COVID-19 : Mise à jour du 12 novembre

Lever de l’état d’urgence à Hearst + Doug Ford aurait ignoré ses propres experts de santé publique

À la mise à jour matinale du 12 novembre, le nombre de personnes qui ont reçu un diagnostic positif de la COVID-19 en Ontario depuis le début des tests était à 89 784 (+1575). Le total incluait 75 220 (+917) guérisons et 3293 décès (+18). Il y a 431 (+7) personnes hospitalisées, dont 98 aux soins intensifs. L’Ontario a effectué 39 559 tests hier.

Avec la multiplication des cas de COVID-19, même dans les régions du Nord-Est qui en avaient eu très peu lors de la première vague, les bureaux de santé publique multiplient les appels au respect des règles sanitaires — se laver les mains, éviter les rassemblements, porter le masque, rester à 2 mètres…

  • Santé publique Sudbury et districts : +6, 196 cas (130 résolus, incluant 2 décès). Trois ont été en contact avec un cas confirmé, un est relié à une éclosion et les deux autres sont toujours sous enquête.
  • Bureau de santé Porcupine : 102 cas (89 guérisons, 9 décès). Dernier cas : 11 novembre.
  • Bureau de santé du district de North Bay-Parry Sound : +2, 56 cas (48 résolus, 1 décès). Deux individus entre 20 et 39 ans, un dû à la contamination communautaire, l’autre est encore sous enquête.
  • Service de santé du Timiskaming : 17 cas (17 résolus, 0 décès). Dernier cas : 5 octobre.
  • Santé publique Algoma : 57 (45 résolus, 0 décès). Dernier cas : 10 novembre.

Lever de l’état d’urgence à Hearst

La Ville de Hearst annonce mettre fin à l’état d’urgence déclaré le 30 octobre en raison de la présence de plusieurs cas de COVID-19. Il n’y aurait plus de cas actifs à Hearst et le Bureau de santé Porcupine a jugé que l’état d’urgence pouvait être levé.


Doug Ford aurait ignoré ses propres experts de santé publique

Émilie Pelletier — Initiative de journalisme local - Le Droit

Depuis le début de la pandémie, Doug Ford assure qu’il se fie aux spécialistes de la santé publique pour prendre ses décisions liées à la pandémie. Toutefois, il les aurait ignorés quand est venu le temps d’implanter le système de classification par couleurs.

Selon de récentes révélations faites par le Toronto Star et corroborées par Santé publique Ontario, le gouvernement Ford a approuvé des seuils de taux de positivité quatre fois plus élevés que ce que la santé publique avait recommandé pour passer du orange au rouge.

Les médecins hygiénistes qui conseillent le premier ministre avaient en fait recommandé un taux d’infection bien plus bas que les 10 % préconisés par le gouvernement, soit de 2,5 %, pour qu’une région passe au rouge.

Plusieurs experts en santé publique de la province ont par ailleurs jugé que le plan du gouvernement ontarien, selon lequel le seuil de 10 % de tests de dépistage positifs amène une région à passer en zone rouge est beaucoup trop élevé.

Le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario, le Dr David Williams, avait lui-même affirmé en octobre qu’il était inquiet du fait que le taux de positivité en Ontario était de près de 3 %.

En date du jeudi 12 novembre, le taux de positivité en province était de 4,3 %.

Le premier ministre progressiste-conservateur Doug Ford a réfuté les allégations, qu’il juge erronées. «J’ai consulté le médecin hygiéniste en chef David Williams.»

M. Ford affirme que le Dr Williams a présenté le cadre à son cabinet, qui l’a ensuite approuvé. Le premier ministre assure qu’il n’a jamais refusé de mettre en place les recommandations du médecin hygiéniste en chef.

Réactions de l’opposition

En réaction à ces révélations, le chef du Parti libéral de l’Ontario, Steven Del Duca, a diffusé un communiqué de presse intitulé «Doug Ford a menti à l’Ontario».

«Un scandale stupéfiant a révélé que Doug Ford a menti à l’Ontario et a trahi la confiance des électeurs. Doug Ford a ignoré les conseils des meilleurs médecins de l’Ontario et nous a ensuite menti à ce sujet. Son mensonge a entrainé une montée en flèche des cas de COVID et une nouvelle vague de tragédie dans nos maisons de retraite. (...) Doug Ford doit remplacer son plan politique confus par le plan que les médecins ont recommandé. Rien d’autre ne peut arrêter la deuxième vague.»

La cheffe du Nouveau parti démocratique (NPD) de l’Ontario, Andrea Horwath, juge que les Ontariens méritent «un plan basé sur l’expertise des experts en santé publique, ainsi qu’un gouvernement qui est honnête à ce propos».

Le chef du Parti vert, Mike Shreiner, accuse pour sa part le premier ministre de tromper le public et de «mettre des vies et des gagne-pains en péril».

Celui-ci affirme que M. Ford a gonflé les seuils recommandés par les spécialistes et d’avoir ensuite fait semblant que les experts avaient approuvé son plan.