Des milliards en abondances

À l’approche du scrutin fédéral, les réseaux sociaux sont inondés de mèmes à l’endroit des partis politiques et de leur chef.

Je sursaute à chaque fois que j’en vois passer un invitant les citoyens à voter conservateur pour mettre fin aux déficits répétés des libéraux ou vice versa, comme si l’un faisait mieux que l’autre.

La mémoire collective est courte. Quand les conservateurs ont pris le pouvoir en janvier 2006, la dette accumulée du Canada s’élevait à 481 milliards de dollars. Quand Harper fut mis dehors en octobre 2015, elle était de 616 milliards.

Trudeau a ensuite formé un gouvernement majoritaire par la promesse d’enligner les déficits pour exécuter son plan de croissance économique. Quatre ans plus tard, la dette est aujourd’hui de 686 milliards.

Mathématiquement, libéraux et conservateurs fédéraux ont ensemble ajouté 205 milliards $ à notre dette. Financièrement, ils ont dépensé 205 milliards $ qu’ils ont dû emprunter. Politiquement, ils ont chacun leurs propres arguments visant à justifier ce trou et ne sont toujours pas rassasiés.

Sommes-nous mal en point en tant que pays avec une telle dette? Pas nécessairement. Notre produit intérieur brut (PIB), lequel quantifie la valeur totale de la production de richesse d’un pays en une année, vaut environ 2170 milliards de dollars canadiens ces temps-ci.

Notre PIB étant donc 3,16 fois plus élevé que notre dette, notre capacité de rembourser ladite dette est forte. À titre de comparaison, la dette américaine se chiffre à 22 000 milliards $ pour un PIB de 20 000 milliards $ et dépasse donc la capacité de ce pays à la rembourser.

Le Canada pourrait tripler sa dette actuelle de 686 milliards $ et aurait encore meilleure figure que les États-Unis, bien que ce serait farfelu d’avoir un tel objectif.

Même comparativement aux autres pays du G7, l’économie du Canada est enviée. Stephen Harper l’avait compris. Justin Trudeau l’a compris et Andrew Scheer aussi. Libéraux et conservateurs font d’ailleurs très bon ménage à ce sujet.

Ceci étant dit, ni l’un ni l’autre hésite et hésitera à faire pleuvoir encore ces centaines de milliards que nous n’avons pas tout comme l’ont fait nos derniers gouvernements, lesquels n’ont pensés qu’aux prochaines élections et non aux prochaines générations.

Je n’entrevois pas la fin de cette pluie de milliards par le prochain gouvernement, ni celui d’ensuite, et ce, qu’il soit rouge ou bleu. Le plus préoccupant sont ces 25 milliards $ par année versés aux banques pour n’essuyer que les intérêts de cette dette.

Sur ce, bon vote le 21 octobre prochain! Saisissez les dollars s’ils en tombent dans votre coin!

par Guy Lanteigne, Gatineau

Courrier

 Nous parlons d’accès aux services en français. Ils parlent d’accès à de l’eau potable.

Dans le numéro du 26 février 2020 du journal Le Voyageur, on peut trouver une caricature avec deux hommes qui manifestent pour l’égalité des francos. La caricature fait référence aux blocages des voies ferrées en solidarité avec la Première nation Wet’suwet’en et l’un des personnages dit «J’espère qu’il ne faudra pas le faire à notre tour!» L’objectif de la caricature n’est pas clair. Au meilleur, on peut y voir une certaine empathie envers la cause des manifestants, exprimée toute croche. Au pire, c’est une manifestation d’un discours identitaire nombriliste franco-ontarien. Nous parlons d’accès aux services en français. Ils parlent d’accès à de l’eau potable. C’est une méchante différence. Mais elle n’est pas insurmontable.

Courrier

Par Joel Belliveau, professeur agrégé en histoire, UL

On a récemment suggéré que Victor le Voyageur, la mascotte sportive de l’Université Laurentienne, serait un « symbole colonial » qui représenterait « une facette raciste de l’histoire » (Lambda, le 13 janvier). L’idée de mettre Victor à l’écart a aussi été justifiée par l’argument voulant que ce ne soit pas « tout le monde qui se sente représenté par une mascotte d’homme blanc ». Cette discussion — et ces deux arguments — ont fait écho chez moi d’abord en tant qu’historien, mais aussi en tant que membre d’un groupe minoritaire.