La haine est un virus

Un message du président de Fierté Sudbury Pride.

Ceci n’est pas une demande d’arrêter d’être haineux. Évidemment, ça serait bien, mais j’ai été témoin d’assez de haine dans ma vie pour savoir que ce n’est pas un simple texte dans un journal qui va tout changer. La haine existe depuis bien longtemps et elle perdurera bien après que les dernières traces de ce texte auront disparu. Ceci est plutôt une demande de prendre une sabbatique de la haine, une simple journée de congé où on n’est pas haineux. Une bonne journée à choisir serait le 17 mai, la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie. Pourquoi celle-là? Parce qu’encore aujourd’hui, la communauté LGBTQ+ connait trop bien ce que la haine peut faire à une société.

Pour commencer, je ne m’adresse pas aux gens qui proclament ouvertement leur haine pour des groupes marginalisés ou vulnérables; franchement, je ne suis aucunement intéressé d’avoir une conversation avec eux. Ceci est plutôt pour vous, personne qui ne se croit pas haineuse. Vous pourriez dire que c’est beau tout ça, mais que ça ne vous implique pas, que vous n’êtes pas une personne haineuse, que vous respectez le choix de vie de ce monde-là, que vous n’avez pas de problème avec eux, que même, quelle coïncidence, une de vos meilleures chums en est une de même. Mais la haine peut être infiniment plus subtile ; autant qu’elle puisse être un coup de poing dans la face, elle peut aussi être un virus qui prend son temps et se propage sous la surface. Il se peut bien que vous ne sachiez même pas que ce que vous disiez ou ce que vous faites témoigne de comportement haineux, mais la cible le saura très bien. Ce qui compte dans cette situation, c’est le résultat, non l’intention. Autant qu’un commentaire puisse vous sembler banal, pour une personne qui se sent visée, celui-ci s’ajoute à tous les autres commentaires semblables qu’elle a entendu à son égard. Ça peut être la goutte qui fait déborder le vase.

Les enfants et les jeunes connaissent ce phénomène très bien. Lorsque vous avez des croyances haineuses, vos enfants, des éponges ambulantes, aspirent cette eau de vaisselle idéologique malodorante et risquent d’intérioriser ce discours et/ou de le régurgiter. Pour un jeune gai ou trans, des commentaires ou des blagues lancées comme ça dans l’univers peuvent avoir un impact qui perdurera. Surtout en période de confinement, où plusieurs jeunes sont avec leurs parents et se sentent obligés de se cacher à nouveau dans le placard sans l’appui ou la présence d’un cercle d’amis accueillant, des expressions de haine frappent encore plus fort. Ça peut être carrément dangereux pour eux et, parlant d’expérience, ce sont des lésions et des cicatrices qui peuvent prendre des années à guérir.

La communauté LGBTQ+ ne l’a jamais eu facile, mais je ne me fais pas d’illusions à son égard. Nous ne sommes pas parfaits ou irréprochables ; je connais plusieurs personnes qui croient, disent et font des choses absolument misogynes, transphobes, racistes, antiautochtones, islamophobes et j’en passe. La haine est un problème partout que nous pouvons surmonter, ensemble, un jour à la fois. En cette journée, je vous invite à prendre un moment de réflexion, de peut-être faire un peu de recherche et de penser la prochaine fois avant de dire quelque chose à l’égard d’un membre de ma communauté, ou encore une personne trans. Si c’est encore abstrait pour vous, pensez à comment on entend parfois parler des francophones et les obstacles auxquels on a dû faire face.

Je ne cherche aucunement à brimer votre liberté d’expression ni à vous faire la morale. Vous pouvez vous sentir bien à l’aise de croire et d’exprimer tout ce que vous voulez, mais ne vous attendez pas à ce que nous nous taisons ou qu’il n’y aura pas de conséquences. Ce moment-là de notre histoire est passé et nous ne laisserons pas notre société y retourner ; nous ne pouvons plus demeurer silencieux face à la haine. Ce qu’il nous faut, c’est l’amour.

Alex Tétreault

Président, Fierté Sudbury Pride

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