Josée Forest-Niesing
Josée Forest-Niesing

En hommage à mon amie Josée

Pierre Riopel, président du conseil de gouvernance de l'Université de Sudbury

Que de précieux moments j’ai partagés autour d’un café avec Josée Forest-Niesing à l’automne 2017!

La nouvelle de son décès a été difficile à encaisser. Josée n’était pas pour moi qu’une avocate ou une leadeur pour l’avancement des droits des francophones et des autochtones. Si elle représentait pour l’ensemble du pays une femme profondément dévouée à l’avancement de la justice sociale, elle était, pour moi, d’abord et avant tout, une amie.

J’ai appris à bien la connaitre à mon arrivée à ce qu’on appelait à l’époque le Conseil des régents (maintenant le Conseil de gouvernance) de l’Université de Sudbury en 2012. Les défis étaient différents, mais on pouvait néanmoins compter sur une équipe du tonnerre. Josée était alors à la présidence du conseil. Quelle force de la nature! Elle a mené le dossier de la gouvernance de l’établissement avec diplomatie, tact et sagesse. Elle nous a guidés à travers des hauts et des bas avec énormément de rigueur et un grand humanisme. Surtout et à son contact, j’ai beaucoup appris.

Disons-le : si l’Université de Sudbury est une institution avec des fondements solides et un avenir prometteur, c’est en grande partie grâce son leadeurship. Nous recueillons aujourd’hui les fruits de son engagement indéfectible.

C’est le style de leadeurship de Josée qui m’a le plus frappé. D’une part, elle allait toujours au-delà de ce qui est attendu d’elle, puisqu’elle s’investit dans ses tâches avec une authenticité remarquable. Le dossier du postsecondaire, c’est-à-dire celui de l’accès à l’éducation en français et auprès des peuples autochtones, lui tenait profondément à cœur.

D’autre part, elle avait ce don de rallier les gens autour d’une cause. Elle pouvait inspirer dans ses collègues un profond désir de réaliser les objectifs, puisque ceux-ci ne représentaient pas uniquement ce qui était bon pour l’institution, mais davantage ce qui était nécessaire pour l’avenir de notre société.

Je retourne à ce fameux café qu’on a partagé en 2017, celui qui a guidé la trajectoire de mon engagement communautaire. C’est lors de ce rendez-vous que Josée m’a proposé d’assurer sa relève à titre de président du conseil. On ne savait pas encore à l’époque qu’elle allait être appelée à siéger à la Chambre haute du Parlement du Canada. On ne savait pas, non plus, que l’Université allait être plongée dans un immense tourbillon.

Lors de ce café, on a parlé de tout et de rien. Elle avait cette facilité de rendre les gens à l’aise et de leur donner confiance. Lorsque j’y pense, c’était une rencontre charnière, même si nous ne le savions pas. J’ai accepté de relever le défi qui m’était proposé.

Ce que je retiens de ma conversation avec Josée c’est comment elle a fait appel à une valeur qui m’a toujours été chère : celle du devoir. Le devoir de servir sa communauté. Le devoir d’avoir le courage de ses convictions. Le devoir de travailler pour le bien commun. C’est une valeur partagée que nous avons héritée de nos pères, anciens du Collège du Sacré-Cœur. Josée nous a fait preuve de son sens du devoir tout au long de sa vie, et ce, dans l’ensemble de ses dossiers. 

Dans les derniers mois, Josée a été particulièrement engagée pour appuyer notre ville et nos institutions postsecondaires. On lui doit une fière chandelle pour son œuvre autour de cet enjeu. Son combat contre la COVID-19 ne l’a pas empêché de me souffler des mots d’encouragement, même jusqu’aux derniers moments.

Samedi dernier, nous avons perdu notre sénatrice. Samedi dernier, j’ai perdu mon amie. Après avoir encaissé le choc, je regarde néanmoins vers l’avenir avec la profonde conviction que son étoile continuera de veiller sur nous. En effet, je ne peux faire autrement que de la remercier de tout mon cœur, puisqu’elle continue, et continuera de m’inspirer.