Jeunesse et Fierté

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
Panel sur la jeunesse et sa relation avec Fierté Sudbury Pride

Dans une société menée par des adultes, même les actions les mieux intentionnées peuvent avoir des impacts non planifiés sur les jeunes si on ne pense pas à eux dès le départ. Afin de mieux servir les plus jeunes membres de la communauté LGBTQ+, Fierté Sudbury Pride a organisé une discussion avec eux le 14 juillet dans le cadre de la semaine Queerantaine.

Lee, membre du conseil d’administration de Fierté Sudbury et qui assurait l’animation, a souligné d’entrée de jeu que les meneurs actuels de la Fierté n’étaient là que pour ouvrir la voie et faire des gains pour les plus jeunes. «Tout ce que nous faisons, nous le faisons pour vous. Alors, ne vous gênez pas de nous le dire si nous faisons une erreur.»

Il peut être plus compliqué pour les jeunes — en faisant surtout référence à l’adolescence — de participer aux activités de Fierté Sudbury. Certains n’ont simplement pas encore dévoilé leur orientation à leurs proches. La peur d’être jugés, à l’intérieur à la communauté comme à l’extérieur, est aussi présente, surtout au début du processus.

Les participants à la discussion considèrent tout de même que des efforts sont faits par la communauté LGBTQ+ sudburoise pour qu’ils aient leur place et y sont généralement bien accueillis. Les commentaires désobligeants existent quand même, le plus souvent fait par les gais, lesbiennes et bisexuel envers les trans et les queers, a rapporté l’une des participantes.

Si une activité de groupe peut faire peur, ils reconnaissent que la visibilité obtenue par un groupe qui s’épaule les uns les autres permet de mener le combat pour la défense de leurs droits. Cette visibilité permet aussi aux plus jeunes, qui commencent à se sentir différents des autres sans comprendre pourquoi, d’avoir un endroit où trouver des réponses.

Une question d’accessibilité

Les jeunes sont aussi à la recherche de plus d’évènements où les mineurs seraient les bienvenus ou seulement pour leur groupe d’âge. Un endroit plus permanent où tous pourraient se rencontrer en toute sécurité, sans avoir peur des préjugés, serait également le bienvenu.

Venice adore la semaine de la fierté parce que c’est habituellement le meilleur moment pour se faire des amis, mais il faut attendre un an avant la prochaine. Tenir d’autres activités de plus petite envergure au cours de l’année leur donnerait plus d’occasions de rencontrer des gens comme eux.

Il y aurait aussi du travail à faire dans la perception d’accessibilité aux activités, en particulier en ce qui a trait à l’alcool et la sexualité. Sans abandonner les bars qui appuient la communauté, il faudrait parfois qu’il y ait des soirées ailleurs, disent-ils.

«Les membres de la communauté ont plus de chance d’abuser des drogues et de l’alcool, alors c’est une image à éviter», renchérit Vince.

«J’ai déjà entendu un parent dire qu’il n’amènerait pas ses enfants à la parade de la fierté parce que c’est trop sexualisé», mentionne aussi Emily, pour souligner pourquoi certains jeunes ne peuvent pas, ou ne veulent pas, participer à la parade, par exemple.

Même avec tout cela, il reste le défi de faire connaitre les activités, car jeunes et moins jeunes ne fréquentent pas les mêmes sites internet et réseaux sociaux. Pour y arriver, les jeunes ont suggéré à Fierté Sudbury d’ouvrir un compte Instagram et peut-être un compte Tik Tok. Une meilleure présence ou relation avec les groupes d’appui LGBTQ+ dans les écoles pourrait aussi être profitable.

Un message aux alliés

Les jeunes participants invitent tous ceux qui se disent alliés de bien peser leurs mots. Aussi bien pour la communauté LGBTQ+ que pour les noirs ou les autochtones, il n’est pas suffisant de dire que l’on est un ou une alliée pour l’être vraiment.

«Agir est plus important de le dire, affirme Emily. Dire qu’on est allié n’est pas suffisant. Il faut les défendre, leur donner la parole.»

Venice renchérit : «Il faut soulevez la voix de ceux qui subissent l’oppression et non pas parler à leur place».


Il a également brièvement été question d’intersectionnalité pendant la discussion, mais nous allons laisser ce sujet aux participants de la discussion organisée par le Centre de santé communautaire du Grand Sudbury!