Réjean Grenier
Le Voyageur
Réjean Grenier

Ah! Le vaccin

Le processus de vaccination est compliquée mais essentiel.

Après un an de perturbations, de maladies graves et de morts, les vaccins contre la COVID-19 semblent apporter un peu d’espoir. Depuis quelques mois, des dizaines de millions de personnes de par le monde ont été vaccinées, incluant plus de 1,6 million d’Ontariens et 4,4 millions de Canadiens. La bonne nouvelle est que tous les suivis auprès de ces vaccinés indiquent que tous les différents vaccins offrent une protection. La mauvaise nouvelle est que le déroulement de la vaccination par les provinces a eu  des ratés.

Prenons la dernière décision de l’Ontario de permettre la vaccination des gens nés en 1951, soit ceux qui ont 70 ans et plus cette année (transparence : notre éditorialiste est né en 1951). Cette décision s’applique à plus d’une dizaine d’unités sanitaires à travers la province, mais pas à Sudbury ni à Thunder Bay.

Il est difficile de comprendre pourquoi, quand on sait que Sudbury est en zone grise et que nous avons eu 188 cas dans la dernière semaine, ce qui nous place au 8e rang ontarien en nombre de cas par 100 000 de population. Presque pareil pour Thunder Bay, qui a enregistré 166 cas la semaine dernière et qui est en 7e position en nombre de cas par 100 000 habitants. Pourtant, avec 11 cas en 7 jours, soit 32 cas par 100 000 habitants, le Témiskaming est inclus dans la liste. Allez comprendre.

Ce qu’on comprend, c’est que la gestion du processus de vaccination est compliquée. Le Canada est à la merci des livraisons de vaccins par des compagnies toutes basées à l’étranger. Nous subissons aussi les contrecoups des pays fabricants, en Europe et aux États-Unis, qui veulent garder les vaccins chez eux. Ceci réduit le nombre de doses disponibles ici et force les autorités à faire des choix difficiles. 

On comprend aussi qu’il était important de commencer la vaccination en inoculant les personnes plus âgées, surtout celles vivant en maisons de soins de longue durée puisque la première vague nous a clairement démontré que ce sont les personnes les plus vulnérables. On comprend même que les gouvernements aient décidé de retarder de 4 mois la deuxième dose du vaccin, même si les manufacturiers recommandent un mois. Les autorités ont probablement raison en dictant qu’il vaut mieux protéger tout le monde un peu qu’un peu de monde beaucoup.

Ce qu’on comprend pas mal moins, c’est le nombre de personnes qui ont droit au vaccin depuis un bout de temps et qui ne s’en prévalent pas. On apprenait récemment que plus de 200 000 Ontariens de plus de 80 ans n’ont pas encore demandé d’être vaccinés. Il y a aussi les fervents de l’antivaccination dont on ne peut changer l’opinion, mais ça, c’est une autre histoire. Nous en avons d’ailleurs déjà parlé (éditorial du 22 janvier 2020).

Ce qui est important maintenant c’est que nous soyons prêts à recevoir le vaccin anti-COVID-19, et ce, quels que soient les ratés de la campagne de vaccination. Il faut que plus de 70 % de la population soit vaccinée pour que nous atteignions l’immunité de groupe. C’est maintenant à nous de jouer.