Pour se souvenir de l’histoire militaire de Coniston

Philippe Mathieu
Philippe Mathieu
Le Voyageur

La Coniston Historical Society a dévoilé 15 nouvelles bannières dans le parc Centennial de Coniston le 11 juillet. La majorité honore au moins une personne de la petite ville qui a servi dans l’Armée canadienne.

La société historique a tenu à présenter une cérémonie de dévoilement afin d’inviter les amis et la famille des anciens combattants. «Nous l’avions arrangé pour que certains membres de la famille parlent d’eux et de leur histoire avant qu’ils dévoilent officiellement la bannière, c’était vraiment spécial de voir ça. Vraiment émotionnel et puissant», explique le responsable du projet, Jason Marcon.

Jason Marcon

M. Marcon avait un lien personnel avec la plupart des lauréats, qu’ils soient de la famille, des amis, des voisins ou de la parenté éloignée.

Un des lauréats, Marc Arseneau, un soldat retraité, a servi dans plusieurs pays, notamment en Afghanistan. «Je le connaissais, alors je l’ai contacté, lui demandant des informations sur son histoire militaire ainsi que des photos. J’étais assez mystérieux pour ne pas lui dire ce que je faisais avec tout ça. Une fois qu’il a vu la bannière, il a été très reconnaissant», dit M. Marcon.

Il est à noter que l’on peut observer de nombreux noms de francophones sur les bannières. «Coniston a toujours été une petite ville de quatre communautés réunies en une seule : les Anglais, les Français, les Italiens et les Ukrainiens. […] Ça fait du bien de voir tous ces visages familiers honorés comme ils devraient l’être», affirme M. Marcon.

Les bannières présentent des membres de la communauté qui ont participé à au moins une guerre depuis la Première Guerre mondiale. Les seules exceptions sont deux bannières qui mettent en vedette deux mères de la Croix du Souvenir (aussi appelé la Croix d’argent), Helena Forestell et Helen Chabot.

Une tradition qui a commencé en 1919, une mère de la Croix du Souvenir souligne «le souvenir de la perte personnelle des mères et des veuves des soldats et marins canadiens morts au champ d’honneur pour leur pays», selon le site web de la Légion royale canadienne. Bien que les deux femmes soient des mères de la Croix du Souvenir au niveau local, Mme Forestell a été honorée avec la Croix au niveau national en 1958. 

Important pour l’histoire locale

Jason Marcon est un historien dont la famille a ses racines à Coniston depuis plus de 100 ans. «C’est important de se souvenir d’eux. Souvent, les gens oublient à quel point cette ville a été impliquée dans les guerres. Il est important de se souvenir de notre histoire et de ceux qui ont sacrifié leur vie pour servir notre pays. On espère que les bannières susciteront l’intérêt local et commencera des conversations sur l’histoire riche de Coniston», explique-t-il.

Marcon, programmeur de formation, s’intéresse à l’histoire locale depuis son plus jeune âge. «Ma famille avait ces deux livres sur l’histoire de Coniston et je les lisais quand j’étais plus jeune.» Depuis ce temps, il s’est lancé dans la Coniston Historical Society.

En développement depuis 2017, le projet a été inspiré par le 150e anniversaire du Canada. Le groupe historique a rassemblé autant d’informations que possible sur les soldats locaux en interrogeant les membres des familles, en lisant de vieux livres et en recherchant des photos des anciens combattants.

Le groupe est même allé jusqu’à placer des bannières stratégiquement pour ajouter une signifiance historique. «Pour la bannière de Les Chayka et d’Angelo Franchetto, on a pensé de les placer proche d’où ils viennent. M. Chayka a demeuré juste en bas de la rue et M. Franchetto pas trop loin d’eux», raconte-t-il.

Bien que la plupart des bannières honorent des soldats de la première et de la Seconde Guerre mondiale ainsi que de la guerre de Corée, il y a aussi quelques exemples de soldats qui ont servi très récemment.