COVID-19 : Mise à jour du 17 septembre

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
Deux cas + Nouvelle page du BSP en français + Les femmes enceintes plus à risque?

À la mise à jour matinale du 17 septembre, le nombre de personnes qui ont reçu un diagnostic positif de la COVID-19 en Ontario depuis le début des tests était à 45 676 (+293). Le total incluait 40 424 (+179) guérisons et 2825 décès (+3). L’Ontario a effectué 35 134 tests hier.

Deux nouveaux cas dans le Nord-Est aujourd’hui.

  • Santé publique Sudbury et districts : +1, 101 cas (95 résolus, 2 décès). Ce nouveau cas est une personne qui a été en contact avec une personne infectée qui a voyagé à l’extérieur du Grand Sudbury.
  • Bureau de santé Porcupine : +1, 78 cas (65 guérisons, 9 décès). Le nouveau cas est âgé entre 40 et 59 ans, réside à Timmins a été en contact avec un cas. Au cours de la journée, le Bureau avait d’abord rapporté deux nouveaux cas, mais a ensuite constaté que l’un de ceux-ci ne résidait plus sur son territoire, il a donc été retiré.
  • Bureau de santé du district de North Bay-Parry Sound : 39 cas (37 résolus, 1 décès). Dernier cas : 14 septembre.
  • Service de santé du Timiskaming : 19 cas (19 résolus, 0 décès). Dernier cas : 29 juillet.
  • Santé publique Algoma : 29 (29 résolus, 0 décès). Dernier cas : 3 septembre.

Nouvelle page en français

Le Bureau de santé Porcupine a une page Facebook en français depuis le 8 septembre. On y retrouve les mêmes informations qui sont publiées sur la page anglaise. Auparavant, la page présentait ses publications dans les deux langues. La page en français est à l’adresse https://www.facebook.com/votreBSP/.


Les femmes enceintes plus à risque? Non

Catherine Couturier – Le Détecteur de rumeurs, Agence Science-Presse


Les femmes enceintes sont-elles plus susceptibles d’attraper la COVID-19, et le virus met-il davantage en danger leur santé et celle de leur enfant? Le Détecteur de rumeurs constate que l’état actuel des connaissances est plutôt rassurant pour la mère et l’enfant.

L’origine de la rumeur

La grippe H1N1 et le SRAS ont apparemment augmenté les risques de complications pour la mère et l’enfant. Il semblerait donc logique de craindre la même chose avec ce nouveau coronavirus.

On sait par ailleurs qu’à cause des changements physiologiques et immunitaires entrainés par la grossesse, les femmes enceintes peuvent développer des complications à la suite d’une infection respiratoire. Or, ce virus-ci a tendance à s’attaquer au système cardiovasculaire et aux poumons, déjà mis à l’épreuve par la grossesse. Enfin, ce coronavirus cause parfois des caillots de sang, un risque là aussi augmenté par la grossesse.

Risques pour la mère?

La recherche a encore beaucoup à faire pour cerner cette question. Par ailleurs, même si la recherche se poursuit, les praticiens semblent s’entendre pour dire que si la COVID-19 présentait un risque très élevé pour les femmes enceintes et leur fœtus (comme le virus Zika, par exemple), on le saurait déjà.

Les observations sur le H1N1 et le SRAS reposaient sur un petit nombre de cas. Et cette année, les études à ce sujet, venues de Chine et d’Europe, sont partielles — ce qui a conduit en juin un réseau de chercheurs canadiens à lancer une étude des répercussions de la COVID-19 sur les femmes enceintes.

Des petites études suggèreraient par exemple que certains bébés de mères atteintes de la COVID naitraient plus tôt, seraient plus petits et passeraient plus de temps à l’hôpital. Une étude de l’agence américaine de contrôle des maladies (CDC) parue en juin pointe vers un risque accru d’hospitalisations et d’admissions aux soins intensifs chez les femmes enceintes, mais pas davantage de décès. Une petite étude suédoise (comparant 13 femmes enceintes à 40 femmes non enceintes) a aussi trouvé que les patientes enceintes étaient plus à risque de se retrouver aux soins intensifs. Par contre, résume une page de l’École de médecine de l’Université Harvard, rien n’indique dans ces recherches que les femmes enceintes atteintes par la COVID-19 feraient davantage de fausses couches.

Pas de risques pour le bébé 

Une équipe américaine, s’appuyant en partie sur des recherches similaires qu’elle avait menées lors d’épidémies précédentes, a conclu en juillet que les fœtus étaient rarement infectés dans le ventre de leur mère. Le placenta produirait en effet de très faibles quantités du récepteur de virus et la transmission de la maladie au bébé semble rarissime : un seul cas de transmission via le placenta a été rapporté en France. Trois cas de bébés nés par césarienne ont reçu un diagnostic de COVID-19 en Chine, mais il n’est pas exclu que les nouveau-nés l’aient contracté après la naissance. Aucun cas de malformation n’a été rapporté dans le monde et, pour l’instant, des atteintes cérébrales n’ont pas été constatées.

Attention au stress

La communauté médicale invite à la prudence et la vigilance, mais devant ces risques assez faibles, ne conseille pas de s’isoler ni de paniquer. Parce que si la recherche en sait peu sur les conséquences du coronavirus, le stress, lui, a des effets bien connus sur la mère et son enfant.

On sait déjà, notamment grâce au Projet verglas — qui suit depuis 20 ans les bébés nés pendant la crise québécoise de verglas de 1998 — que le fœtus peut être affecté de toutes sortes de façons par le stress et l’anxiété de la mère : naissance prématurée, plus petit poids à la naissance. Les impacts sont ensuite observables chez l’enfant durant plusieurs années. La professeure à l’origine de ce projet, Susan King, codirige présentement une vaste étude québécoise sur 5000 femmes enceintes de partout dans le monde, qui étudiera l’effet du stress de la pandémie sur les mères et leurs enfants.

D’autres chercheurs québécois ont constaté, via un sondage auprès de 1258 Québécoises, une augmentation des symptômes dépressifs et de l’anxiété chez les femmes enceintes, ce qui est préoccupant pour leur santé comme pour celle de leurs bébés.

Le mot d’ordre, pour les femmes enceintes, serait donc d’adopter les gestes barrières… et de rester zen.

Cet article a été rédigé dans le cadre du projet conjoint Fédération professionnelle des journalistes du Québec/Agence Science-Presse Covid-19 : dépister la désinfo, lequel est financé par Patrimoine Canada.