Nathalie Simard, en toute franchise et sans masque

Journée internationale des femmes

Centre Victoria pour femmes
Chronique invitée

Nathalie Simard, sincère et candide. Son nom évoque des souvenirs de jeunesse pour ceux et celles qui ont grandi dans les années 1980. Enfant charismatique chantant en duo avec son frère René, les «petits Simard» ont gagné le cœur du public francophone au pays. Nathalie Simard a connu un succès presque instantané et une popularité incontestable grâce à ses disques de Noël, à la Danse des canards, à l’émission Le Village de Nathalie et aux nombreux prix Félix et Artis qui couronnent son succès.

Pourtant, derrière son sourire angélique, Nathalie Simard cachait un secret. Elle était victime d’agressions sexuelles perpétrées par son gérant, Guy Cloutier, qu’elle a dénoncé au début des années 2000. Nathalie Simard a eu le courage de briser le silence et de raconter son histoire.

C’est aussi ce qu’elle fera en conférence virtuelle, une invitation du Centre Victoria pour femmes, Ellevive, Fem’aide et le Bureau des affaires francophones de l’Université Laurentienne pour souligner la Journée internationale des femmes.

En 2020, le Centre Victoria pour femmes a lancé son 25e anniversaire avec une programmation spéciale. Plusieurs activités étaient prévues, dont une tournée dans le Nord de l’Ontario avec Nathalie Simard, qui devait se rendre à Sudbury, Elliot Lake, Sault-Ste-Marie, Wawa et Timmins. Mais en raison de la pandémie, la tournée a été annulée. 

Sous le signe de la nouvelle réalité COVID, Nathalie Simard sera en direct sur votre écran d’ordinateur, en toute franchise et sans masque, pour livrer un témoignage touchant. En préparation à cette rencontre virtuelle, elle a accepté de répondre à quelques questions.

CVF : Depuis 2019, vous offrez des conférences pour sensibiliser le public au sujet de la dénonciation et la prévention des agressions sexuelles. Est-ce qu’il y a eu un élément déclencheur qui vous a motivé à prendre la parole sur ce thème à ce moment précis?

N.S. : Tout d’abord, cela fait plus de 15 ans que je donne des conférences sur les agressions sexuelles et mon élément déclencheur a été bien sûr ma dénonciation en 2004 contre mon agresseur Guy Cloutier, qui d’ailleurs a plaidé coupable et reçu une sentence de 42 mois de prison. Toute cette démarche auprès de la justice n’a duré que quelques mois grâce à une rencontre où je l’ai piégé avec caméra et micro avec l’aide des policiers.

CVF : Quels sont les messages que vous voulez passer aux gens qui assistent à vos présentations ?

N.S. : Mon message est clair, j’incite les femmes (et les hommes) à dénoncer les abus sexuels dont elles ont été victimes, la reprise de pouvoir sur leur vie. La prévention et la sensibilisation sur ce sujet sont pour moi essentielles, car, de libérer la parole et donc de briser le silence, bien cela sauve assurément des vies!

CVF : Vous dites que «c’est le temps que la honte change de camp». Qu’est-ce que vous entendez au juste ?

N.S. : La culture de ce lourd silence fait grandir la honte en soi, alors que cette honte ne nous appartient aucunement, au même titre que ce crime ne nous appartient pas et ne nous a jamais appartenu! Notre agresseur possède cette facilité de nous manipuler. En nous répétant sans cesse qu’une dénonciation peut briser des vies, il oublie que c’est lui qui a brisé notre vie. 

CVF : Vous avez une fille, Ève, âgée de 27 ans. Comment est-ce que le fait d’être une survivante a eu un impact sur la façon dont vous avez élevé votre fille?

N.S. : L’impact est clair, car en tant que maman, je devais donner l’exemple et user de prévention et de sensibilisation auprès d’elle afin d’éviter qu’elle aussi puisse être confrontée à ce genre de crime. Grâce à ma dénonciation, ma fille est très outillée pour faire face à une situation semblable si cela lui arrivait!

CVF : Après la dénonciation vient la guérison. Quel a été votre cheminement pour passer de l’état de victime à celle de survivante ?

N.S. : Tout d’abord, tant et aussi longtemps que nous gardons le silence, nous sommes victimes de notre bourreau. Mais dès que nous prenons notre courage à deux mains pour dénoncer ces crimes odieux, c’est à ce moment précis que nous devenons toutes des survivantes! Par la suite, sincèrement, je dirais que l’on se reconstruit une journée à la fois avec beaucoup d’amour et de bienveillance envers soi-même !


Soyez au rendez-vous le lundi 8 mars et le mardi 9 mars de 19 h à 20 h 30. Puisque les places sont limitées, vous devez vous inscrire pour recevoir le lien Zoom aux adresses suivantes : https://inscription-nathalie-simard-sans-masque.eventbrite.ca sur le site web du Centre Victoria pour Femmes ou sur le site Facebook Ellevive https://www.Facebook.com/tavieteschoix.

Une activité exclusive est offerte aux usagères d’Ellevive et du Centre Victoria pour femmes le mercredi 10 mars.