Réjean Grenier

De banques et de loterie

Une lettre à l’éditeur du Sudbury Star et un article dans le Globe and Mail nous apprenaient récemment comment nos banques et la Société des jeux et des loteries de l’Ontario sont des rapaces, même en temps de pandémie. L’histoire concerne l’achat en ligne de billets de loterie.

Le tout débute quand Peter Browne, un Sudburois semi-retraité, utilise une carte de crédit pour effectuer quatre achats en ligne de billets de loterie d’une valeur de 64 $. Il se dit alors que, pendant le confinement dû au coronavirus, c’est probablement plus sécuritaire que d’aller acheter à son dépanneur habituel. Lorsqu’il reçoit sa facture de carte de crédit, sa banque lui impute des frais de 20 $ et des intérêts de 1,14 $ en plus de la dépense originale. Ses billets de loterie lui auront donc couté 85,15 $. Pas content le monsieur… et avec raison.

M. Browne envoie alors une plainte à la Société des loteries, avec copies au premier ministre Doug Ford et au Sudbury Star. Il se plaint aussi à sa banque qui finalement crédite les frais de 20 $. Mais il s’en prend également à la Société des loteries qui, dans une campagne de publicité, incite les gens à acheter en ligne pendant le confinement, mais ne semble indiquer nulle part sur son site que l’utilisation d’une carte de crédit comportera des frais supplémentaires.

Ce dont il faut se rappeler ici, c’est que l’utilisation d’une carte de crédit entraine toujours des frais en sus des intérêts payés par l’utilisateur. C’est normalement le marchand qui paye ses frais — qui peuvent être de quelque 2 % — lorsqu’on achète un bien ou service. Cependant, lorsqu’on utilise une carte pour obtenir une avance de fonds, il n’y a pas de marchand pour s’acquitter de ces frais et la banque / compagnie de carte de crédit impute donc un frais au détenteur de la carte.

La vraie question, c’est pourquoi les banques et les émetteurs de cartes de crédit considèrent l’achat de billet de loterie comme une avance de fonds déclenchant des frais supplémentaires plutôt qu’un simple achat de bien. On dit que c’est à cause des casinos. Certains gros joueurs en manque de liquidité pour continuer à jouer utilisent parfois leurs cartes pour renflouer leur portefeuille et continuer à assouvir leur dépendance. Dans ce cas, souvent des retraits de milliers de dollars, on peut comprendre.

Les banques et loteries avides de nos sous doivent cependant modifier leur façon de faire si elles veulent maintenir le peu de confiance que nous avons en elles.

Les banques doivent faire la différence entre le joueur compulsif et le petit épargnant qui achète quelques billets de loterie. Surtout en période de confinement pendant laquelle il est plus sécuritaire d’acheter en ligne.

Et la Société des loteries de l’Ontario doit indiquer clairement que les achats par carte de crédit peuvent comporter des frais. Soit ça ou assumer ces frais elle-même. Après tout, c’est cette société qui, par ses publicités, incite les gens à acheter en ligne.

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Chronique

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