Trouvons des solutions aux enjeux du secteur de l’éducation postsecondaire en contexte francophone minoritaire

Lynn Brouillette – Présidente-directrice générale de l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne

L’éducation postsecondaire en contexte francophone minoritaire est un maillon essentiel du continuum de l’éducation en français et contribue considérablement à la vitalité des communautés francophones en situation minoritaire (CFSM) et au bilinguisme au Canada. Les CFSM veulent pouvoir compter sur des établissements postsecondaires francophones forts et agiles. Or, la précarité de ce secteur les inquiète.

Les établissements postsecondaires en contexte francophone minoritaire au Canada craignent de ne plus disposer de moyens d’agir suffisants pour maintenir et accroitre leur contribution à la société canadienne. Ils font face à d’imposants défis associés au financement et à la prestation de programmes d’études postsecondaires en français et bilingues. 

Les lacunes dont ils souffrent en matière de ressources et d’infrastructures font en sorte que l’éducation postsecondaire en français dans les CFSM ne bénéficie pas de conditions équivalentes à celles offertes à la majorité anglophone. Il s’agit de défis structurels et la pandémie de COVID-19 n’a fait que les amplifier.

Des États généraux sur le postsecondaire en contexte francophone minoritaire au Canada

Malgré ces défis, jusqu’à maintenant, les établissements postsecondaires en contexte francophone minoritaire au Canada ont toujours trouvé des moyens pour remplir leur mission civique. 

Ils continuent à imaginer des solutions innovantes pour répondre aux besoins de formation d’une main-d’œuvre qualifiée dans les secteurs-clés des CFSM et de la société canadienne. 

Ils contribuent à accroitre le taux de bilinguisme français-anglais au Canada et permettent aux élèves francophones de poursuivre leur éducation en français et aux élèves des programmes d’immersion française et de français langue seconde de parfaire leur apprentissage du français. 

Ils offrent les structures nécessaires pour accueillir des étudiantes et étudiants internationaux et nouent des partenariats avec les organismes d’établissement pour que ces personnes puissent s’installer au Canada après leurs études, tant en milieu urbain que rural. 

Toutefois, leur capacité d’adaptation a des limites et ces établissements se rapprochent du point de rupture.

Face à l’ampleur des défis, l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC) et la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) organiseront des États généraux sur le postsecondaire en contexte francophone minoritaire au Canada. 

Cette démarche d’envergure nationale permettra de faire le point sur la situation de l’éducation postsecondaire en contexte francophone minoritaire au Canada afin de trouver des solutions cohérentes, systémiques et durables pour assurer la pérennité de ce secteur. 

Ces solutions devront permettre de renverser l’effritement de l’accès aux programmes de formation postsecondaire en français, de consolider et de développer le réseau d’établissements et de progresser vers l’égalité réelle dans ce secteur.

Renforcer les piliers institutionnels des CFSM

Plusieurs parties prenantes sont interpelées par l’urgence d’agir pour appuyer ces établissements postsecondaires en contexte francophone minoritaire. 

D’une part, les gouvernements fédéral et provinciaux sont invités à prendre part au dialogue pour assurer la pérennité de ces établissements essentiels. D’autre part, les CFSM sont appelées à exprimer leurs aspirations au sujet de ces piliers de leur vitalité. 

Entre ces deux pôles se trouvent les établissements eux-mêmes — leur personnel, leur corps professoral, leur population étudiante et tant d’autres qui gravitent autour — qui devront aussi exprimer leurs besoins et leurs attentes. 

Toutes et tous apporteront à cette démarche des expertises précieuses qui, rassemblées, en assureront le succès.

L’objectif des États généraux sera de renforcer ces piliers institutionnels des CFSM et de donner aux établissements postsecondaires en contexte francophone minoritaire des assises leur permettant de traverser le XXIe siècle avec confiance. 

Le document de réforme des langues officielles rendu public par le gouvernement fédéral en février 2021 l’énonce sans équivoque : les CFSM ne peuvent être fortes que si leurs institutions le sont aussi. 

Il devient impératif d’agir pour éviter qu’un affaiblissement des établissements postsecondaires en contexte francophone minoritaire au Canada n’entraine avec lui la vitalité des CFSM.

Lynn Brouillette, présidente-directrice générale de l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne.