Les bénévoles en pandémie : rares, mais essentiels

Julien Cayouette
Julien Cayouette
Le Voyageur
Les centres de soins de longue durée ont perdu une autre ressources essentielle

La vie des résidents des centres de soins de longue durée de l’Ontario a été chamboulée par la pandémie de COVID-19, et ce, de plus d’une façon. Même dans les résidences qui n’ont pas été trop affectées par le nouveau coronavirus, une ressource est en ce moment rare : les bénévoles.

Avec 20 demandes sur le site de Volunteer Sudbury/Bénévolat Sudbury, le Centre de santé St-Joseph de Sudbury est un exemple de cette pénurie de bénévoles. Même si ceux-ci ne sont pas impliqués directement dans les soins de santé des résidents, ils n’en demeurent pas moins essentiels pour leur bienêtre.

«Tous les êtres humains ont besoin de contact humain, même en distanciation», rappelle la coordonnatrice des bénévoles et du placement académique du Centre, Tanya Anne Ball.

Le Centre — qui gère le centre de soins de longue durée St-Joseph, la Villa St-Joseph et la Villa St-Gabriel — a perdu plusieurs de ses bénévoles réguliers au cours de l’année. C’était normal au début de la pandémie, puisque toutes les activités non essentielles ont été suspendues. Cependant, plusieurs n’ont pas été en mesure de revenir.

Les raisons sont différentes pour chacun, note Mme Ball. Peut-être qu’ils travaillent dans un domaine où ils croisent beaucoup de gens, dans un autre site de santé, certains sont eux-mêmes plus vieux et préfèrent ne pas sortir. Il y a aussi des étudiants qui ne sont pas revenus à Sudbury puisque les cours sont à distance.

Appui au bienêtre

Les bénévoles du Centre de santé St-Joseph «prennent soin des besoins sociaux, culturels, spirituels ou religieux des résidents et des patients», explique Tanya Anne Ball. Les soins de santé en tant que tels sont laissés aux employés, mais le travail des bénévoles a quand même un impact sur la santé des résidents. Ce sont eux qui livrent les programmes de prévention des chutes ou de remise en forme.

Mme Ball donne en exemple l’activité de cyclisme extérieur, qui a pu reprendre au cours de l’été. «Elle a créé des moments mémorables, ramenant des sourires sur les visages des gens qui apprécient le calme et le soleil de l’été, l’air frais et l’effet thérapeutique de la nature ou du retour à la normalité et de voir le voisinage, selon les routes disponibles.»

Un autre exemple, le programme Luminosity, qui utilise la musique pour replonger les patients dans leur passé ou qui leur permet de chanter.

Un programme rigoureux

Les étapes pour être recruté comme bénévole au Centre de santé St-Joseph étaient déjà exhaustives. Elles incluent le formulaire de demande (http://www.sjsudbury.com), une entrevue, l’orientation et des formations.

«Nous évaluons chaque individu pour connaitre leurs intérêts et leur disponibilité afin de les jumeler aux programmes ou services qui ont le plus de chance de les intéresser selon leur horaire», explique la coordonnatrice.

Lorsque nécessaire, de la formation est offerte pour qu’ils puissent bien livrer le service. «Plusieurs de nos bénévoles dépassent nos attentes et deviennent des leadeurs et des mentors pour les nouveaux bénévoles. Il est courant d’entendre qu’ils reçoivent plus que ce qu’ils donnent.»

S’ajoute maintenant à ce processus la panoplie de tests et de mesures de sécurité sanitaire pour empêcher l’infection du personnel et des résidents à la COVID-19.

Ceux-ci incluent de la formation supplémentaire sur les règlements de nettoyage et de distanciation. De plus, les activités ont été réorganisées pour être offertes à de plus petits groupes pour laisser de la place pour la distanciation.

Que ce soit pour des étudiants avec un peu de temps libre, une personne retraitée avec un bon système immunitaire et qui veut rester en santé, quelqu’un qui veut développer de nouvelles habiletés ou qui veut partager celles qu’il connait, le bénévolat peut permettre de répondre à leur besoin.