Mme Maryse : portrait d’une enseignante exemplaire

J’ai connu Mme Maryse en 2013. Étant à Sudbury depuis deux ans à ce moment-là, j’ai décidé de devenir professeure associée à l’Université Laurentienne — désormais la Laurentian University — et de faire de la supervision de stage dans les écoles de langue française. C’est à ce moment-là que j’ai découvert une enseignante vraiment passionnée et passionnante : Mme Maryse Duplessis-Cameron de l’École publique Hélène-Gravel. J’ai eu un gros coup de foudre pour cette enseignante attentionnée. ☺

Et cette année, Mme Maryse enseigne à ma fille, en 2e année. Mon premier choix comme parent. Et mon choix assurément pour mon fils l’an prochain. Pourquoi? Parce que Mme Maryse est tout simplement une enseignante extraordinaire.

Laissez-moi vous parler d’elle avec ma bonne amie, Katherine Wilson, une maman passionnée, comme moi, qui a à cœur la réussite de ses enfants. Sa fille est également dans la classe de Mme Maryse et nos deux filles sont de très grandes amies depuis la maternelle.

Depuis la mi-mars 2021, Sudbury et les environs vivent l’enseignement virtuel synchrone, ce qui signifie que les élèves sont devant l’écran toute la journée. Avec ses hauts et ses bas. La pandémie est difficile pour tout le monde : les enseignants, les élèves et les parents. Mais des enseignantes comme Mme Maryse font réellement la différence dans la vie des élèves… mais aussi des parents. Surtout maintenant. 

Proactive et dynamique, Mme Maryse a su relever avec brio tout un défi en changeant de mode d’enseignement. N’ayant pas eu de formation en technologies, passer de la classe en présentiel à la classe virtuelle a demandé une grande adaptation de ses pratiques enseignantes. Malgré tout, Mme Maryse sait répondre à nos questions de parents très rapidement par courriel, 7 jours sur 7, et elle est toujours ouverte aux propositions pour s’améliorer. Elle nous a même donné, à Katherine et à moi, un cours privé par visioconférence sur la nouvelle façon de faire les additions et les soustractions avec le nouveau programme de mathématiques... nous sommes donc devenues, à notre tour, les élèves de Mme Maryse. Comme mamans, nous devions nous sentir compétentes pour pouvoir aider efficacement nos enfants dans leurs apprentissages. 

Un horaire bien ficelé digne d’une enseignante expérimentée

Comme parents, nous recevons l’horaire le samedi ou le dimanche, dans un tableau contenant tous les hyperliens nécessaires. De cette façon, si notre enfant doit s’absenter — ou si un parent décide d’opter pour le mode d’enseignement asynchrone à certains moments — c’est possible. Ce mode de fonctionnement favoriser une certaine flexibilité pour les parents.

Chaque jour est donc très bien planifié et ancré dans une routine.

Le bloc 1, de 8 h 45 à 10 h 30, est axé sur la littératie. Chaque jour, lors de l’école virtuelle, Mme Maryse commence par un exercice d’oral spontané («À quoi te fait penser le mois de juin?»). À tour de rôle, les élèves doivent prendre la parole à voix haute. C’est l’activité brise-glace, le temps que tout le monde se branche à l’écran à partir de 8 h 45. Par la suite, les élèves travaillent les mots de dictée de différentes manières, chaque jour afin de se préparer pour la dictée du vendredi. Chaque semaine, 10 nouveaux mots doivent être appris. Un classique pour la mémorisation de l’écriture des mots! Il y a aussi la lecture des mots fréquents. Dans ce bloc, il y a également des exercices de compréhension en lecture (lecture de textes et réponses à des questions), de l’écriture de récits (début, milieu et fin), de l’écriture de mots en orthographes approchées ainsi que de la grammaire (phrase de base, catégories de mots, etc.). Les trois compétences en français, soit la lecture, l’écriture et la compétence orale sont abordées, chaque jour.

Le bloc 2, de 10 h 30 à 12 h 45, intègre la littératie, les arts plastiques et la numératie. Celui-ci commence souvent par la lecture à voix haute. Chaque jour, 3 ou 4 élèves sont choisis pour lire. Ce genre d’activité aide notamment pour la prononciation des mots, la lecture de phrases syntaxiquement correctes et le développement du vocabulaire. Par la suite, les élèves dessinent quelque chose de nouveau, chaque jour, grâce à une vidéo sur YouTube, ce qui favorise un certain modelage. Il s’agit d’une activité de transition en arts plastiques pour ensuite commencer la partie de la journée en numératie.

En mathématiques, plusieurs notions sont abordées : l’addition, la soustraction, la multiplication, la résolution de problèmes ainsi que la valeur de l’argent et les concepts monétaires en littératie financière. Les enfants doivent démontrer leur compréhension de la valeur de la monnaie canadienne. En ligne, le défi est de taille, mais Mme Maryse a toujours sa façon bien à elle de faire en sorte que les élèves soient engagés dans leur tâche.

Le bloc 3, qui ne dure que 30 minutes, est en science. En ce moment, il est question de l’air et de l’eau dans l’environnement. Différentes notions sont abordées chaque semaine à l’aide de textes, de vidéos, d’expériences scientifiques et d’exercices réalisés grâce à l’enseignement explicite.

Pour les parents, deux modes de fonctionnement sont proposés : dépôt des documents sur la plateforme Google Classroom ou envoi par courriel d’un document Word contenant des hyperliens. Dans ce cas, les parents qui ne maitrisent pas Google Classroom peuvent simplement imprimer les documents contenus à l’intérieur des hyperliens. Nous, comme mamans, sommes plus à l’aise avec le mode traditionnel : nous imprimons donc les documents sur papier et nos enfants utilisent le papier et le crayon. En effet, il peut être très difficile pour les enfants de se retrouver dans l’univers de Google Classroom (et même pour nous, comme parents). 

Bref, tout est là avec Mme Maryse. Même les devoirs sont mentionnés explicitement : dans le document Word contenant l’horaire (en rouge, on ne peut pas le manquer!) et dans Google Classroom, sur la page d’accueil.

L’effet enseignant et la gestion de classe virtuelle

Toujours présente, à l’heure pour accueillir ses élèves, de bonne humeur, motivée et motivante, Mme Maryse est un vrai modèle pour ses élèves. À la fois gentille et extrêmement rigoureuse, Mme Maryse sait gérer sa classe de façon efficace, même en ligne. Les élèves savent quels sont les comportements adéquats attendus et ce qui est inacceptable : il n’y a pas de zones grises. 

L’effet enseignant est l’influence qu’un enseignant peut avoir sur ses élèves. Il est indéniable que Mme Maryse a un effet positif sur eux, car elle sait créer une relation de confiance avec tous ses élèves, même les plus difficiles. Elle leur apporte du soutien et elle met en place les stratégies pédagogiques adéquates pour favoriser l’apprentissage et la réussite de tous ses élèves. 

Bien entendu, l’effet enseignant n’est pas le même à l’écran, il est diminué en quelque sorte, mais Mme Maryse réussit tout de même à être intéressante en attirant l’attention des élèves, en diversifiant son enseignement-apprentissage en ligne, en chantant et en racontant des anecdotes. Elle donne aussi beaucoup de rétroactions positives en temps réel : «Wow! Bravo! la réponse que tu viens de me donner vaut un 4++! Tu es vraiment spectaculaire! Tu t’es tellement améliorée cette année! Je suis tellement fière de toi!» Ce type de rétroaction est primordial pour garder les élèves engagés et qu’ils continuent de persévérer, surtout lors de l’enseignement virtuel en mode synchrone. 

Pour reprendre les propos de l’une de nos filles, Mme Maryse est «l’enseignante la plus extraordinaire du monde!» Nous tenons donc à la remercier sincèrement de faire la différence dans la vie de nos filles, mais également de tous les élèves qui ont croisé son chemin. 

Nous aimerions terminer en soulignant l’engagement remarquable du corps enseignant qui travaille très fort à la réussite des élèves tout en contribuant au développement de la société, particulièrement en temps de pandémie.

Maintenant, vivement un retour en salle de classe! Fini les cours en ligne!


Isabelle Carignan, professeure titulaire, Université TÉLUQ et professeure associée à la Laurentian University

Katherine Wilson, fière maman de 3 enfants et ¾, et membre du conseil d’école