Une autre grève à Vale

Réjean Grenier
Réjean Grenier
Le Voyageur

Les travailleurs syndiqués de la minière Vale ont rejeté l’offre patronale et ont déclenché la grève ce mardi 1er juin à minuit, date à laquelle se terminait leur contrat de travail. Quatre-vingt-sept pour cent des membres de la section 6500 des Métallos Unis d’Amérique se sont prononcés en ligne ou par téléphone sur la proposition de contrat avancée par Vale lundi matin. Soixante-dix pour cent d’entre eux ont voté contre l’offre.

Dès l’annonce du résultat, les travailleurs du quart de nuit sont sortis des mines et des usines. Ils ont été rejoints par des centaines d’autres travailleurs pour dresser des lignes de piquetage aux entrées des installations de Vale. 

Dans son message aux membres, le syndicat affirme que le résultat du vote indique que les travailleurs veulent un retour à la table des négociations. Mais, au moment d’écrire ces lignes, aucune session n’était prévue. 

La balle est maintenant dans le camp de Vale et, sans communication immédiate de la part de la minière, plusieurs questions se posent. Toute la communauté de Sudbury se souvient de la grève de 2009-2010, qui a duré un an moins un jour. Tous se souviennent de la réaction de la minière brésilienne qui a embauché des briseurs de grève afin de poursuivre ses opérations. Et tous déplorent les incidents violents déclenchés par cette décision. 

Les travailleurs ont rejeté une offre jugée insatisfaisante et Vale doit maintenant tenter de bonifier sa proposition. Pour sa part, le syndicat doit mettre de l’eau dans son vin et surtout exhorter ses membres à la prudence et à la patience sur les lignes de piquetage. 

L’offre refusée comportait des bonis à la signature de 6000 $ ainsi que des augmentations salariales totalisant 4 % sur 5 ans. Les syndiqués ont jugé cela un peu chenu pour une multinationale qui engrange actuellement d’importants profits grâce aux prix élevés des métaux. Mais ce qui semble avoir motivé le rejet par les travailleurs, c’est plutôt ce que la compagnie veut leur enlever.  

Par exemple, la proposition de l’employeur prévoyait que les nouveaux employés ne seraient plus admissibles au régime d’avantages sociaux payés par la compagnie après leur retraite. Mais ce qui inquiète surtout les travailleurs, ce sont des clauses liées à leurs fameux bonis à la production. Ce boni augmente sensiblement les revenus des mineurs quand le prix du nickel est élevé. Dans son offre, Vale voulait que les travailleurs lui donnent le droit de modifier la méthode de calcul de ce boni, mais sans préciser comment il serait modifié. 

Devant l’incertitude causée par cet arrêt de travail, nous ne pouvons que dire haut et fort que les deux parties doivent immédiatement retourner à la table des négociations afin de dénouer cette impasse. Une reprise rapide des activités est souhaitable autant pour la compagnie que pour les travailleurs et surtout pour notre communauté.

Et la grève attirera surement finalement l’attention sur les négociations. De mémoire de vieux journaliste, jamais des négociations de contrat entre un syndicat et une compagnie minière de Sudbury n’auront fait couler aussi peu d’encre. Depuis plus de trois mois, le syndicat des Métallos négociait avec la minière Vale et presque aucun média n'en avait parlé.