L'Hôpital général Anson d'Iroquois Falls
L'Hôpital général Anson d'Iroquois Falls

COVID-19 : Des défis uniques pour les hôpitaux du Nord

Comment se prépare les petits hôpitaux?

Depuis l’apparition de la pandémie de la COVID-19, les hôpitaux ontariens se préparent à recevoir et à traiter des patients atteints par le virus. Cependant, des établissements de santé du Nord de l’Ontario ont des inquiétudes par rapport à leur habilité à gérer le virus dans leur communauté.

Paul Chatelain est le directeur général du groupe des services de santé MIC, qui rassemble les hôpitaux Lady Minto à Cochrane, Anson à Iroquois Falls et Bingham Memorial à Matheson. Selon lui, le plus grand défi pour les hôpitaux à l’heure actuelle est le manque de ressources, soit le manque d’employés et le manque d’équipement.

«Autre que les effets du virus sur les patients, plusieurs hôpitaux sont inquiets par rapport à comment ils vont gérer cette situation alors que nous manquons déjà de personnel. Nous manquons de médecins, d’infirmières et d’autres employés de première ligne. Nous manquons également d’équipement de protection individuelle, tel que des masques N95, des blouses de protection et des gants», indique-t-il.

Malgré ce défi, ses hôpitaux continuent de se préparer pour une affluence de cas du coronavirus dans les centres de santé et dans la communauté.

«Nous travaillons avec la santé publique et le Réseau local d’intégration des services de santé (RLISS) du Nord-Est afin de planifier la création de centres d’évaluation de la COVID-19. Les cas soupçonnés seront d’abord dépistés par la santé publique, qui les réfèrera à notre centre d’évaluation pour compléter une autre évaluation médicale et possiblement un test de dépistage de la COVID-19. Nous sommes en train de dissuader les patients de venir aux centres d’urgence des hôpitaux», souligne le directeur général.

Possiblement moins de cas dans le Nord

«Nous sommes également dans le processus de créer un plan de gestion des capacités en cas d’affluence. L’exercice de création du plan est dirigé par le RLISS du Nord-Est. Nous sommes en train de déterminer s’il y aurait possibilité d’envoyer nos patients actuels chez eux ou ailleurs et si nous pouvons augmenter notre capacité de lits dans le cas d’une affluence de patients atteints de la COVID-19», poursuit-il.

Selon M. Chatelain, les hôpitaux du Nord de l’Ontario et du Sud feront face à des défis différents lors de l’évolution du nombre de cas.

«Je crois que tous les hôpitaux en Ontario, au Canada et dans le monde devront faire face à une pénurie d’équipement de protection individuelle et d’autres matériaux. Le recrutement de personnel dans le Nord est probablement un plus grand défi que dans le Sud. Certainement, la proximité avec les grands hôpitaux urbains, qui ont davantage de ventilateurs et d’autres équipements, est un avantage pour les hôpitaux dans le Sud de l’Ontario. Le seul avantage que nous avons dans le Nord est notre plus petite population, donc il y aura moins de personnes qui seront infectées dans notre région», prévoit-il.

Le directeur général conseille aux Ontariens de suivre les directives de la santé publique afin de ralentir la propagation de la COVID-19. «Il semblerait que la seule façon d’arrêter la propagation du virus est de faire ce que l’on nous conseille de faire, comme la distanciation sociale et de se laver les mains», conclut Paul Chatelain.

Manque de temps et de ressources humaines

En vue de la rédaction de cet article, sept hôpitaux du Nord de l’Ontario et le groupe des services de santé MIC ont été contactés. Cependant, nous n’avons reçu aucun commentaire des sept hôpitaux contactés. Pour les hôpitaux où nous avons réussi à rejoindre un membre de l’équipe exécutive, la réponse était toujours la même : ils n’avaient pas le temps de faire l’entrevue.

La majorité des présidents et des directeurs généraux ont souligné qu’en raison de la pandémie, leur horaire était rempli de réunions et de téléconférences. Cependant, le manque de personnel administratif était également observable dans les établissements de santé. Un employé nous a indiqué que certains employés de leur hôpital devaient remplir les rôles de trois personnes en raison d’un manque de ressources humaines.

Afin d’alléger les appels faits aux hôpitaux, la majorité d’entre eux ont changé leur message d’accueil téléphonique afin de fournir des informations sur leurs heures de visites modifiées et sur les étapes à suivre si quelqu’un croit avoir les symptômes de la COVID-19.