Réjean Grenier
«En Chine, tout est surveillé. Les journaux appartiennent à l’État, les réseaux sociaux sont soumis à une censure draconienne, les entreprises doivent se conformer à des lois qui les obligent à faire ce que le gouvernement exige.»
«En Chine, tout est surveillé. Les journaux appartiennent à l’État, les réseaux sociaux sont soumis à une censure draconienne, les entreprises doivent se conformer à des lois qui les obligent à faire ce que le gouvernement exige.»

«Deux innocents en Chine rouge» (1)

La Chine doit être mise au banc des nations civilisées.

Les accusations d’espionnage portées la semaine dernière par la Chine contre deux citoyens canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, donnent un tout autre sens au titre de ce livre publié en 1961 par Jacques Hébert et Pierre-Elliot Trudeau. Et le fait que ce soit le fils Trudeau qui soit «pogné» avec cette situation rocambolesque est quand même un cruel retour de l’Histoire.

Tirons d’abord une chose au clair. Il est assez rare de lire une chronique à caractère international dans les publications de Francopresse et les journaux destinés à des lecteurs du Canada français. Mais il est des sujets qui transcendent notre petite bourgade d’irréductibles Francos qui relèvent plutôt de notre humanité et que nous ne pouvons passer sous silence. Tel est le sort des deux Michael aux mains du gouvernement de la Chine.

Dans leur livre de 1961, Hébert et Trudeau sont assez complaisants avec le régime chinois. Comme l’écrira plus tard Micheline Legendre, une des trois autres personnes à avoir accompagné les auteurs dans leur visite protocolaire de la Chine en 1960, ils ont surtout écrit ce livre pour mousser leurs propres réputations. Cette complaisance portera d’ailleurs le Canada, sous la gouverne du premier ministre Trudeau (1968-70 et 1980-84), à être un des premiers pays occidentaux à reconnaitre le régime chinois.

Cette reconnaissance diplomatique marquera d’ailleurs l’Histoire moderne, puisque la plupart des pays occidentaux emboiteront le pas. C’est entre autres ce qui a permis aux capitalistes du monde entier de relocaliser leur production en Chine, où la dictature communiste leur assurait une main-d’œuvre soumise et bon marché. C’est ainsi que la Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale et qu’elle occupe un des sièges permanents au Conseil de sécurité de l’ONU. Au grand malheur du monde.

Malheur, parce que le régime chinois est passé maitre en duplicité, en propagande ethniciste auprès de sa population et en diplomatie du bras de fer auprès du reste du monde.

Cette dictature a d’abord assujetti ses propres citoyens. On se souvient tous de la fameuse «révolution culturelle» de Mao Zedong» — dans le temps, on disait Mao Tsé-toung — à la fin des années 1960. Pendant cette «révolution», des centaines de millions de Chinois ont été persécutés, des millions sont morts. Ça donne une idée de ce dont ce régime est capable. Et ça continue!

En Chine, tout est surveillé. Les journaux appartiennent à l’État, les réseaux sociaux sont soumis à une censure draconienne, les entreprises doivent se conformer à des lois qui les obligent à faire ce que le gouvernement exige. Des millions de caméras captent même les expressions des visages et les mouvements de tous les Chinois afin de «déterminer s’ils sont de bons citoyens». Des millions de «mauvais Chinois» sont ainsi envoyés dans des «camps de rééducation». Demandez aux Ouïgours et aux Tibétains.

Depuis l’accession au pouvoir du mégalomane Xi Jinping, la Chine tente d’étendre son hégémonie sur la planète. Elle a créé l’armée la plus puissante au monde. Elle étend par la force ses frontières autant au nord de l’Inde que dans la mer de Chine. Et elle a le culot de s’insurger contre tous les pays qui ne se plient pas à ses quatre volontés!

C’est ainsi qu’elle a emprisonné les deux Michael, en réaction à la détention au Canada de Meng Wanzhou, qui n’est en somme qu’une directrice de compagnie chinoise accusée de fraude.

C’est ce qu’on appelle «hostage diplomacy», la diplomatie par prise d’otages. Y a-t-il plus crasse que de s’en prendre à deux innocents pour punir un pays avec lequel on n’est pas d’accord? Et de les maintenir en prison pendant plus de 500 jours dans des conditions inhumaines : lumières allumées 24 heures sur 24, six à huit heures d’interrogatoire par jour, impossibilité de voir leur famille ou leurs avocats, interdiction de consulter les services diplomatiques canadiens. Hal-lu-ci-nant!

On pourrait écrire longuement sur les méfaits du gouvernement chinois, mais une chose est claire : tant que ce régime sera au pouvoir, la Chine devrait être jetée en dehors du G7 et du G20, perdre son siège au Conseil de sécurité de l’ONU ainsi qu’à toute instance internationale. En somme, la Chine doit être mise au banc des nations civilisées.

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(1) Hébert, Jacques, Trudeau, Pierre-Elliot, Deux innocents en Chine rouge, Éditions de l’homme, Montréal, 1961.

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