personnes représentent un échantillon beaucoup trop petit pour en tirer des conclusions sur les comportements de millions de personnes.

Verdict

L’étude du CDC ne porte pas sur le port du masque et ne permet pas d’évaluer l’efficacité du port du masque pour prévenir la propagation de la COVID-19.