Réjean Grenier

Le déconfinement en trois temps

Éducation, santé et population

Éducation

Parents, vous avez trouvé ça difficile, pendant le confinement, de travailler de la maison tout en faisant la classe à vos enfants? Tenez-vous bien, le retour en septembre sera encore plus cauchemardesque. Le plan du ministère de l’Éducation prévoit qu’il ne pourra y avoir plus de 15 élèves par classe. De plus, les parents peuvent choisir de ne pas envoyer leurs enfants à l’école et d’opter plutôt pour l’enseignement à distance.

Le problème? Pas une école n’a assez de classes ou d’enseignants pour rencontrer ces exigences. Et pas d’argent pour construire ou embaucher. Une classe normale de quelques 24-28 élèves devra donc être divisée : soit des élèves iront à l’école le matin, d’autres l’après-midi, soit chaque groupe sera en classe une semaine sur deux.

Mais qui s’occupera de ces enfants quand ils ne sont pas à l’école? Ben vous, chers parents, voyons. Parce qu’il n’y a pas d’espaces ni de personnel en garderie non plus.

Pensez maintenant au transport scolaire. Pas un conseil scolaire n’a accès à assez d’autobus pour maintenir la distanciation physique à bord. Plusieurs parents risquent donc de devoir conduire leurs enfants à l’école. Aux heures de pointe. 

Et il y a plein d’autres difficultés : les fontaines des écoles seront hors d’usage, donc donnez des bouteilles d’eau à vos enfants. Quant aux gouters, préparez des sandwichs, parce que vos enfants n’auront plus accès aux micro-ondes et où la cafétéria sera encore ouverte, ils devront manger en «shift» pour respecter la distanciation. Et bien sûr, les élèves devront maintenir cette distanciation dans les corridors, les classes, la cour d’école... Bonne chance.

Soins de santé

Les travailleurs du secteur de la santé aussi subissent les effets négatifs du déconfinement. Au début de la crise de la COVID-19, les droits de ces travailleurs ont été suspendus. Ils n’avaient plus le droit de prendre des vacances, de planifier leur vie en ayant un horaire de travail fixé d’avance. Ils n’avaient pas le droit de refuser de faire des heures supplémentaires et pouvaient être mis à pied sans raison et être remplacés par des contractuels.

Ces travailleurs essentiels n’ont pas rechigné et ont accepté ces conditions afin de sauver des vies. Mais, maintenant que tout reprend, ils s’attendaient bien sûr à ce que cette règlementation d’exception soit éliminée.

Ben non, la loi 195 sur la réouverture maintient indéfiniment ces mesures dignes d’une dictature. Bravo Ford.

Nous tous

Au début du confinement, nous étions tous fiers de voir comment les Canadiens se sont pliés aux nombreuses restrictions imposées pour éviter la contagion du coronavirus. Mais depuis le début de la réouverture, notre fierté en prend un sérieux coup.

On voit de nombreuses personnes sans masque ni gants qui ne respectent pas la distanciation physique. Certains ont même le culot de transformer ces règlements de santé en question politique. Selon eux, le port obligatoire du masque est une atteinte à leur liberté individuelle. Ce sont pourtant ces mêmes individus qui obtiennent un permis de conduire et qui mettent leur ceinture de sécurité en voiture.

Nous en avons assez de leur égoïsme potentiellement meurtrier. Nous leur rappelons que leur liberté finit là où la nôtre commence.

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Réjean Grenier

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Réjean Grenier
Éditorial

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