Réjean Grenier

Pâques et pandémie

La fête aura été une espèce de résurrection.

Nous avons vécu en fin de semaine une Pâques pas mal différente. Pas de services liturgiques, pas de rencontre de famille et, la pire chose pour les petits, chasse aux œufs de Pâques restreinte. Malgré ces restrictions, la fête aura quand même été une espèce de résurrection.

Parce qu’après la pandémie, il y aura résurrection. Une résurrection qui n’a rien à voir avec un flash-hors-du-tombeau auquel la liturgie nous a habitués, mais une résurrection quand même. Une lente résurrection de nos habitudes sociales, de l’économie, de la vie professionnelle. Les enfants retourneront à l’école, les employés reprendront le travail, nous irons nous divertir dans les restaurants, les bars et les cinémas. Les couples continueront à se faire et à se défaire, les enfants à naitre... Autrement dit, la vie reprendra son cours.

On n’avait qu’à circuler dans les rues lors du samedi saint pour croire que le régime de distanciation sociale avait disparu. Bien sûr, les gens gardaient leur distance de deux mètres en faisant la file devant les magasins et plusieurs portaient des gants et des masques, mais les rues étaient quand même beaucoup plus achalandées que lors des dernières semaines. Ça donnait un peu l’impression d’une ruche d’abeilles qui se réveille au printemps.

Mais même si la norme de distanciation a repris dès le lendemain de Pâques, il y a d’autres signes de résurrection. On n’a qu’à regarder la nature. Le soleil devient de plus en plus chaud, on voit de plus en plus de gens jouant dans leur cour ou faisant de courtes marches de santé tout en se tenant éloignés les uns des autres. Pris à la maison, les propriétaires ont eu le temps de racler les feuilles mortes et les pelouses commencent à reverdir. Les oiseaux migrateurs reviennent égayer nos voisinages. Une pandémie, quelle que soit sa sévérité, n’a jamais arrêté la vie.

Voilà donc à quoi nous devons nous préparer. Nous devons définir quel genre de renaissance nous voulons. Depuis plus d’un mois, plusieurs analystes, chroniqueurs, chercheurs et autres penseurs essaient d’imaginer l’après-pandémie. Certains voient une société plus juste et plus durable : diminution de l’écart entre riches et pauvres, élimination graduelle des énergies à base de carbone, élimination des tyrans en faveur d’un système politique qui répond aux aspirations du peuple, justice pour les marginalisés, etc. Voilà de nobles idéaux que nous pourrions mettre en œuvre, du moins en partie. Mais ne nous leurrons pas, ce ne sera pas facile.

La résurrection fera aussi revivre les forces qui nous ont menés là où nous en étions il y a quelques mois. Les bellicistes continueront de promouvoir la guerre, les profiteurs voudront poursuivre leur pillage des richesses, les politiciens rechercheront toujours le pouvoir à tout prix. Et ils se serviront de la publicité, du markéting, des relations publiques, des médias pour nous convaincre qu’ils ont raison, que nous étions tellement bien avant la pandémie.

Alors, pensons-y pendant qu’il est encore temps : la résurrection que nous voulons est-elle le retour à l’avant-pandémie ou une vraie renaissance?

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