Élections : semaine 2

Nous avons pour l'instant trop peu entendu parler des vrais problèmes qui nous guettent dans l'élection fédérale.

Comme dirait Paul Etychen : «Où l’enviro’ment?»

Pendant que les sondages démontrent, les uns après les autres, que l’environnement et la crise climatique sont l’une des priorités de l’électorat canadien, les annonces pour la cause par les chefs se font extrêmement rares.

La discussion existe à d’autres niveaux, mais pas à la tête pour le moment. Sauf venant du Parti vert, évidemment.

Se concentrer sur «les familles» et la «classe moyenne» reste une bonne tactique, mais ça en laisse plusieurs sur leur faim, en particulier les jeunes. Ce n’est pas juste ça que l’on veut entendre. On veut un projet sérieux pour assurer la survie de l’humanité.

Est-ce qu’on nous réserve des surprises pour plus tard? Espérons-le. Parce que, pour le moment, c’est assez décourageant pour notre avenir.

Ça manque de punch!

Il n’y a pas seulement l’environnement qui est absent de la bouche des chefs. Les petites annonces que l’on nous sert depuis deux semaines ne sont que de la manipulation des finances et de l’électorat. C’est insignifiant comparativement à ce que le Canada a vraiment de besoin.

Réjean Grenier a écrit plus d’une fois dans Le Voyageur au sujet du besoin de revoir entièrement le système d’imposition canadien; très vieux, aucunement adapté à la réalité du XXIe siècle et qui n’est qu’un empilage d’amendements. D’ailleurs, la plupart des annonces faites ne font qu’en ajouter une couche.

Personne n’a profité de la déconfiture de Trudeau au début de son mandat pour ramener la révision du mode de scrutin sur la table. Les conservateurs ne voudront pas y toucher, mais le NPD et les verts manquent une belle occasion.

L’intelligence artificielle, les robots, le magasinage en ligne, l’exportation des revenus sur le web, les monopoles de Facebook et Google, la bonne santé de la démocratie par la survie des médias… Ce sont tous des sujets d’une extrême importance qui changeront profondément notre façon de vivre au cours des prochaines années, qui causeront des problèmes beaucoup plus graves sur lesquels les maigres baisses d’impôts proposées n’auront aucun effet.

Mais non, aussi bien au pouvoir qu’en élection, libéraux et conservateurs manquent de vision et de connexion avec les enjeux du monde réel.

Tempête plus médiatique que publique

Le déguisement de Justin Trudeau et Aladin à la peau noire est horrible... selon les standards de 2019. Personne de sensé n’aurait l’idée de faire ça... en 2019. Quelle honte que l’on doit encore rappeler que ça ne se fait pas... en 2019.

Sauf que c’est arrivé en 2001.

Sans vouloir diminuer le manque de sensibilité que représente ce maquillage en 2019, il n’en reste pas moins qu’il l’a fait à une époque bien différente et qu’il s’est inspiré d’un personnage fictif. À une époque où la discussion autour de ce type maquillage n’existait pas. Les termes «blackface» ou «brownface», utilisés par les médias, sont devenus plus connus du public que plusieurs années plus tard. D’ailleurs, ceux qui connaissent la définition historique de ces termes s’entendent pour dire que ce ne l’était pas.

Comme l’ont souligné les historiens au sujet des statues de John A. Macdonald, il ne faut pas regarder cette photo seulement avec nos yeux de 2019.

En lisant et en écoutant les commentaires au fil des jours, on s’est vite rendu compte que ceux qui devraient être le plus insultés par la maladresse l’étaient moins que les médias ou que les politiciens blancs. Le public en général semble également très peu intéressé par l’histoire.

La Ligue des Noirs du Québec a écrit sur Facebook : «Ceux qui critiquent le premier ministre Justin Trudeau nagent dans un bassin d’hypocrisie, car ils n’ont rien fait pour promouvoir l’intérêt de la communauté noire et culturelle. […] Pour nous ce débat est une tempête dans un verre d’eau».

Un autre exemple que la campagne ne s’en va pas dans la bonne direction…

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