Réjean Grenier
Le Voyageur
Réjean Grenier
La manifestation en appui à la Palestine à Toronto le 15 mai.
La manifestation en appui à la Palestine à Toronto le 15 mai.

Choisir ses batailles

Deux sujets retiennent notre attention cette semaine.

Le conflit Israël/Palestine a repris de plus belle au Moyen-Orient et les tensions qu’il soulève se manifestent maintenant chez nous. Les principaux pays occidentaux, dont le Canada, ont appuyé la création d’Israël en 1948 et continuent de soutenir ce pays. Le problème, c’est que la création d’Israël a déplacé des centaines de milliers de Palestiniens qui n’ont toujours pas de pays. On comprend leur frustration, mais on comprend aussi le droit à l’existence d’Israël. 

Ce qu’on comprend de plus en plus mal, c’est pourquoi, plus de 70 ans plus tard, Israël et les Palestiniens et leurs alliés n’ont toujours pas réussi à régler ce conflit par la création de deux pays indépendants. C’est pourtant la seule solution. 

Il est aussi difficile de comprendre la réponse musclée d’Israël à toute agression palestinienne. Ainsi, dans le présent conflit, 10 Israéliens ont été tués par des attaques de roquettes. En réponse, Israël bombarde Gaza sans relâche depuis plusieurs jours, tuant 88 Palestiniens. Les bombes israéliennes ont même complètement détruit un immeuble abritant la plupart des médias étrangers qui couvrent le conflit. C’est comme si Israël ne voulait pas que le monde voit les horreurs de ce conflit.

Le Canada appuie depuis toujours la création d’un état palestinien, mais cette solution devient de plus en plus difficile. C’est cette difficulté qui invite maintenant des ressortissants juifs et palestiniens à manifester violemment dans les grandes villes canadiennes. En fin de semaine, des échauffourées entre manifestants ont dégénéré à Montréal et Toronto. 

On peut comprendre que ces gens soient perturbés par la situation dans leurs pays d’origine et ils ont évidemment le droit de manifester leur mécontentement. Mais il est de plus en plus difficile de comprendre pourquoi des gens qui, souvent, ont immigré ici afin d’échapper à la violence dans leur pays tentent maintenant de l’importer ici. Les autorités ont déjà porté des accusations contre les fauteurs de trouble et nous ne pouvons qu’appuyer ces décisions.

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Les autorités canadiennes ont également sévi récemment contre des institutions et des gens qui contreviennent aux mesures sanitaires liées à la propagation de la COVID-19. En fin de semaine, les forces policières du Québec ont distribué des contraventions à 75 personnes qui s’étaient réunies sans masque et sans distanciation dans une maison de Ste-Béatrix dans la région de Lanaudière. Ces personnes, incluant les propriétaires, sont maintenant passibles d’amendes totalisant 135 000 $. 

En Ontario, un juge a finalement décidé de sévir contre l’église évangélique Church of God à Aylmer, qui continuait d’offrir des services religieux bondés malgré les restrictions sanitaires provinciales. Le juge Bruce Thomas a demandé à la police de verrouiller les portes de l’église et a imposé des amendes totalisant 48 000 $ à l’institution et à ses deux pasteurs. 

Dans ces deux cas, il faut applaudir les autorités qui ont préféré protéger la société plutôt que de se rendre aux arguments factices de personnes qui n’ont aucun respect pour les autres.