Finalement un peu d’action

Ce qui s’annonçait être une autre course à deux, entre conservateurs et libéraux, pour les élections fédérales est en train de se transformer.

Au Québec, le Bloc québécois prend de plus en plus de place. Dans d’autres parties du Canada, c’est le Nouveau Parti démocratique, et son chef Jagmeet Singh, qui a gagné en sympathisants au cours des derniers jours. Les derniers sondages indiquent un gain de 13 % d’intention de vote pour le NPD par rapport au début de la campagne.

La tendance se voit également dans le Nord de l’Ontario. Il y a quelques semaines, les députés sortants de Sudbury et Nickel Belt, Paul Lefebvre et Marc Serré, semblaient assurés de conserver leur poste. En date du 14 octobre, le site 338canada.com (canada.qc125.com en version française) indique une course plus serrée à Sudbury entre libéral et NPD — Paul Lefebvre et Beth Mairs — tandis que, dans Nickel Belt, Stef Paquette aurait légèrement pris les devants sur Marc Serré dans les intentions de vote.

Pendant ce temps, les néodémocrates Charlie Angus dans Timmins-Baie James et Carole Hughes dans Algoma-Manitoulin-Kapuskasing ont conservé une avance confortable, de même qu’Anthony Rota dans Nipissing-Temiskaming, faut-il mentionner.

Cette tendance est certainement le résultat d’une multitude de facteurs influencés par les performances de tous les partis, mais regardons-en deux.

Les analystes ont mentionné à plusieurs reprises que le chef néodémocrate semblait avoir du plaisir en campagne et dans les débats télévisés. Les téléspectateurs ont probablement fait le même constat. Les débats ont permis à M. Singh de se faire mieux connaitre de la population, car il partait de loin en début de campagne; le chef du NPD avait eu peu de visibilité. Il est possible que les électeurs aient été conquis par son ton plus convivial et désinvolte; un effet très similaire à ce que Justin Trudeau a réussi à faire en 2015.

Et il y a peut-être une partie d’entre eux qui aimeraient voir une rencontre entre Donald Trump et Jagmeet Singh!

Deuxièmement, au cours de la fin de semaine, il semble avoir adopté une nouvelle tactique pour attirer le vote : ouvrir grande ouverte la porte à une coalition contre les conservateurs, même si ces derniers avaient plus de sièges.

Il ne faut pas s’en cacher, une partie des électeurs qui préfèreraient le NPD votent rouge dans l’espoir de fermer la porte aux bleus. Pour que des intentions de vote passent du rouge au orange, il faut que ces votes dits stratégiques soient abandonnés.

En confirmant qu’il n’appuierait jamais un gouvernement conservateur, M. Singh a sans doute rassuré beaucoup d’électeurs qui craignent un gouvernement conservateur (probablement) minoritaire. Si le NPD dit vouloir travailler avec les libéraux, les verts et les bloquistes contre les conservateurs, un retour en élections dans 18 mois — comme c’est souvent le cas avec un gouvernement minoritaire — devient moins une certitude.  

Après tout, si les conservateurs ont présentement l’appui d’environ 32 % des Canadiens, cela signifie qu’ils sont rejetés par l’autre 68 %... Trois ou quatre partis à la tête du pays pour représenter les convictions d’un plus grand nombre d’électeurs… quelle utopie! De là le besoin d’un nouveau système de scrutin, mais ça, c’est un autre débat.

Ces élections n’ont pas été des plus palpitantes. On en retiendra probablement plus les semi-scandales de déguisements, de nombre d’avions et de citoyenneté que les petites annonces sans envergures. Mais ces nouvelles données laissent entrevoir une soirée électorale et un début de mandat remplie de rebondissement.

Nous ne vous dirons pas pour qui voter, nous allons simplement vous demander — voire vous supplier — d’aller voter et de le faire selon vos propres convictions. Qui croyez-vous a le plus de chance de bien gérer les finances publiques et d’augmenter les revenus? Qui a plus de chances de sortir des milliers de Canadiens de la pauvreté? Qui a un meilleur plan pour l’environnement?

Bleu ou rouge, mais surtout pas en même temps!

En politique, nous, Canadiens — surtout de l’Est du pays — sommes passé maitres dans l’art de dire une chose et son contraire. Ou, comme disent les Anglais, «speaking from both sides of our mouth». C’est en tout cas ce que démontrent les élections des quelques dernières années. En fait, on peut voir cette tendance depuis plusieurs décennies. Nous avons un don pour élire des gouvernements d’une couleur au provincial et leurs opposants au fédéral.

Politique canadienne

Dans sa première chronique pour Francopresse, Réjean Grenier analyse le nouveau Groupe des sénateurs canadiens.

Commencer une nouvelle chronique qui paraitra dans plusieurs médias est un peu énervant. On se demande quel style adopter, un ton enjoué ou «deadpan» sérieux, une accumulation de faits ou plutôt une analyse mêlée d’opinions? On se questionne aussi sur le sujet. Quelle question intéressera des lecteurs de partout au pays? Peut-on trouver un angle national à la hausse d’impôts fonciers à Saskatoon ou la réfection des routes à Sudbury? L’élection de gouvernements conservateurs purs et durs au Nouveau-Brunswick et en Ontario pourrait-elle avoir une incidence sur les Franco-Manitobains? Voilà des questions que je tenterai de démêler dans les prochains mois.

Éditorial

Dans la tragédie grecque Antigone, l’auteur-philosophe Sophocle nous force à réfléchir à la moralité versus la légalité d’un geste.

Dans ce récit, Antigone veut inhumer son frère selon la tradition qu’elle considère la loi des dieux. Pour ce faire, elle doit cependant enfreindre un décret du roi Créon qui a banni cette inhumation. Longue histoire courte, Antigone le fait quand même et mourra. Le dilemme philosophique au cœur de cette histoire, écrite en 441 av. J.C., se retrouve aujourd’hui d’actualité ici même à Sudbury, au 21e siècle.

Bon, le geste posé ici et les conséquences qu’il pourrait entrainer sont bien petits comparés à un décret royal et à la peine de mort évoqués dans Antigone. Les tragédies grecques ne badinent pas avec de simples affichettes. Mais la question fondamentale demeure : est-il juste de contester illégalement un décret gouvernemental quand on croit fermement que cette loi est injuste?

L’histoire locale commence sur un réseau social — modernité oblige — lorsqu’un employé d’un politicien libéral écrit qu’il vient d’enlever sa centième affichette anti-taxe du carbone que le gouvernement Ford a obligé les stations-service à apposer sur les pompes à essence. La règlementation concernant ces autocollants prévoit des amendes importantes pour les stations-service qui refuseraient de les afficher ainsi que des pénalités moindres pour quelqu’un qui les endommagerait.

Au début, le commentaire Facebook ne fait pas trop de vagues. Mais assez rapidement, les conservateurs locaux s’en mêlent. Un ministre du gouvernement Ford souligne même la question en Chambre. Certains se demandent pourquoi le fautif n’a pas encore été accusé.

Une dizaine de jours plus tard, l’arracheur d’affiches publie un second commentaire sur le sujet. Il s’excuse et affirme qu’il ne voulait surtout pas convaincre d’autres personnes à poser ce geste. Il admet l’illégalité de son geste et promet de ne plus recommencer. Il explique qu’il appuie la taxe sur le carbone et que les affichettes sont trompeuses. Son commentaire sous-entend que son geste était moralement justifié. Ce n’est évidemment pas assez pour ses opposants politiques qui attendent toujours une accusation. Pour l’instant, celle-ci tarde.

Dans le monde actuel, où la politique divise plus qu’elle ne rassemble, on voit ce genre de geste illégal tous les jours dans le monde. Que ce soit les manifestants qui défient l’interdiction d’organiser des défilés à Hong Kong ou les environnementalistes qui bloquent l’accès à la construction d’un oléoduc en Colombie-Britannique, toutes ces manifestations nous ramènent au questionnement de Sophocle. Et le phénomène ne fera que s’amplifier tant que les réseaux sociaux continueront à nous laisser croire que nos opinions sont des faits avérés.

Il n’y a qu’une solution à ce dilemme, il faut que nous apprenions à non seulement questionner les valeurs de nos opposants, mais aussi nos propres opinions, notre propre logique. Pour ça, il faut s’instruire.

Comme le disait si bien un autre sage, les ignorants croient qu’ils ont toujours raison, les gens qui s’instruisent doutent de tout.

Éditorial

Le vert «lousse» des conservateurs, la représentativité de l’AFO et la division canadienne.

Le gouvernement de l’Ontario a de la difficulté à comprendre les nombreuses significations du mot «vert». En début de mandat, il s’est attaqué simultanément au Franco-Ontarien — et leur drapeau vert et blanc par extension — et à l’environnement…

Éditorial

Le gouvernement Trudeau réélu devra composer avec la division canadienne, mais aussi avec celle de l’ordre mondial.

Au moment d'écrire ces linges, les impératifs liés à l’impression du journal — heure de tombée le lundi 15 h — empêchaient Le Voyageur de publier un éditorial sur les résultats électoraux. Nos fidèles lecteurs devront donc attendre la semaine prochaine avant de savoir ce que nous pensons du gouvernement élu cette semaine. Entretemps, il serait peut-être bon de réfléchir au monde dans lequel ce gouvernement, quelle que soit sa couleur, devra gouverner.

D’ores et déjà on peut dire que ce ne sera pas facile.

Éditorial

«Juste vote vot’e vote»

Un monde sans avarice

Une réponse de Stef Paquette lors d’un débat sur l’environnement : «Nous ne trouverons jamais la solution aux changements climatiques si nous ne trouvons pas le remède contre l’avarice.»

On est un peu fâché… On avait la même phrase en tête depuis longtemps, simplement pas eu la chance d’écrire sur le sujet. On y reviendra… un jour.

«Juste vote vot’e vote»*

Le jour du scrutin approche. Toutes les petites cartes d’électeurs sont envoyées. Le vote par anticipation se déroulera du 11 au 14 octobre… Quelle excuse vous reste-t-il pour ne pas aller voter?

Il y a plein de données excitantes qui donnent envie d’aller voter. Par exemple, le poids démographique des 18 à 30 ans. S’ils veulent changer les choses, ils en ont le pouvoir… en allant voter.

Il ne faut pas avoir peur de voter selon ses croyances, ne pas sombrer dans la morosité du vote stratégique.

Il ne faut pas avoir peur d’un gouvernement minoritaire, qui est, selon nous, la meilleure façon de modérer un parti au pouvoir — imaginez si Doug Ford avait été minoritaire…

Exprimez votre division, que les grands partis comprennent qu’ils ne peuvent plus faire de la politique comme avant. Que la partie se joue maintenant à quatre, et non à deux.

* Une autre citation de Paul Etychen

Éditorial

Les portes des écoles ontariennes sont encore ouvertes, mais de justesse. Et peut-être pas pour très longtemps.

Une grève des 55 000 employés de soutien des conseils scolaires a été évitée grâce à une session marathon de négociation en fin de semaine. On doit féliciter le gouvernement et le syndicat qui ont réussi à trouver un compromis permettant à des centaines de milliers d’élèves de poursuivre paisiblement leurs études… pour l’instant. Parce que la saison des négociations en éducation ne fait que commencer et la paix est loin d’être assurée.

Éditorial

C’est comme rien dire

En tant que journaliste, on s’y est habitué, mais les réponses vagues et toutes faites des politiciens restent frustrantes quand on pose une question claire. À un tel point que l’on se demande à quoi servent les périodes de questions à la fin des conférences de presse.

Justin Trudeau nous en a servi un bel exemple lors de son rapide passage à Sudbury le 26 septembre. Toutes les questions sortant du sujet de la conférence de presse en cours recevaient des réponses comme : «Nous nous engageons à appuyer…» ou «Nous allons continuer de travailler avec…»

Rien de précis, que du flou. On peut comprendre la peur du faux pas. C’est tellement impressionnant le nombre de micros et de caméras qui suivent un chef de parti en campagne électorale, il n’y a pas de place à l’erreur. Mais ça n’enlève en rien à l’impression que les politiciens évitent les questions délicates.

Courrier des lecteurs

À l’approche du scrutin fédéral, les réseaux sociaux sont inondés de mèmes à l’endroit des partis politiques et de leur chef.

Je sursaute à chaque fois que j’en vois passer un invitant les citoyens à voter conservateur pour mettre fin aux déficits répétés des libéraux ou vice versa, comme si l’un faisait mieux que l’autre.

Éditorial

Nous avons pour l'instant trop peu entendu parler des vrais problèmes qui nous guettent dans l'élection fédérale.

Comme dirait Paul Etychen : «Où l’enviro’ment?»

Pendant que les sondages démontrent, les uns après les autres, que l’environnement et la crise climatique sont l’une des priorités de l’électorat canadien, les annonces pour la cause par les chefs se font extrêmement rares.

La discussion existe à d’autres niveaux, mais pas à la tête pour le moment. Sauf venant du Parti vert, évidemment.

Éditorial

Depuis quelques années, le discours politique devient de plus en plus vitriolique. On voit ça surtout sur les réseaux sociaux où plusieurs internautes affichent leur opposition par de commentaires particulièrement haineux. Il est alors facile d’attribuer ces dérapages à des gens qui n’ont évidemment pas de savoir-vivre. Mais il est difficile de pardonner un tel discours lorsqu’il est propagé par les politiciens eux-mêmes.

On pense, entre autres, à Donald Trump aux États-Unis, à Jair Bolsonaro au Brésil, à Rodrigo Duterte aux Philippines qui nous ont habitués à la vulgarité, à la discrimination, à la haine et même à la violence. Mais il n’est pas nécessaire d’aller aussi loin pour trouver des politiciens mal engueulés. Le conseiller municipal de Sudbury, Robert Kirwan, se taille depuis quelques années une place de choix dans ce palmarès douteux. Mais son attitude irrespectueuse envers les conseillers municipaux et les électeurs qui ne sont pas d’accord avec lui vient de le rattraper.

Éditorial

Quelques évènements qui ont retenus notre attention au cours de la première semaine de campagne électorale fédérale.

Chacun son tour

Le premier débat des chefs en anglais, organisé par CityTV et le magazine McLean’s, a eu lieu le 12 septembre sans Justin Trudeau qui a dit vouloir se limiter aux débats officiels qui seront organisés par le consortium des médias. Plusieurs ont dit que son absence était une perte. Nous, on a trouvé ça rafraichissant.