Réjean Grenier

Gouverner dans le chaos

Le gouvernement Trudeau réélu devra composer avec la division canadienne, mais aussi avec celle de l’ordre mondial.

Au moment d'écrire ces linges, les impératifs liés à l’impression du journal — heure de tombée le lundi 15 h — empêchaient Le Voyageur de publier un éditorial sur les résultats électoraux. Nos fidèles lecteurs devront donc attendre la semaine prochaine avant de savoir ce que nous pensons du gouvernement élu cette semaine. Entretemps, il serait peut-être bon de réfléchir au monde dans lequel ce gouvernement, quelle que soit sa couleur, devra gouverner.

D’ores et déjà on peut dire que ce ne sera pas facile.

Il y a une vingtaine d’années, un nouveau gouvernement canadien pouvait prendre les rênes du pouvoir en sachant qu’il s’insèrerait plus ou moins confortablement dans un ordre mondial défini et accepté par la plupart des pays. La guerre froide qui menaçait le monde depuis les années 1950 était terminée et les pays de l’Est s’acheminaient cahincaha vers la démocratie; l’Europe poursuivait son unification et demeurait un bloc stable; notre voisin du sud demeurait notre plus grand partenaire commercial et allié; l’Asie et l’Afrique se modernisaient et devenaient de vastes marchés économiques où on pouvait faire des affaires même si la démocratie y était chancelante.

Le monde a bien changé en peu de temps. Aujourd’hui, les trois plus grandes puissances, les États-Unis, la Chine et la Russie sèment le chaos sur la planète; l’Angleterre, ce petit pays qui se croit encore grand, joue du coude avec l’Europe, cette Europe qui, elle-même, n’en mène pas large face au scepticisme des électeurs dans plusieurs pays membres; l’Asie et l’Afrique sont devenues des théâtres de guerres commerciales entre les trois grands; des «fous de Dieu» adoptent la violence pour nous faire gober leurs croyances; plusieurs pays, hier encore des exemples de démocratie vibrante, ont élu des démagogues qui accaparent de plus en plus de pouvoir…  et de richesse personnelle.

Et tout ça, sans même parler des réseaux sociaux qui sèment la pagaille en nous faisant croire que nos opinions sont des faits et que ceux qui ne sont pas d’accord sont des ennemis.

Quelle merde!

Voilà le monde dans lequel nous venons d’élire un nouveau gouvernement. S’il y a une chose dont nous pouvons être fiers, c’est bien que nous ayons encore pu voter selon notre conscience, pour ou contre le gouvernement précédent. Bien sûr, nous avons peut-être subi des pressions ou vu des mensonges sur les réseaux sociaux, mais notre système électoral a survécu.

Cela étant dit, notre nouveau gouvernement, lui, aura pas mal de défis. Comment tirer son épingle du jeu face à un président américain instable et sans aucun gros bon sens? Comment faire face à une Chine sans foi ni loi qui veut étendre son hégémonie et son système autocratique sur le monde entier? Comment aider les pays africains à augmenter le niveau de vie de leurs citoyens sans pour autant verser dans l’autocratie et la surconsommation? Et, surtout, comment assurer que les Canadiens continuent à avoir confiance dans leur système politique qui, malgré ses faiblesses et ses ratées occasionnelles, demeure un modèle pour le monde.

Bonne chance aux élus.

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