Julien Cayouette
Doug Ford lors de son point de presse du 15 avril.
Doug Ford lors de son point de presse du 15 avril.

Le naturel de Doug Ford commence à revenir

«Nous devons réparer le gouvernement.» — Doug Ford

En répondant à une question sur l’état des soins de longue durée en Ontario et s’il allait apporter des changements à la règlementation pendant sa conférence de presse quotidienne, le premier ministre ontarien Doug Ford a répondu : «[cette crise] va nous permettre de changer beaucoup de choses et pas seulement pour les soins de longue durée.» Il continue en disant vouloir s’inspirer de «l’efficacité» des entreprises privées pour repenser la façon de fonctionner du gouvernement en nommant le système Lean de Toyota.

Les ambitions politiques de M. Ford se montrent le bout du nez derrière cette réflexion. Sa gestion de la crise est bonne jusqu’à présent — quoi que nous soupçonnions que c’est parce qu’il a récemment appris à écouter les gens autour de lui —, mais nous ne pouvons que nous inquiéter de l’après. Avec un gouvernement obsédé par les coupures dans l’appareil étatique et qui, selon certaines analyses, n’est pas parvenu pour autant à créer les économies promises, les temps difficiles dureront beaucoup plus longtemps que la pandémie.

Nous concédons que quelques idées peuvent être empruntées des entreprises pour repenser certaines façons de faire, mais considérer que tout le gouvernement doit fonctionner comme une entreprise serait une erreur. L’objectif premier d’une entreprise est de faire de l’argent, l’objectif premier d’un gouvernement est le bienêtre et la survie de sa population — ce qui inclut bien des choses, dont l’économie.

Le plus souvent, ces deux buts ne vont pas main dans la main. Les histoires d’entreprises qui font des profits monstrueux en détruisant la vie et la santé de leurs travailleurs sont assez nombreuses et connues pour vous éviter de vous en donner des exemples ici.

Les grandes entreprises ne sont pas responsables de la pandémie et de ses conséquences, mais le «faire plus avec moins» qui caractérise plusieurs d’entre elles aurait eu les mêmes conséquences que la mentalité de dépenses minimums adoptée par ce gouvernement, et d’autres avant lui. C’est-à-dire que les réserves de masques auraient quand même été insuffisantes et que les centres de soins de longues durées auraient quand même manqué de personnel et d’espace pour s’occuper de leurs résidents malades.

Penser à long terme n’est pas dans la nature humaine et, pour l’instant, ni les gouvernements ni les entreprises ne le font particulièrement bien.

Il y a tout de même des choses à tirer des efforts des entreprises. Nous espérons plutôt qu’ils s’inspireront de la générosité de certaines et de leur capacité à changer de direction plus rapidement.

M. Ford croit que le gouvernement doit apprendre des entreprises, nous pensons plutôt qu’ils doivent échanger leurs meilleures pratiques tout en planifiant à plus long terme pour le bien de la société, pas du 1 %.

Réjean Grenier

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