Contrer la solitude par la culture

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
Café-Héritage veut créer le «Conseil communautaire d’affection et de tendresse».

L’organisme Café-Héritage se lance dans une nouvelle initiative bilingue pour les personnes âgées. Ils veulent créer le Conseil communautaire d’affection et de tendresse (traduction temporaire de Community council or care). La présidente, Evelyn Dutrisac, a été inspirée par les nombreuses heures qu’elle a passé à la Villa St-Gabriel de Chelmsford, où résidait son époux Roland — décédé en février — et les amis qu’elle s’y est faits.

Elle connait beaucoup de gens seuls qui ont peu de visite, peu de chance de se divertir, peu de chance de se sentir aimés et appréciés. «Les personnes âgées ont besoin de sentir qu’il y a des gens» qui tiennent à eux et qui les aiment. 

L’un des objectifs est d’encourager les gens à donner de leur temps pour présenter aux personnes âgées des produits culturels. Aussi bien pour ceux qui demeurent dans les centres de soins de longue durée que ceux qui habitent seuls. Même ceux qui ont des aidants naturels qui pourraient profiter d’un peu d’aide ou d’une pause. En d’autres mots, les gens seuls ou isolés. 

La première étape sera un projet pilote à la Villa St-Gabriel, qui a accepté d’y participer. «On va faire une session stratégique pour voir quels sont les vrais besoins par rapport à l’isolement», explique Evelyn Dutrisac. Le groupe a également déjà quelques idées d’activités qui pourront être testées. 

L’art, la danse, la mode, l’histoire, le langage, la musique, les traditions, les photos, les passetemps, la nourriture sont tous des sujets qui ont le potentiel d’intéresser et de divertir les gens âgés et qui pourraient faire partie des services offerts. «On aimerait aussi fêter les 100 ans de nos personnes âgées. Ça arrive beaucoup plus souvent que dans le passé», souligne la présidente.

Elle reconnait qu’il y a déjà des services qui existent pour les personnes âgées. «On ne veut pas réinventer la roue», ils veulent juste mettre à profit les services existants, mentionne Mme Dutrisac. Ainsi, une partie du travail revient au directeur de Café-Héritage, Gary Michalak, qui doit recenser les services existant déjà et tisser des liens avec eux.

Le projet en est un à long terme, pas seulement dans le cadre de la pandémie. Evelyn Dutrisac voit très bien l’initiative dépasser les limites du Grand Sudbury et inspirer d’autres groupes dans le Nord. Peut-être même la création d’une fondation.

La présidente espérait entrer dans la Villa St-Gabriel cet été pour commencer le projet pilote. Une éclosion de COVID-19 a été déclarée à la Villa après que Le Voyageur se soit entretenu avec elle. Ce développement retardera peut-être un peu plus les démarches.