Réjean Grenier
Le Voyageur
Réjean Grenier

Opinions sur le vif

Trois décisions discutables

Plus de transparence, Santé publique

Les unités de Santé publique de l’Ontario refusent maintenant de publier des renseignements pourtant importants sur les récents cas d’infection au coronavirus. L’unité sanitaire de Sudbury ne dévoile plus la tranche d’âge ou le sexe d’une personne infectée. Elle n’indique pas non plus la région où la personne aurait pu attraper le virus. Les autorités allèguent que c’est pour protéger la vie privée des gens. Voilà bien de la bouillie bureaucratique pour les chats. La Loi sur la protection de la vie privée (LPVP) est claire : une autorité gouvernementale ne doit pas identifier des personnes, sauf en de rares circonstances. Mais indiquer l’âge et le sexe d’une personne non identifiée ne contrevient pas à la loi et peut être utile en temps de pandémie. Nous pourrions ainsi savoir si la personne infectée est un enfant d’école ou une personne âgée résidant dans une institution de soins de longue durée. Ces deux cas sont super importants dans le contexte actuel. Il serait aussi important de savoir où la personne a été infectée. Nous pourrions ainsi faire attention. Nous comprenons que Santé publique ne veut pas faire de mauvaise publicité à un commerce ou à un quartier, mais je rappelle que la LPVP ne s’applique pas à ces entités.

Les antimasques montent le ton

En fin de semaine, le groupe antimasque et adepte de théories du complot, Sudbury Freedom Keepers, a tenu une autre manifestation. Mais cette fois, certains membres n’ont pas seulement harcelé les passants, ils s’en sont pris physiquement à une journaliste. Une des manifestantes a voulu interrompre une entrevue en arrachant le magnétophone des mains de la journaliste de Sudbury.com. Évidemment que, comme tout pleutre, cette personne a refusé de donner son nom. Espérons que les policiers la retrouveront et que la journaliste portera des accusations. Une dernière recommandation à ce groupe : si vous ne voulez pas porter de masque, libre à vous. Mais ne venez pas importuner les honnêtes citoyens qui suivent les directives de santé. Restez chez vous.

L’hypocrisie de l’Union européenne

L’Union européenne (UE) crie au scandale depuis que le premier ministre britannique, Boris Johnson, tente de faire adopter une loi qui va à l’encontre d’une entente liée au Brexit que les deux parties ont dument signée. Les dirigeants européens accusent Johnson d’être un renégat. Mais voilà que, dans une lettre au premier ministre Trudeau, cinq anciens premiers ministres provinciaux accusent des dirigeants de pays européens de contrevenir à l’Accord économique et commercial global (AECG – CETA en anglais) entre l’Union et le Canada. Les cinq politiciens, Jean Charest, Kathleen Wynne, Brad Wall, Gary Doer et Ed Stelmach, étaient en poste lors de la signature de l’accord en 2017. Ils maintiennent maintenant que des pays européens permettent encore des pratiques qui nuisent aux exportations de produits agricoles. Ils donnent en exemple l’Italie qui continue d’exiger que le pays d’origine soit indiqué sur les pâtes, pratique interdite par l’AECG. Les premiers ministres s’en prennent aussi aux subventions accordées aux produits européens qui contiennent du sucre. Ils demandent au premier ministre Trudeau de soulever ces questions auprès de ses homologues européens.