L’évolution de La Laurentienne passe par la volonté des étudiants francophones d’étudier dans une université bilingue

Les derniers mois ont été très difficiles pour la communauté de l’Université Laurentienne. Nous avons eu à prendre des décisions déchirantes qui, même si elles ont été prises dans le but d’assurer la pérennité de l’institution, ont fait mal à beaucoup de gens. 

Nous savons pertinemment que la plaie est encore vive, et pour certains, l’incompréhension, la rancœur, et le dépit sont les émotions qui dominent.

Néanmoins, un vent de renouveau souffle à la Laurentienne.

On sent l’effervescence des étudiants lors d’une rentrée qui, il faut le dire, est encore loin d’un retour à la normale. Non seulement nous devons composer avec les impacts de la pandémie, mais aussi avec les répercussions de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) sur notre communauté.

Dans la tourmente entourant la situation actuelle, nous sommes reconnaissants envers nos étudiants, nos professeurs, nos employés, ainsi que toutes les parties prenantes qui ont à cœur le succès de La Laurentienne, pour leur patience et leur profond attachement envers son caractère unique, soit celui d’être une université bilingue dans un milieu triculturel.

La rentrée 2021 nous inspire à aller de l’avant et nous offre l’occasion de recentrer nos efforts sur l’essentiel, soit que nos étudiants puissent vivre une expérience enrichissante qui va les préparer à affronter les défis de demain.

Car on a beau vouloir s’assoir sur certains principes qui sont chers aux membres de notre communauté, on oublie trop souvent celui de l’offre et de la demande. Et l’évolution de La Laurentienne passe par la volonté des étudiants de choisir leur avenir.

En juin dernier, l’Association des Étudiant.e.s Francophones (AEF) de l’Université Laurentienne publiait les résultats d’un sondage effectué auprès de ses membres. Des 298 étudiants qui ont répondu, près de 70% soutiennent une éducation postsecondaire où ils peuvent poursuivre leurs études dans un milieu bilingue qui revendique une culture triculturelle.

Ce n’est donc pas une question d’imposer la volonté de l’administration, mais plutôt de répondre au besoin exprimé d’une université “pour et par les étudiants”.

Certaines voix se sont élevées récemment, dans le contexte d’une campagne électorale qui provoque toujours son lot de dérapages, que la mission de La Laurentienne était d’une époque révolue. 

Au fil des ans, malgré toutes sortes d’obstacles, la Laurentienne a toujours été en mesure de répondre présente.

Nous savons que nous avons beaucoup à faire pour regagner la confiance, raviver la fierté et rebâtir le sentiment d’appartenance envers « notre » université. 

Car c’est bel et bien l’identité de toute une communauté qui est en jeu. 

Depuis plus de 60 ans, l’Université Laurentienne compte parmi l’un des fleurons de notre région. Parfois, c’est vrai, le joyau perd de son lustre, mais avec ardeur et détermination, il peut briller de nouveau de tout son éclat.

Ensemble, c’est ce qu’on compte faire.

Robert Haché est recteur et vice-chancelier à l’Université Laurentienne


NDLR : Il y aura une entrevue avec la recteur de l'Université Laurentienne dans l'édition du 22 septembre du Voyageur.


La réponse à la question de sondage mentionné par Robert Haché