Les rites funéraires apportent du réconfort et de l’apaisement aux personnes endeuillées.
Les rites funéraires apportent du réconfort et de l’apaisement aux personnes endeuillées.

Les rites funéraires s’adaptent

Reports et cérémonies virtuelles...

La mort peut paraitre une épreuve insurmontable, surtout lorsqu’elle touche un être cher. Serait-ce encore plus vrai en temps de pandémie? D’est en ouest du Canada, les rites funéraires ont dû être adaptés pour respecter les nouvelles règles de quarantaine et de distanciation sociale qui font aujourd’hui partie du quotidien.

Au Québec, province la plus touchée du pays. «Les funérailles sont toutes reportées», indique d’emblée Maryse Dubé, responsable des rituels funéraires au sein de la Fédération des coopératives funéraires du Québec (FCFQ).

Comme les rassemblements sont encore interdits, la solution proposée aux familles endeuillées est une cérémonie diffusée sur internet. «La cérémonie est virtuelle, car on n’a pas le choix, mais ce n’est pas l’idéal», convient Mme Dubé.

Cérémonies plus courtes pour les communautés juives de Toronto 

En Ontario, le cimetière juif Toronto Hebrew Memorial Parks (THMP) a mis en place un protocole afin de respecter les règles dictées par le gouvernement de l’Ontario.

Depuis le 26 avril 2020, le cimetière est fermé au public, à l’exception des enterrements. Lorsqu’il y a un enterrement, les employés du service funéraire doivent créer un espace de deux mètres entre la tombe et la famille ainsi qu’entre chaque membre de cette famille. Le rituel funéraire juif implique que la famille jette de la terre sur le cercueil avec des pelles; en cette période de restriction, seules deux pelles sont fournies.

Dès que le dessus du cercueil est couvert de terre, tous les membres de l’assistance, qui doivent obligatoirement porter des gants jetables, sont invités à retourner dans leurs voitures. Le rituel est donc raccourci à moins de 30 minutes et ce sont les employés du cimetière qui se chargent de terminer l’enterrement.

Enfin, «afin d’atténuer le risque de propagation, nous ne fournirons pas de tasse de lavage ni d’eau à nos stations de lavage des mains extérieures dans les cimetières. Les visiteurs devront apporter leur propre eau pour le lavage rituel des mains après leurs visites», peut-on lire sur le protocole (en anglais seulement) du THMP, qui est aussi appliqué dans les trois autres cimetières juifs de la ville.

Les rites funéraires apportent du réconfort et de l’apaisement aux personnes endeuillées.

Vulnérabilité accrue dans les communautés musulmanes de l’Ouest

Le 22 mars dernier, l’Association médicale musulmane du Canada (AMMC) et le Conseil canadien des imams (CCI) ont publié un document (en anglais seulement) concernant la tenue des enterrements. Dans une mise à jour datant du 5 avril, il est indiqué que «la mise en linceul est une obligation relative à la personne décédée. Si cela ne peut avoir lieu selon les préceptes de la Souna, la personne peut être enterrée vêtue de la blouse d’hôpital qu’elle porte déjà».

Ce document stipule également les restrictions en termes de distanciation sociale et précise que «la prière de la janaza [prière funéraire] pourrait avoir lieu en présence d’un nombre minimal de personnes».

En Alberta, la mosquée Al Rashid à Edmonton fait la distinction, dans son nouveau protocole funéraire, entre les funérailles liées au coronavirus et les autres. Si la personne est décédée de la COVID-19, aucun membre de la famille n’est autorisé à assister à la cérémonie dans la mosquée. Cependant, les règles de distanciation sociale sont maintenues au cimetière et un groupe de 15 personnes au maximum peut participer au rituel en se tenant à deux mètres les uns des autres.

Salwa Kadri, employée au service funéraire de la mosquée, indique que les familles ont toutes été coopératives, mais que la peur engendrée par cette nouvelle situation les rend plus vulnérables. Deux enterrements de personnes décédées de la COVID-19 ont eu lieu dans cette mosquée depuis que le gouvernement de l’Alberta a déclaré l’état d’urgence sanitaire publique le 17 mars.

«Nous apportons des changements constants à notre protocole en fonction des directives de l’Agence de la santé publique du Canada. Chaque jour est un nouveau défi et la sécurité publique est notre priorité», conclut Mme Kadri.

Des outils pour vivre son deuil

Pour faire face à l’urgence, la FCFQ a élaboré un fascicule de quatre pages proposant des rituels à faire chez soi pour apprivoiser le deuil en cette période difficile. L’outil suggère notamment d’aménager un espace dans son logement pour le recueillement : «On peut mettre une chandelle, une plante ou une photo; cet espace montre au défunt que sa famille pense à lui et qu’il n’est pas tombé dans le néant», suggère Maryse Dubé. 

L’équipe des Formations Monbourquette sur le deuil a également mis au point le Guide pour les personnes endeuillées en temps de pandémie, diffusé auprès des familles des défunts afin de les aider à vivre leur deuil malgré tout.

Si les familles choisissent la crémation plutôt que l’inhumation, les maisons funéraires qui procèdent à la cérémonie filmée conservent les urnes funéraires pour les remettre éventuellement aux familles. Lorsque les rassemblements seront à nouveau autorisés, de nombreuses funérailles devront être organisées, prévoit Maryse Dubé. Les familles pourront récupérer les cendres, mais aussi choisir de procéder à une cérémonie funéraire en présence de la famille et des amis du défunt.

Maryse Dubé envisage déjà des mesures pour pallier l’augmentation envisagée du nombre de cérémonies : «L’une des solutions va probablement être d’organiser des funérailles sept jours sur sept», alors qu’auparavant, les rites funéraires avaient lieu uniquement les fins de semaine pour accommoder les emplois du temps des membres de la famille.

Finalement, pour aider certaines personnes qui pourraient se sentir seules et démunies face au deuil, la FCFQ s’est associée avec la Maison des Petits Tournesols. Cet organisme communautaire basé à Montréal propose un soutien téléphonique gratuit aux personnes endeuillées, quel que soit leur âge.

Nipissing Ouest

L’enseignante de l’École secondaire publique Odyssée, Sylvie Vannier, va se souvenir longtemps de son expérience saut avec l’équipe de parachutistes des Forces armées canadiennes. L’éducatrice franco-ontarienne native de Sturgeon Falls fait partie de ceux et celles qui ont réalisé leur rêve de sauter d’un avion avec la formation des SkyHawks. En plus, elle l’a fait au-dessus du Concours international de labour à Verner.