Réjean Grenier
Le Voyageur
Réjean Grenier

Pas de résolution en vue à Vale

Au moment d’écrire ces lignes, le lundi 14 juin, les 2400 travailleurs en grève à la minière Vale prennent connaissance d’une deuxième offre patronale. Plus tard lundi, les grévistes voteront sur cette proposition de contrat. Les négociateurs du syndicat des Métallos recommandent le rejet massif de l’offre. En lisant le message que le syndicat a envoyé à ses membres dimanche, on sent la frustration et la colère des dirigeants. Ils affirment que la compagnie ne veut pas vraiment négocier et ils qualifient l’offre d’insulte.

En examinant l’analyse qu’en fait le syndicat, il est difficile de penser que les travailleurs accepteront ce contrat. La compagnie augmente son offre salariale qui passe de 4 à 5 % sur 5 ans, mais elle retire le boni de 2500 $ pour les difficultés liées à la pandémie de COVID-19 qu’elle avait offert dans son offre précédente. 

Quant aux questions de pension et d’avantages sociaux, sujets qui ont motivé le rejet de la dernière offre, la compagnie a refusé de bouger. 

Les résultats du vote sont affichés sur le site web du Voyageur.

Crise des opioïdes 

Un article publié la fin de semaine dernière dans le journal Globe and Mail démontre comment deux médecins de Timmins ont réussi à motiver les responsables politiques, de la santé et de la police afin de freiner les décès liés à la consommation d’opioïdes. 

Les médecins Louisa Marion-Bellemare et Julie Samson travaillent toutes deux à l’hôpital de Timmins. Comme plusieurs villes canadiennes, Timmins a connu une hausse fulgurante des surdoses et des décès dus aux opioïdes depuis le début de la pandémie de COVID-19. En 2019, le taux de ces décès à Timmins était quatre fois plus élevé que la moyenne ontarienne et le double du taux enregistré à Vancouver, pourtant l’épicentre de la crise des opioïdes. 

Les docteurs Marion-Bellemare et Samson étaient tannées de voir des patients aux portes de la mort arriver au service d’urgence de l’hôpital, être ravivés pour être rapidement retournés à la rue. La situation s’est aggravée l’an dernier alors que la pandémie a forcé la fermeture de tous les services d’intervention liés à la consommation de drogue. Les médecins ont rapidement compris que la crise ne serait jamais résolue sans l’intervention de plusieurs acteurs du milieu. Elles ont littéralement fait le tour de tous les intervenants et ont réussi, en moins d’un an, à créer une réponse coordonnée afin de ralentir la crise. 

Les opioïdes continuent de faire des ravages à Timmins, mais l’action concertée des deux médecins et de leurs alliés communautaires a réussi à en ralentir les effets. Les villes canadiennes devraient suivre cet exemple. Sudbury pourrait peut-être ainsi réduire le nombre de croix plantées devant l’hôtel de ville en mémoire des victimes de ce fléau.