Victor le Voyageur, un symbole du colonialisme?

Par Joel Belliveau, professeur agrégé en histoire, UL

On a récemment suggéré que Victor le Voyageur, la mascotte sportive de l’Université Laurentienne, serait un « symbole colonial » qui représenterait « une facette raciste de l’histoire » (Lambda, le 13 janvier). L’idée de mettre Victor à l’écart a aussi été justifiée par l’argument voulant que ce ne soit pas « tout le monde qui se sente représenté par une mascotte d’homme blanc ». Cette discussion — et ces deux arguments — ont fait écho chez moi d’abord en tant qu’historien, mais aussi en tant que membre d’un groupe minoritaire.

Je laisserai l’historien s’exprimer en premier. Le fait que les voyageurs furent parmi les premiers groupes d’ascendance européenne à passer du temps dans le nord de l’Ontario (et dans la majorité du Nord-Ouest d’Amérique) est-il suffisant, dans une perspective historique rigoureuse, pour qu’on les perçoive comme des agents et des symboles de l’oppression coloniale des Premières Nations? 

L’entité Laurentian University / Université Laurentienne (LUL) est installée sur un territoire traditionnel Anishinabek, utilisé par les ancêtres de cette communauté depuis des millénaires. C’est un fait qui doit être rappelé, reconnu et mis en valeur. LUL est également établie sur les limites nordiques de ce que les colons de la Nouvelle-France nommaient «les pays-d’en-haut», englobant le haut Saint-Laurent et le bassin versant des Grands Lacs. Les Français ont fait très peu en matière de colonisation dans cette gigantesque zone, qu’ils ont surtout laissée à leurs partenaires de traite autochtones. Progressivement, toutefois, des « coureurs de bois » se sont mis à y pénétrer, allant toujours plus loin vers l’ouest, afin d’échanger directement avec les Premières Nations situées près des secteurs de chasse. Cette activité, d’abord illégale, a ensuite été autorisée et régulée, avec des permis accordés aux « voyageurs ». Ces derniers étaient des négociants, des hommes robustes qui chérissaient une vie indépendante en nature bien qu’ils aient été au service de compagnies de traite importantes. Ils se rendaient d’une communauté autochtone à une autre en canoë, échangeant des produits manufacturés (tels que des casseroles, des vêtements, des outils métalliques et des armes) contre des fourrures.

Les colons français, pour leur part, furent largement limités à la vallée du Saint-Laurent et à la région de la Baie de Fundy. Là-bas, les Européens se sont appropriés de vastes territoires qu’ils ont converti pour l’agriculture, où ils ont en général tenté de reproduire les normes sociales et les institutions européennes. Dans les pays-d’en-haut, seule la région de Détroit a accueilli une certaine quantité de colons. Bien qu’il y ait aussi eu quelques modestes forts dans ce qui est aujourd’hui Kingston, Toronto, Niagara, et Michilimakinac, ceux-ci étaient pour la plupart des postes de traite avec les alliés autochtones. Leur principale fonction militaire était la défense contre les Britanniques au sud-est. À tout moment, les Français des pays d’en haut furent largement inférieurs en nombre par rapport aux peuples des Premières Nations.

Est-ce que l’existence des voyageurs a dépendu de la présence d’une colonie européenne en Amérique du Nord, et sur l’existence d’acheteurs européens pour les produits autochtones? Oui. Les voyageurs furent-ils pour autant des agents du colonialisme? Pour répondre à cette question, examinons comment les voyageurs étaient perçus par les autorités coloniales françaises. Le fait est que ces dernières ne percevaient clairement pas les voyageurs comme leurs agents culturels, et qu’ils ne les imaginaient pas aptes à transmettre la «civilisation» européenne aux peuples autochtones. Au contraire! Le mode de vie du voyageur a longtemps été perçu comme indésirable. Un permis était nécessaire pour la traite, car le roi désirait que ses sujets soient des colons, qu’ils cultivent la terre et fassent croitre la colonie laurentienne. En 1696, le roi Louis XIV a publiquement exprimé son désespoir de voir ces jeunes hommes « courir dans la profondeur des forêts, où ils adoptent des habitudes de débauche et de vice qui les rendent inutiles» ainsi qu’improductifs. Leur esprit nomade et leur dédain pour la vie sédentaire les rendirent suspects, et ils étaient vus comme libertins. Plutôt que de rendre les Autochtones semblables aux Français, ils étaient eux-mêmes perçus comme de moins en moins chrétiens et Français. Aussi tard qu’en 1756, le Marquis de Mirabeau, philosophe et militaire français, a remarqué que leur expérience les avait rendus «incapables d’une subordination qui est l’esprit même de la colonie». Au final, ils s’avéraient fort peu patriotiques. Marchands comme pas un, ils n’hésitaient pas à négocier avec les Anglais de la Baie d’Hudson si ceux-ci offraient le meilleur prix, ou simplement pour éviter un long voyage de retour vers Montréal.

Mis à part leurs jugements de valeur, ces autorités n’avaient pas tort : la plupart des voyageurs ressemblaient de moins en moins aux Français et de plus en plus aux Premières Nations avec qui ils passaient la plus grande partie de l’année. Pour plusieurs, devenir un voyageur voulait dire gagner sa vie, mais aussi échapper à des contraintes sociales imposées aux populations paysannes par l’église, l’état et les seigneurs. Cette perspective était séduisante, tout comme plusieurs aspects de la culture des Premières Nations. Au point, on le sait, où le côtoiement des voyageurs avec les Cris, les Anishinabek et d’autres peuples a donné naissance aux langues Michif, à des communautés métisses dans plusieurs régions, et à une nation Métis dans les Prairies. Après la conquête de la Nouvelle-France, quelques Anglais et Écossais sont aussi devenus des voyageurs et leurs descendants ont intégré le peuple métis. Il est intéressant de noter que, culturellement parlant, le voyageur a existé à l’intersection entre les groupes sociétaux et les langues qui définissent aujourd’hui l’Université Laurentienne comme bilingue et triculturelle.

Demeure la question épineuse du rôle des voyageurs dans la colonisation, autrement dit dans la fin du mode de vie traditionnel des Premières Nations. En réalité,  ils n’en ont pas eu un de grande envergure. Au temps des voyageurs, les gens des Premières Nations sont demeurés en contrôle de leur territoire et ont continué à vivre comme auparavant, à la différence que la traite avec les voyageurs (et les compagnies lointaines qu’ils représentaient) a mis de nouvelles ressources à leur disposition. La relation commerciale en était une d’équilibre, car les voyageurs n’étaient pas chez eux, et les hommes et femmes autochtones qui y prenaient part le faisaient surtout volontairement, y gagnant souvent en influence. Ces peuples pouvaient encore se fier sur leurs activités traditionnelles pour vivre, et, au besoin, rejeter le commerce, bien que certains voyageurs fissent désormais partie de leurs communautés. En mon opinion, on n’est pas, ici, dans une dynamique coloniale. Je serai heureux d’entendre et d’entretenir des arguments allant dans le sens contraire, mais jusqu’à maintenant, on n’a eu droit qu’à des affirmations gratuites, qui sont basées sur ce qui se produirait plus tard.

Vers les années 1840, la majorité du sud de l’Ontario sera effectivement colonisé et subtilisé aux populations autochtones, par des colons qui ont aussi chassé les voyageurs. À ce point, l’homme blanc avait à peine commencé à envisager une prise de possession tangible du Nord-Ontario ou des plaines de l’Ouest. C’est seulement au cours des années 1870 et 1880 que l’économie traditionnelle autochtone y sera quasi éradiquée, victime des arpenteurs, des migrations et du commerce du bois et des céréales, tous favorisés par la construction du chemin de fer et du télégraphe du Canadien Pacifique. À ce point, les voyageurs aussi bien que la traite de la fourrure auront disparu, victimes du même développement. Ce n’est pas une coïncidence si les années 1870 et 1880 sont aussi celles qui ont vu apparaitre les traités numérotés, la tristement célèbre Loi sur les Indiens et les premières écoles résidentielles. À ce point, nous étions très certainement engagés dans une dynamique coloniale, mais les voyageurs n’y étaient pour rien.

Chaque génération envisage ses valeurs comme supérieures à celles du passé. Mais si chaque période possède ses personnages et ses institutions aux mœurs presqu’universellement condamnables, aucune époque ne devrait être rejetée dans son ensemble. Les gens qui ont suggéré que les voyageurs sont un symbole de colonialisme sont bien intentionnés, mais ils ont simplifié cette partie de notre passé. L’éviction de Victor ne fera rien de bon pour les nations autochtones du nord ontarien, qui ont été marginalisées et paupérisées par l’état et l’industrie depuis le milieu du dix-neuvième siècle. Au contraire, cela effacera de la mémoire une des rares parties de notre histoire commune dont nous n’avons pas à rougir. Notre temps et notre énergie seront mieux investis si nous tentons de comprendre comment l’esprit colonial est encore à l’œuvre et empêche encore le Canada d’établir des relations égalitaires avec les peuples autochtones.

Un dilemme bien actuel autour de la représentation et de l’inclusion

Examinons maintenant, plus succinctement, la question de la représentativité de la mascotte. Est-ce qu’un homme blanc et barbu peut être un symbole pour une université inclusive dont la majorité des étudiants sont des femmes et qui a un nombre croissant d’étudiants autochtones et internationaux? C’est vrai que, contrairement à un animal (ou, par exemple, la roche qui se veut la mascotte du Sudbury 5’s), Victor peut être associé à un genre particulier d’humain. Il est possible que ce soit donc plus difficile pour l’ensemble des humains qui composent notre communauté de s’y identifier. Cependant, permettez-moi de jouer l’avocat du diable pour un instant.

Dans un premier temps, il faut noter que Victor ne représente pas un cas d’appropriation culturelle. Des équipes avec des noms comme «Red Skins», «Indians», «Black Hawks», etc., ont un statut assez différent de celui de Victor.

Deuxièmement, sommes-nous si certains que nos étudiants internationaux n’ont aucun intérêt envers les marques de notre histoire locale? Sommes-nous si certains qu’ils veulent fréquenter une institution et une ville dépourvues de particularités, une sorte de McUniversité sans saveur propre? L’accueil de l’autre, dans mon esprit, n’implique pas un camouflage de notre histoire; il s’agit plutôt d’accueillir autrui dans notre histoire, de l’aider à inclure son histoire dans la nôtre. L’accueil implique aussi d’apprendre à connaitre les origines et les croyances des nouveaux arrivants, et de faire des accommodations lorsque cela est juste. En gros, l’accueil devrait être une rencontre dans le sens fort du mot, un peu à l’exemple de celle qui a existé entre les voyageurs et les Premières Nations, il y a si longtemps.

Troisièmement, eh bien, Victor est un homme. J’avoue que cela est peut-être problématique. Peut-on trouver une solution facile? On me dit qu’il y a eu, dans le passé, un vis-à-vis féminin à Victor, nommé «Lady V». Est-ce que ceci pourrait être convenable pour nos athlètes féminines et le public? Je laisserai ici la parole aux premières concernées.

Finalement, attaquons ce qui est surement la source de mon malaise avec la suggestion de laisser tomber Victor. Si on le renvoie pour cause de manque d’inclusivité, on sera tout de même en train de marginaliser une minorité : la communauté francophone. A-t-on oublié que les Franco-Ontariens réclamaient une université depuis des années lorsque LUL fut fondée en 1960? Que le gouvernement ontarien leur a refusé une institution autonome, leur offrant plutôt une participation à une institution au bilinguisme mal défini comme un compromis? Oublie-t-on que le fait français peine encore à y prendre une place enviable, soixante ans plus tard? Victor parti, ce sera un autre symbole de l’esprit de conciliation qui a vu cette université naitre qui disparaitra, ainsi qu’un des derniers signes visibles de son héritage canadien-français.

Lettre à l'éditeur

Les règles d'isolement et de distanciation s'appliquent.

Cher Algoma-Manitoulin,

J'écris cette note à la suite des mesures importantes prises par les municipalités et les Premières nations afin de protéger leurs citoyens. À mesure que le temps s'améliore et que la glace commence à fondre, la pêche à l’éperlan approche. En ce moment, je vous demande de prendre un moment et de réfléchir aux impacts négatifs potentiels sur votre famille, vos ainés, votre communauté et le grand public avant de choisir de quitter votre maison.

Lettre à l'éditeur

Restons unis et correctement informés.

Bonjour Nickel Belt - Grand Sudbury. À l’heure actuelle, nous traversons une période difficile en ce qui concerne la COVID-19. Plus que jamais, il est important de se rassembler en tant que communauté et que chacun de nous fasse sa part pour protéger la santé et la sécurité de chaque résident.

Je tiens à réitérer que mon équipe et notre gouvernement sont là pour VOUS. En cette période d’incertitude, nous nous efforçons de vous fournir des réponses, de vous soutenir et de vous faire savoir que nous sommes à vos côtés.

Lettre à l'éditeur

Merci pour tout ce que vous faites - et continuez de faire.

Merci d'avoir suivi les conseils de nos responsables de la santé publique et de protéger vos voisins et vos proches en pratiquant la distanciation sociale, en surveillant votre propre santé et en vous soutenant mutuellement.

Je tiens à remercier le personnel de santé publique et les travailleurs de la santé du Nord de l'Ontario pour leur courage, leur sacrifice et leur travail acharné face à la pandémie de COVID-19. De plus, je veux reconnaitre et remercier les chauffeurs-livreurs, le personnel de l'épicerie, les pharmaciens(nes), les chauffeurs de transport en commun, les premiers intervenants et tous ceux qui se rendent au travail pour que les autres puissent faire leur part et rester à la maison. Nous vous devons tous une énorme dette de gratitude.

Lettre à l'éditeur

En quelques semaines seulement, le monde est devenu méconnaissable.

La télévision nous inonde de scènes horribles vécues dans des pays dont nombre de Sudburois et de Canadiens sont originaires : l’Italie, l’Inde, la Chine, le Royaume-Uni, et tant d’autres.

Je me joins sans doute à tous les Sudburois et Sudburoises pour exprimer nos profondes condoléances devant tant de vies perdues partout dans le monde et notre grande tristesse à la pensée que tant d’autres vies seront perdues d’ici la fin de ce drame.

Éditorial

La crise fait heureusement ressortir le meilleur chez plusieurs d'entre nous.

Plusieurs commerces qui doivent rester ouverts, comme les pharmacies, les épiceries et autres fournisseurs de biens essentiels, prennent la menace de contamination au nouveau coronavirus au sérieux. Ils désinfectent régulièrement; ils installent des vitrines en plastique afin de protéger leurs employés; afin de respecter les consignes relatives à la distanciation sociale, ils ne laissent entrer que quelques clients à la fois et indiquent sur le plancher où les clients peuvent attendre leur tour, etc. Certaines compagnies augmentent même les salaires des employés qui doivent continuer à servir les clients. Il n’est certainement pas facile de continuer à servir la population en temps de crise. Bravo à ceux qui le font sérieusement.

Chronique

Faire les choses autrement... ou non.

La crise actuelle de la COVID-19 nous force à faire des choses auxquelles nous ne sommes pas habitués : rester chez nous, travailler à distance, maintenir une distance entre nous, etc. En fait, elle nous fait mettre de côté plusieurs aspects plus frivoles de nos vies pour réfléchir à ce qui est vraiment important. Nous délaissons les sorties, les fêtes et les voyages au profit de l’hygiène, la cuisine, la famille. Mais cette crise devrait aussi nous faire réfléchir à «l’après».

La COVID-19 est indirectement arrivée à Sudbury par les minières. Pourquoi n'ont-elles pas réduit leur production?

Nous apprenions la semaine dernière que les minières Vale et Glencore n’ont pas l’intention de fermer ou de réduire leur production à Sudbury pendant la pandémie du coronavirus. Ces plans peuvent évidemment changer au cours des prochains jours, mais, pour l’instant, il semblerait que ces minières favorisent la production plutôt que la santé. Et, en ces temps de risque de transmission communautaire, ce n’est pas juste la santé de leurs travailleurs qui est en jeu. Soyons francs, c’est pas mal cynique.

Éditorial

Au cours des prochaines semaines, plusieurs d’entre nous seront confinés à la maison en raison du coronavirus. Pour certains, ce ne sera pas un problème, mais pour d’autres plusieurs questions se posent. Voici quelques trucs.

D’abord, si vous devez vous mettre volontairement en quarantaine parce que vous revenez de voyage ou que vous avez côtoyé une personne possiblement infectée, une de vos préoccupations risque d’être financière. Tous les cas sont différents, mais, en général, votre employeur n’est pas obligé de vous payer pendant cet arrêt de travail. Sachez cependant que le gouvernement a éliminé la période d’attente d’une semaine pour recevoir de l’assurance-emploi. Vous aurez besoin d’une attestation de cessation d’emploi de votre employeur et ça risque de prendre du temps avant de recevoir votre chèque.

Il y a aussi la question des enfants qui ne pourront pas aller à l’école ni dans plusieurs garderies pendant les prochaines trois semaines. Ceci pourrait entrainer une espèce de quarantaine pour les parents. Que faire?

N’oubliez pas que, dans ce cas-ci, quarantaine ne veut pas dire pas-le-droit-d’aller-dehors. Profitez-en pour faire des marches, jouer dans la neige avec vos enfants. Ils apprécieront surement votre présence encore plus que l’air frais.

On ne peut quand même pas jouer dehors toute la journée et vous avez peut-être peur que vos enfants prennent du retard à l’école. Pour vous aider, les éditeurs de manuels scolaires français (France) ont mis leurs manuels en ligne. Pour en savoir plus, visitez outilstice.com.

Plus près de chez nous, le premier ministre Doug Ford a indiqué que son gouvernement mettrait des outils en ligne, mais ce n’est pas encore fait. Même le Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques (CFORP), le plus grand éditeur de manuels scolaires en Ontario français, n’a aucune ressource en ligne. 

Mais on ne veut pas qu’étudier quand on est jeune, alors vous voudrez probablement permettre un peu de lecture libre ou de télévision à vos enfants. Sur Netflix, je suggère Peppa Pig en français pour les tout-petits et, pour les cinq ans et plus, Amandine Malabul, l’histoire d’une jeune fille à l’école des sorcières (même les adultes aiment ça).

Cependant, il n’y a rien de mieux que la lecture pour passer le temps en nous amenant dans le monde de l’imaginaire. Pour les plus petits, il y a bien sûr les bandes dessinées : Lucky Luke, Les Schtroumps, Spirou, les grands classiques Tintin et Astérix. N’ayez pas peur non plus de suggérer des livres qui vous semblent un peu ardus pour l’âge de vos enfants. Je suggère des Jules Verne ou des Alexandre Dumas pour les 12 ans et plus. Non seulement seront-ils envoutés par les aventures créées par ces auteurs, mais ils y apprendront aussi un bon vocabulaire, donc à mieux écrire. 

Et pour vous, deux beaux livres. Beaux dans le sens où ils nous transportent dans des mondes touchants où l’appétit de vivre est au centre de l’existence. D’abord, un petit livre de quelques 200 pages : La vie devant soi, de Romain Gary et, paru plus récemment, mais dont l’action se déroule au début du siècle dernier, Un gentleman à Moscou, de Amor Towles. Vous ne les regretterez pas.

Chronique

Deux poids, deux mesures.

Vous penserez certainement que je fais une fixation sur Radio-Canada/CBC, mais non. En fait, j’ai plein d’autres intérêts, mais quelques fois il faut bien rapporter certains développements dans l’actualité qui, autrement, passeraient inaperçus. En voici un qui, cette fois, met en scène le réseau anglais de Radio-Canada. Si j’en parle, ce n’est pas juste pour écorcher CBC, c’est plutôt pour démontrer la méconnaissance et l’insouciance de nos médias anglais envers les Francos hors Québec.

Éditorial

Mauvaises et bonnes nouvelles...

Lors de la Journée internationale des droits des femmes (le dimanche 8 mars), le Toronto Star a publié une base de données indiquant le nombre de femmes qui siègent sur une centaine de conseils municipaux au pays. C’est pas très rose. Quelques exemples : Sudbury, 2 sur 13; Timmins, 3 sur 9; North Bay, 2 sur 11; Toronto, 8 sur 26; Québec, 8 sur 22; Calgary, 3 sur 15. Des 441 villes étudiées, seulement 53 atteignent la parité hommes-femmes et 21 % ont une mairesse. La raison : elles sont moins nombreuses à briguer les suffrages. Bien sûr, rien n’indique que les femmes sont de meilleures dirigeantes politiques, mais ne serait-ce qu’au nom de la représentativité et de la diversité des points de vue… rappelons que les femmes constituent 51 % de la population.

Courrier

 Nous parlons d’accès aux services en français. Ils parlent d’accès à de l’eau potable.

Dans le numéro du 26 février 2020 du journal Le Voyageur, on peut trouver une caricature avec deux hommes qui manifestent pour l’égalité des francos. La caricature fait référence aux blocages des voies ferrées en solidarité avec la Première nation Wet’suwet’en et l’un des personnages dit «J’espère qu’il ne faudra pas le faire à notre tour!» L’objectif de la caricature n’est pas clair. Au meilleur, on peut y voir une certaine empathie envers la cause des manifestants, exprimée toute croche. Au pire, c’est une manifestation d’un discours identitaire nombriliste franco-ontarien. Nous parlons d’accès aux services en français. Ils parlent d’accès à de l’eau potable. C’est une méchante différence. Mais elle n’est pas insurmontable.

Éditorial

L'industrie minière est importante pour le Canada, mais des défis l'attendent.

Ce n’est pas vraiment nouveau pour le Nord de l’Ontario, mais, cette semaine, nous entendrons beaucoup parler de l’industrie minière. C’est que, depuis dimanche, la Prospectors and Developpers Association of Canada (PDAC) tient sa rencontre annuelle à Toronto. C’est un peu la grand-messe de l’industrie et, au cours des dernières années, elle a réuni plus de 25 000 personnes provenant de 135 pays. C’est dire que les joueurs mondiaux les plus importants de cette industrie seront à Toronto cette semaine pour discuter de leurs bons coups et de leurs défis. Et les défis sont importants.

Ontario

Un gouvernement à la fois hautain et broche à foin.

Le fiasco des nouvelles plaques d’immatriculation imposées par le gouvernement de Doug Ford est un autre parfait exemple de l’attitude à la fois hautaine et broche à foin de ce gouvernement.

Vous savez bien, de «belles» plaques bleues aux lettres blanches. Une mise à jour que personne n’avait demandée. Que le gouvernement conservateur s’est amusé à mettre aux couleurs de son parti (!). Sur lesquelles ils ont appliqué leurs slogans ridicules qui ne reflètent en rien la province dans son ensemble.

Éditorial

Si on n’a jamais pratiqué un métier, il nous est impossible de bien en connaitre et en comprendre tous les détails découlant des tâches qui y sont associées. Par exemple, on se demande tous ce que font les travailleurs accotés sur leur pelle et qui regardent leur collègue creuser. Il doit bien y avoir — peut-être — une raison derrière cette façon de faire.

Éditorial

La crise actuelle en éducation semble affecter la popularité des deux députés conservateurs du Nord de l’Ontario.

La crise actuelle en éducation semble affecter la popularité des deux députés conservateurs du Nord de l’Ontario. Un sondage commandé par la Fédération des enseignants du secondaire (Ontario Secondary School Teachers Federation – OSSTF) démontre que les cotes de popularité des députés Ross Romano et Vic Fideli sont en baisses.

Éditorial

Il est intéressant de noter que février est le Mois de l’histoire des Noirs ET le Mois du patrimoine franco-ontarien. C’est intéressant parce que l’avenir des Franco-Ontariens devient de plus en plus multiethnique et, qu’à nos côtés, les immigrants francophones d’origine africaine construisent notre patrimoine de demain. Cette intégration est fondamentale si nous voulons que notre communauté franco-ontarienne continue de prospérer. 

L’apport des immigrants africains est particulièrement visible dans la région de Toronto, mais elle se voit aussi dans le nord. Les statistiques démontrent bien la nécessité de l’immigration à Sudbury. En 2017-18, il y a eu à Sudbury 97 décès de plus que de naissances. Il y a aussi eu plus de familles qui sont parties que de familles venant d’ailleurs au Canada qui ont déménagé ici, pour un déficit de 38 personnes. Or, la population de Sudbury n’a pas diminué, elle a au contraire augmenté de près de 1 800 habitants. Et ces chiffres sont semblables presque partout dans la région. Pourquoi? L’immigration.

Bien sûr, les nouveaux arrivants dans le nord ne sont pas tous de l’Afrique centrale, ni tous francophones. Plusieurs proviennent du Maghreb et de l’Asie. Mais les Noirs ont une histoire au Canada qui date de bien plus longtemps. L’historien Amadou Ba des universités Laurentienne et Nipissing en est d’ailleurs un des spécialistes. Nous connaissons depuis quelques années une recrudescence de l’immigration noire, mais le professeur Ba nous apprend qu’il y a des Noirs au Canada depuis 1604. Eh oui, lors de son premier voyage, Samuel de Champlain avait à ses côtés un interprète noir, Mathieu D’Acosta. 

Depuis, il y a eu plusieurs vagues d’immigration de noirs au Canada. On pense notamment à la venue des loyalistes qui ont quitté les États-Unis après la Guerre d’indépendance pour s’établir en Ontario et au Québec. Le professeur Ba estime qu’ils ont amené avec eux plus de 5 000 esclaves noirs. Après l’abolition de l’esclavage par la Grande-Bretagne, en 1834, il y aura une augmentation notable d’esclaves noirs qui fuiront vers le Canada. On connait tous l’histoire de «l’Underground Railroad».

Il apparait clairement que l’immigration noire est un aspect indéniable de notre histoire. Nous ne pouvons donc que nous enorgueillir du fait que celle-ci connaisse actuellement une grande augmentation. Les nouveaux arrivants noirs sont présents dans tous les secteurs de la société canadienne. Nous en connaissons tous qui sont en affaires, en médecine, en enseignement, en services financiers, etc. Avec nous, ils bâtissent l’avenir du Canada.

 En terminant, il est important de souligner qu’il n’y a pas que des Noirs francophones. Plusieurs nouveaux Canadiens proviennent des anciennes colonies britanniques en Afrique et aux Antilles et partagent la langue et les traditions anglaises avec nous. En arrivant au Canada, plusieurs ont compris l’avantage d’être bilingue. À preuve, le nombre d’immigrants dans les écoles d’immersion. 

L’histoire des Noirs est donc de plus en plus notre histoire et notre patrimoine.

Éditorial

L'enjeux : la renommé de la qualité de l'éducation en Ontario.

Au moment d’écrire ces lignes — le lundi 27 janvier — les enseignants ontariens poursuivent leurs grèves rotatives, le premier ministre Doug Ford commence à perdre patience et le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, a disparu des podiums. Aucune reprise des négociations n’est prévue et, pendant ce temps, des centaines de milliers d’élèves perdent des journées d’apprentissage et les parents commencent à trouver le temps long.

Éditorial

Il est temps que les autorités de tous les pays fassent taire un groupe de mal informé qui menace la santé du monde.

Nous avons nommé la cabale antivaccination qui propage toutes sortes de faussetés et cause une résurgence de maladies mortelles. Déjà, on voit une remontée fulgurante de cas de rougeole, de rubéole et d’autres maladies infantiles dans plusieurs pays parce que certains parents refusent de faire vacciner leurs enfants. Ce n’est très certainement qu’un début si rien n’est fait.

Éditorial

En ce début d’année, il serait normalement de mise de souhaiter la Bonne Année aux lecteurs du Voyageur ainsi qu’au monde entier. Mais disons que, deux semaines après le début 2020, il apparait que le souhait le plus important devient la paix dans le monde. À la suite des dangereux évènements des dernières semaines — courtoisie d’un fou de Dieu en Iran et d’un fou tout court aux États-Unis — il est clair que la paix du monde est menacée.

Il existe bien sûr plusieurs autres menaces à la paix, des changements climatiques aux terroristes internationaux, de l’inégalité sociale et économique aux dictateurs sans conscience, le monde fait face à plusieurs dangers. Mais aucun n’a encore ébranlé la planète comme les récents développements dans le conflit États-Unis-Iran.

Vous en connaissez probablement les nombreuses péripéties. L’histoire remonte assez loin. D’abord, l’Iran islamiste tente de développer l’armement nucléaire et les pays occidentaux tentent de l’en dissuader en imposant des sanctions économiques. Ensuite survient une entente signée par l’Iran, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Union Européenne, la Russie, la Chine et les États-Unis qui élimine les sanctions contre une promesse de dénucléarisation de l’Iran. La température baisse jusqu’à ce que le perturbateur en chef, Donald Trump, retire les États-Unis de l’accord. Comme disent les Anglais, «the rest is history». L’Iran recommence à enrichir de l’uranium, les Américains imposent de nouvelles sanctions, la spirale s’emballe. 

Les Américains poursuivent leur aventure dangereuse en tuant le héros iranien, le général Qassem Soleimani, et les Iraniens répliquent en bombardant des bases militaires américaines en Iraq. Et c’est là que survient le malheur innommable. Craignant une réplique américaine, les militaires iraniens arment leur système de défense antimissile. Une erreur de jugement entrainera le lancement d’un missile défensif qui abattra un avion de ligne ukrainien qui venait tout juste de décoller de l’aéroport de Téhéran. Il y aura 176 victimes innocentes, incluant 57 Canadiens et 82 Iraniens. 

Depuis, le monde pleure. Mais si vous croyez que s’en est fini de l’animosité irano-américaine, détrompez-vous. L’Ayatollah Khamenei croit qu’il agit au nom d’Allah et le président Trump croit que sa base électorale veut un homme fort — en plus de vouloir détourner l’attention des démarches pour sa destitution. Les deux sont capables des pires exactions afin de prouver qu’ils ont raison. Surtout que la grogne s’est emparée d’une partie du peuple iranien et que la menace de destitution de Trump encourage ses partisans. 

Voilà pourquoi il nous faut non seulement souhaiter la paix dans le monde, mais il faut y travailler ardemment. Pour l’instant, tous les Canadiens sont en mode condoléances envers les proches des victimes du vol 752 UIA et c’est évidemment ce qu’il faut faire dans l’immédiat. Notre gouvernement réclame aussi une enquête transparente qui ferait la lumière sur cette tragédie et, ça aussi, c’est bien. 

Mais il faut en faire plus. Le Canada doit se joindre aux autres pays de bonne volonté et tenter de persuader l’Iran et les États-Unis de baisser le ton. Parce que la guerre commence toujours par des paroles insensées suivies d’actes insensés. 

En 2020, le monde mérite la paix.

Éditorial

Comme Le Voyageur ne sera pas publié le jour de Noël et comme l’esprit des Fêtes se fait déjà sentir, il serait bon de réfléchir à la signification de cette période de réjouissances. Il est particulièrement important de trouver des occasions de célébrer alors que le monde qui nous entoure n’est pas des plus heureux.

Éditorial

Une loi adoptée cet été veut protéger le gouvernement ontarien contre les poursuites.

Depuis quelque temps, le gouvernement Ford tente de redorer son blason. Après avoir coupé des services à gauche et à droite, le gouvernement a récemment fait marche arrière dans plusieurs dossiers. Mais une loi entrée en vigueur en juillet dernier démontre encore la tendance à la tyrannie de ce gouvernement.

Éditorial

Le discours* d’un jeune avocat congolais, Jacques Mukenga Sefu, devant la Conférence internationale des Barreaux francophones devrait nous faire réfléchir.

Dans son exposé, Mukenga Sefu est clair : la neutralité est de la lâcheté. Après avoir écouté son discours, il est difficile de ne pas être d’accord.

Pour certains, il est de bon ton de se dire neutre, de ne pas prendre position, même de se croire supérieur parce qu’ils se croient au-dessus de la mêlée. On connait tous des gens d’affaires qui préfèrent ne pas se prononcer de peur de perdre des clients, des politiciens qui suivent aveuglément la ligne du parti ou encore de simples citoyens qui ne votent pas parce que «ça ne vaut pas la peine». En fait, ces gens ont tous des opinions, mais ils refusent de les partager parce qu’ils sont lâches.

Éditorial

La semaine dernière, le premier ministre Justin Trudeau nommait la Franco-Ontarienne Mona Fortier au poste de ministre des Finances adjointe, responsable de la Prospérité de la classe moyenne.

On ne sait pas encore ce que ça mange en hiver, une ministre responsable de la Prospérité de la classe moyenne, mais on sait qui est Mona Fortier.

Éditorial

Le danger de la facilité.

Le journalisme canadien est en péril. La situation financière de presque tous les médias est en déclin, ce qui les a forcés à réduire le nombre de journalistes. Ceux qui restent sont plus que jamais assujettis à la bête, c’est-à-dire forcés de couvrir et d’écrire à la va-vite pour remplir des pages et des cases horaires. Souvent sans beaucoup de réflexion ni rigueur.

Bleu ou rouge, mais surtout pas en même temps!

En politique, nous, Canadiens — surtout de l’Est du pays — sommes passé maitres dans l’art de dire une chose et son contraire. Ou, comme disent les Anglais, «speaking from both sides of our mouth». C’est en tout cas ce que démontrent les élections des quelques dernières années. En fait, on peut voir cette tendance depuis plusieurs décennies. Nous avons un don pour élire des gouvernements d’une couleur au provincial et leurs opposants au fédéral.

Politique canadienne

Dans sa première chronique pour Francopresse, Réjean Grenier analyse le nouveau Groupe des sénateurs canadiens.

Commencer une nouvelle chronique qui paraitra dans plusieurs médias est un peu énervant. On se demande quel style adopter, un ton enjoué ou «deadpan» sérieux, une accumulation de faits ou plutôt une analyse mêlée d’opinions? On se questionne aussi sur le sujet. Quelle question intéressera des lecteurs de partout au pays? Peut-on trouver un angle national à la hausse d’impôts fonciers à Saskatoon ou la réfection des routes à Sudbury? L’élection de gouvernements conservateurs purs et durs au Nouveau-Brunswick et en Ontario pourrait-elle avoir une incidence sur les Franco-Manitobains? Voilà des questions que je tenterai de démêler dans les prochains mois.

Éditorial

Dans la tragédie grecque Antigone, l’auteur-philosophe Sophocle nous force à réfléchir à la moralité versus la légalité d’un geste.

Dans ce récit, Antigone veut inhumer son frère selon la tradition qu’elle considère la loi des dieux. Pour ce faire, elle doit cependant enfreindre un décret du roi Créon qui a banni cette inhumation. Longue histoire courte, Antigone le fait quand même et mourra. Le dilemme philosophique au cœur de cette histoire, écrite en 441 av. J.C., se retrouve aujourd’hui d’actualité ici même à Sudbury, au 21e siècle.

Bon, le geste posé ici et les conséquences qu’il pourrait entrainer sont bien petits comparés à un décret royal et à la peine de mort évoqués dans Antigone. Les tragédies grecques ne badinent pas avec de simples affichettes. Mais la question fondamentale demeure : est-il juste de contester illégalement un décret gouvernemental quand on croit fermement que cette loi est injuste?

L’histoire locale commence sur un réseau social — modernité oblige — lorsqu’un employé d’un politicien libéral écrit qu’il vient d’enlever sa centième affichette anti-taxe du carbone que le gouvernement Ford a obligé les stations-service à apposer sur les pompes à essence. La règlementation concernant ces autocollants prévoit des amendes importantes pour les stations-service qui refuseraient de les afficher ainsi que des pénalités moindres pour quelqu’un qui les endommagerait.

Au début, le commentaire Facebook ne fait pas trop de vagues. Mais assez rapidement, les conservateurs locaux s’en mêlent. Un ministre du gouvernement Ford souligne même la question en Chambre. Certains se demandent pourquoi le fautif n’a pas encore été accusé.

Une dizaine de jours plus tard, l’arracheur d’affiches publie un second commentaire sur le sujet. Il s’excuse et affirme qu’il ne voulait surtout pas convaincre d’autres personnes à poser ce geste. Il admet l’illégalité de son geste et promet de ne plus recommencer. Il explique qu’il appuie la taxe sur le carbone et que les affichettes sont trompeuses. Son commentaire sous-entend que son geste était moralement justifié. Ce n’est évidemment pas assez pour ses opposants politiques qui attendent toujours une accusation. Pour l’instant, celle-ci tarde.

Dans le monde actuel, où la politique divise plus qu’elle ne rassemble, on voit ce genre de geste illégal tous les jours dans le monde. Que ce soit les manifestants qui défient l’interdiction d’organiser des défilés à Hong Kong ou les environnementalistes qui bloquent l’accès à la construction d’un oléoduc en Colombie-Britannique, toutes ces manifestations nous ramènent au questionnement de Sophocle. Et le phénomène ne fera que s’amplifier tant que les réseaux sociaux continueront à nous laisser croire que nos opinions sont des faits avérés.

Il n’y a qu’une solution à ce dilemme, il faut que nous apprenions à non seulement questionner les valeurs de nos opposants, mais aussi nos propres opinions, notre propre logique. Pour ça, il faut s’instruire.

Comme le disait si bien un autre sage, les ignorants croient qu’ils ont toujours raison, les gens qui s’instruisent doutent de tout.

Éditorial

Le vert «lousse» des conservateurs, la représentativité de l’AFO et la division canadienne.

Le gouvernement de l’Ontario a de la difficulté à comprendre les nombreuses significations du mot «vert». En début de mandat, il s’est attaqué simultanément au Franco-Ontarien — et leur drapeau vert et blanc par extension — et à l’environnement…