Pierre Bélanger et Réjean Grenier proposent de repenser le bilinguisme de la Laurentienne

Courrier des lecteurs
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Le Voyageur
Lettre au recteur de l’Université Laurentienne, Robert Haché

Nous voulons tout d’abord confirmer notre engagement envers notre alma mater, l’Université Laurentienne. Nous reconnaissons le rôle primordial que joue et continuera de jouer la Laurentienne dans le développement du Nord de l’Ontario.

Les crises présentement vécues par deux universités qui desservent la communauté franco-ontarienne nous portent cependant à réfléchir sur la façon dont la Laurentienne articule son engagement envers son statut bilingue. 

La crise financière sans précédent qui secoue la Laurentienne la force à restructurer ses finances et, par conséquent, à revoir plusieurs éléments de ses opérations. En même temps, une autre université vouée à l'enseignement en français, l’Université de l’Ontario français à Toronto, vit une crise d’inscription qui peut être qualifiée de crise existentielle.

Cela nous amène à proposer que ces deux crises et leur urgence permettent que l’on considère une proposition radicale, mais raisonnable.

Et si l’Université Laurentienne revoyait complètement son statut bilingue? Si elle devenait une université anglophone qui collabore avec une nouvelle institution qui maintiendrait et améliorerait l’offre de programme et de services en français sur son campus de Sudbury? Une institution avec une gouvernance pour et par la communauté francophone. Peut-être une université à trois campus (Sudbury, Toronto et Hearst)?

Quel serait le contour légal, administratif et géographique d’une telle institution? Quelle forme prendrait la collaboration entre la Laurentienne et cette nouvelle institution? Cela n’est pas le propos de cette lettre. Nous voulons ouvrir la discussion sur les grands traits de l’opportunité. Si le principe est acquis, nous sommes confiants que vous et d’autres dirigeants du secteur universitaire saurez en définir la mise en œuvre. 

Il nous semble évident que cette possibilité est réaliste et qu’il faut la mettre sur la table. Le capital humain est déjà en place : plus de 1300 étudiants, des professeurs et des administrateurs qualifiés. L’aspect physique d’une telle initiative existe aussi : locaux, services, équipement, résidences, etc.

L’Université Laurentienne vit un moment intense de restructuration. Elle a plusieurs ajustements à faire sur plusieurs fronts. Son statut bilingue n’est qu’un des éléments qu’elle devrait considérer. Nous maintenons qu’il est possible de revoir ce statut en visant une amélioration de l’offre universitaire en français dans le Nord.

Il est probable, pensons-nous, qu’un tel changement produirait une meilleure efficacité opérationnelle pour une «Laurentian University» et une «Université Laurentienne» qui, elle, servirait mieux son milieu et ses étudiants franco-ontariens.

Veuillez agréer l’expression de nos meilleurs sentiments. Nous demeurons des vôtres.

Pierre Bélanger

Réjean Grenier