Le déconfinement

Il faudra faire attention à ceux qui ne font pas la différence entre déconfinement et retour à la normale

Les prochains mois risquent d’être les plus dangereux depuis le début de la pandémie causée par le nouveau coronavirus. À cause du déconfinement. Il nous faudra maintenant redoubler de prudence alors que certains se croiront revenus à la normalité.

Depuis presque deux mois, nous sommes confinés à la maison. Les restaurants et bars sont fermés ainsi que la plupart des magasins. Les parcs, les sentiers pédestres et les plages (comme s’il avait fait assez chaud pour y aller) aussi. La plupart des entreprises qui sont restées en activité le font grâce au télétravail de leurs employés. Quant aux commerces essentiels — épiceries, pharmacies, bureaux médicaux, etc. — qui continuent à desservir les clients, ils ont dû mettre en place des mesures de distanciation physique afin de protéger clients et travailleurs — petits cercles au plancher à 2 mètres de distance, flèches indiquant la direction que doivent suivre les clients, plaques de Plexiglass devant les caisses.

Pendant les dernières semaines, la plupart des Canadiens ont suivi ces règlements. Quand on marche dans son quartier, une des personnes marche dans la rue, l’autre sur le trottoir. Quand on rencontre un ami à l’épicerie, on ne se serre pas la main et on se dit bonjour à distance. On se téléphone ou texte plutôt que de se visiter. C’est le confinement.

Depuis une semaine, tous les gouvernements canadiens parlent de déconfinement. En fait, c’est l’économie qui parle. L’arrêt des activités commerciales a créé d’immenses trous dans les budgets partout dans le monde. Du simple travailleur qui a perdu son emploi, aux entreprises qui enregistrent des pertes records, aux gouvernements qui accumulent des déficits imprévus, tout le monde est en difficultés financières. Le déconfinement est donc devenu indispensable.

Mais attention. Si la plupart des Canadiens ont effectivement suivi les consignes de confinement, nous avons tous vu des hurluberlus qui s’en sont moqués comme de l’an quarante, se mettant, ainsi que les autres, en danger. Ces personnes vont maintenant penser qu’elles ont raison et augmenter les risques pour tout le monde. Mais le vrai problème avec le déconfinement, c’est le laisser-aller qu’il risque de susciter chez ceux et celles qui, jusqu’à présent, ont été obéissants. Tannées d’être enfermées chez eux, plusieurs personnes se remettront à vivre comme avant le virus, serrer les mains, donner des caresses, faire des partys, s’agglutiner autour d’un bar, draguer, etc.

Pendant les prochains mois, nous aurons le droit de recevoir notre famille, de prendre un verre avec quelques amis, d’aller à plusieurs magasins qui rouvriront, d’aller au chalet et peut-être même de voyager. Mais n’oublions pas qu’il sera aussi hyper important de maintenir un minimum de mesures préventives comme la distanciation physique et le port de masque et de gants. Sinon, nous risquons de connaitre une recrudescence massive de la COVID-19.

Et ne nous leurrons pas, cette maladie tue. En début de semaine, on comptait au Canada 5800 décès dus à la COVID-19. C’est plus que la population entière de plusieurs petites villes du Nord. C’est ben du monde à messe… de funérailles.

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