Engagement envers une Laurentienne triculturelle

Lettre de Robert Haché, recteur et vice-chancelier de l’Université Laurentienne

Il n’y a pas de «récit universel» pour les étudiants de l’Université Laurentienne. À la découverte de soi, ils ont des perspectives dynamiques et diversifiées qui s’opposent parfois. Pourtant, ils sont aussi membres d’une communauté animée en partie par des conceptions partagées du monde.

Depuis 60 ans, nous avons dispensé une formation à quelque 66 000 leadeurs visionnaires qui soutiennent l’idée de renforcer la prospérité de leurs communautés, de l’alimenter et d’y contribuer, ici dans le Nord, partout en Ontario et ailleurs aussi. 

Les étudiants de la Laurentienne sont multiculturels et très hétérogènes. Leur curiosité est le moteur de leur apprentissage, de leur scolarité et de leur recherche. Les relations entre eux et avec la communauté sont l’une de leurs priorités. Ils sortent des sentiers battus par rapport à leur famille et au nom de communautés partout dans le monde.

Avant tout, ils rendent honneur à nos racines triculturelles et célèbrent les cultures autochtones et francophones ici en Ontario, sur l’ile de la Tortue et sur la Terre entière. 

La Laurentienne est la seule université au Canada qui remplit un mandat triculturel, offrant une expérience universitaire en français et en anglais avec une approche globale de l’éducation autochtone. Nous sommes fiers de ces principes — ils font partie de notre histoire et de nos aspirations en tant que communauté. 

L’avenir de notre mandat triculturel a fait couler beaucoup d’encre, mettant en cause la préservation du caractère sacré de notre identité culturelle alors que nous nous restructurons en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

Cependant, comme j’ai indiqué dans une lettre ouverte à la communauté, la nouvelle Laurentienne mettra en évidence et valorisera les programmes, l’apprentissage, l’enseignement et les principes autochtones et francophones qui font partie intégrante du tissu de notre communauté universitaire. 

La nouvelle Laurentienne accordera à notre communauté la possibilité de se réinventer et d’approfondir son engagement envers la formation autochtone et de langue française. Elle sera une université où les étudiants sont diversifiés et sensibilisés sur le plan culturel, immergés dans plus d’une langue et fiers de ces faits. 

La nouvelle Laurentienne nous donnera l’occasion d’être à la hauteur de la promesse de notre mandat triculturel en faisant éclore davantage notre trilinguisme bourgeonnant et accentuant notre respect, notre fierté et notre enthousiasme pour la langue anishinaabemowin dans le cadre de l’identité triculturelle de notre communauté. 

Nous soutiendrons consciencieusement les appels à l’action de la Commission de vérité et de réconciliation et travaillerons pour rétablir nos relations avec les Premières Nations, les Métis et les Inuits tout en honorant nos liens avec la terre et l’histoire du territoire traditionnel des Atikameksheng Anishnawbek sur lequel se situe la Laurentienne. 

Nous célèbrerons la vaillance et la ténacité des collectivités autochtones partout sur l’ile de la Tortue, rendant hommage à l’action sociale des nombreuses personnes de la communauté Laurentienne qui aident à faire avancer l’inclusion et la vitalité de la langue anishinaabemowin sur notre campus.

Ensemble, nous continuerons à rédiger l’histoire de la Laurentienne : l’une dans laquelle nous montons à la hauteur de nos aspirations comme communauté d’apprenants, fermes dans notre résolution d’exploiter notre potentiel, comme acteurs du changement qui façonnent l’avenir des collectivités dans le Nord, en Ontario, partout sur l’ile de la Tortue et ailleurs.