Réjean Grenier
Le Voyageur
Réjean Grenier

Les cons du déconfinement

En temps normal, on s'en accommode. En pandémie, ils nous mettent en danger.

Dans un précédent éditorial, nous abordions brièvement certaines difficultés — en éducation, en santé et dans la population — liées au déconfinement décrété par les gouvernements canadiens. Comme nous pouvons le voir ailleurs dans le monde, le déconfinement est truffé d’embuches qui peuvent déclencher une nouvelle vague d’infections au coronavirus. Une des plus sérieuses embuches demeure cependant la stupidité.

Il y a des cons partout dans le monde et, en général, on s’en accommode. Mais en temps de pandémie, ça devient plus compliqué. Parce que ça nous met tous en danger. Prenons comme exemple le groupe Freedom Keepers de Sudbury, dont les membres croient que le port du masque est une atteinte à leur liberté. Certains ne se contentent pas de ne pas porter de masque, ils vont même jusqu’à causer, par exprès, des scènes dans les commerces qui l’exigent. Ils engueulent le personnel qui leur offre un masque et ils fustigent les clients qui en portent.

Ces espèces de néandertaliens à Sudbury ne sont pas les seuls. D’autres adeptes de théories du complot ont manifesté sur la colline parlementaire à Ottawa et plus d’un millier ont paradé à Montréal et dans d’autres villes en fin de semaine. Ils ont mal à leur liberté.

Le problème est que ces gens sont encouragés par certains leadeurs politiques. Pas au Canada, où les politiciens de tous les partis essaient d’aplanir la courbe de l’infection au virus en préconisant la distanciation et le port du masque. La plupart des politiciens en Europe de l’Ouest sont sur la même page. Et on voit bien que ces mesures ont un effet positif.

Il en va malheureusement bien autrement aux États-Unis et dans d’autres pays régis pas des dictateurs qui mentent comme des arracheurs de dents. Par exemple, en Biélorussie, le dictateur Lukashenko empêche les autorités médicales de déclarer le nombre de décès dû au virus et affirme que la vodka peut éradiquer le virus. Ben oui, chers concitoyens, buvez, ainsi vous oublierez peut-être que je suis en train de voler votre pays!

Au Brésil, le pseudodictateur Bolsanoro continue d’affirmer que la COVID-19 n’est qu’un gros rhume, alors qu’elle a déjà causé près de 100 000 décès en 6 mois dans son pays (en guise de comparaison, 9000 décès au Canada).

On pourrait continuer à nommer des dirigeants qui démontrent leur stupidité abyssale, mais qu’il nous suffise de regarder nos voisins du sud. Il y a bien sûr l’idiot en chef, Donald Trump, qui continue à ridiculiser le port du masque même s’il a récemment commencé à en porter et qui exhorte les autorités des états à relancer l’économie coute que coute. Et le cout est super élevé : 5 millions de cas et 160 000 décès, les pires chiffres dans le monde.

Un rapide survol de la pandémie un peu partout dans le monde devrait pourtant éclairer nos choix. Là où la population suit les directives de santé publique, les cas de COVID-19 ont ralenti. Là où ils écoutent les mégalomanes qui disent n’importe quoi pour rester au pouvoir, les gens meurent à la pelle.