Ainés en fin de vie, un déclin solitaire

La pandémie a fait place à plus d’une histoire déchirante

En centres d’hébergement ou en résidences, des ainés sont séparés de leurs êtres chers en raison des restrictions mises en place par le gouvernement. Telle est la réalité de plusieurs personnes âgées depuis le mois de mars.

Que les ainés maitrisent la situation ou non, ils sont tout de même plongés dans l’isolement. Au cours des derniers mois, l’infirmière auxiliaire Nancy Bélanger a été témoin de plusieurs situations déchirantes.

L’un des cas est celui d’un homme qui visitait sa femme tous les jours au centre de soins de longue durée avant que les visites ne soient interdites. «Il venait manger ses repas avec elle et la dame était en bonne santé. Tout à coup, il ne pouvait plus venir. Un matin, à son réveil, la dame ne se sentait pas bien. Sa pression était basse et nous avons dû l’envoyer à l’hôpital. Elle est morte en moins de 24 h et son mari n’a pas pu la voir, car l’hôpital ne laissait entrer personne», partage Mme Bélanger.

Dans un autre cas, il s’agit d’une résidente qui a été transférée aux soins palliatifs, où les visites sont permises. «Cette dame avait sept enfants : deux de ses filles avaient des symptômes de la grippe et deux autres revenaient de la Floride. Au bout du compte, juste une de ses filles et une petite-fille a pu venir la voir avant son décès», raconte Mme Bélanger.

Pour les ainés qui habitent en foyer de retraite, aucun droit de visite. Les ainés qui viennent de perdre leur conjoint font donc face à un double deuil : celui de la perte de l’être aimé et celui de se retrouver seul dans leur appartement sans visite de leur famille ou de leurs amis pour les appuyer lors de ce moment difficile. 

«Et maintenant, il n’y a plus de funérailles et les gens n’ont pas le choix : c’est l’incinération, que tu le veuilles ou non», souligne Nancy Bélanger. Avant la pandémie, les enterrements étaient souvent une occasion de rassembler les familles. La COVID-19 interdit cette tradition.  

Conseils en temps de confinement

Selon la Dre Jo-Anne Clarke, du Centre gériatrique spécialisé du Nord-Est (CGSNE) d’Horizon Santé-Nord (HSN), l’un des éléments les plus importants pour demeurer en santé malgré le confinement est de rester actif.

«En vieillissant, nous perdons notre tissu musculaire beaucoup plus rapidement. S’assoir dans sa chaise jour après jour garantit la perte du tissu musculaire et il est presque impossible de le rebâtir», prévient-elle.

La docteure recommande de marcher à l’extérieur ou de répéter l’action de s’assoir dans sa chaise et de se relever pour activer les muscles des cuisses.

Afin de vaincre la solitude, la directrice des soins aux patients en services gériatriques de l’Hôpital de Sault-Ste-Marie (SAH), Victoria Aceti Chlebus, a quelques suggestions pour les ainés : communiquer avec sa famille et ses amis par téléphone, Skype ou FaceTime; écrire une lettre (aussi bon pour le cerveau!); essayer quelque chose de nouveau; vérifier si sa communauté offre des activités sociales à distance; faire des casse-têtes et, si l’ainé a accès à internet, pratiquer une nouvelle compétence à l’aide de YouTube, comme la peinture.

Le programme ConnectAînés offre également des activités à distance, par visioconférence ou par téléphone, pour briser l’isolement des ainés francophones et francophiles en milieu minoritaire. Le service est offert dans huit provinces et territoires, incluant l’Ontario.

Victoria Aceti Chlebus, directrice des soins aux patients en services gériatriques de l’Hôpital de Sault-Ste-Marie