Réjean Grenier

L’éditorial au temps du coronavirus

Y a-t-il une opinion à avoir?

Écrire un éditorial pendant une pandémie dévastatrice comme celle du coronavirus, c’est «weird». Un éditorial est censé représenter la position d’un journal sur un sujet d’actualité quelconque. Or, depuis plus d’un mois, le seul vrai sujet de nouvelles, c’est le virus et tout le chaos qu’il crée dans le monde. Quel position un journal peut-il prendre face à un ennemi invisible de cette ampleur?

Bien sûr, le monde n’a pas arrêté de tourner : les politiciens font ce qu’ils doivent faire en situation de crise; les scientifiques tentent de nous expliquer ce qu’est un virus, comment il se répand et tue; les économistes nous démontrent que l’économie s’en va à vau-l’eau, mais rassurez-vous disent-ils, ça va revenir; les travailleurs sociaux et autres psychologues tentent de nous rassurer...

Pendant ce temps, nous restons encabanés chez nous, obéissant aux directives des autorités (du moins, nous espérons que vous le faites) et nous nourrissant de leurres : on lit des livres, on joue avec les enfants, on regarde des films, on cuisine, on nettoie la maison et la cour, on boit du vin ou autre chose pour essayer de repousser l’ennui, la peur.

Les médias pourraient bien sûr publier des éditoriaux pour chialer contre les décisions gouvernementales, vilipender ceux qui ne respectent pas la distanciation sociale, fustiger les Trump, Bolsonaro et Orban pour la façon dont ils gèrent la crise, blâmer la Chine, les États-Unis ou même Satan pour la crise actuelle, mais à quoi bon? Nos gouvernements font ce qu’ils peuvent, ceux qui se promènent en gang n’écoutent pas les autorités alors encore moins un éditorial qu’ils ne lisent pas, les Trump, Bolsonaro et autres Orban continueront à ne penser qu’à leurs très petites personnes et on se fiche de savoir d’où vient ce virus alors qu’il fait rage ici.

Les médias traditionnels pourraient aussi s’en prendre aux réseaux sociaux qui, comme d’habitude, véhiculent toutes sortes de fausses nouvelles et de désinformation sur le virus et la situation mondiale. Mais, en même temps, ils devront aussi reconnaitre le rôle essentiel que jouent les nouvelles technologies pour nous permettre de rester en contact avec nos proches. Un tel éditorial serait donc du kifkif.

En fin de compte, la seule position qu’un journal peut prendre c’est de réitérer ce qu’on nous répète depuis plus d’un mois : restez chez vous, lavez vos mains, prenez toutes les précautions nécessaires et aimez-vous. Surtout, aimez-vous. Pour le reste, comme dans le milieu théâtral, nous vous souhaitons le mot de Cambronne… Si vous ne le connaissez pas, faites une recherche, ça vous fera passer le temps. Sourire.

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