Mathilde Grevelle-Bazinet
Mathilde Grevelle-Bazinet

Un rêve devenu réalité

Celle qui a porté pendant longtemps le projet de maison de soins palliatifs à North Bay reviens sur ce travail de longue haleine et la présente controverse.

La présidente sortante du conseil d’administration de la Maison Sérénité du Nipissing, Mathilde Gravelle-Bazinet, pourra bientôt prendre un peu de recul du projet de maison de soins palliatifs qu’elle a mené avec ses collègues. Les portes sont ouvertes depuis janvier et la Maison Sérénité accueille déjà ses premiers clients.

Mme Gravelle-Bazinet, une femme franco-ontarienne qui a œuvré dans le domaine de la santé et en droit, tenait à ce que les résidents de la région du Nipissing et de l’est de Parry Sound puissent mourir dans la dignité sans avoir à passer leurs derniers jours à l’hôpital. Pendant tout près d’une décennie, elle et son comité de bénévoles ont relevé le défi de faire valoir les mérites d’une maison de soins palliatifs auprès des élus et de la communauté et de la province. La campagne de dons et de financement a recueilli plusieurs millions de dollars.

«Je voyais la lacune [dans la région de North Bay]. En 2006, le premier de mes trois frères est décédé dans une maison de soins palliatifs à Saint-Jean-sur-Richelieu, au sud de Montréal. Ç’a été une expérience qui m’a ouvert les yeux et j’étais vraiment ébloui de voir la qualité des soins qu’on procure dans des maisons de soins palliatifs. C’est ça qui m’a vraiment motivé à m’assurer qu’on ait finalement une maison de soins palliatifs à North Bay», raconte Mme Gravelle-Bazinet.

«Le défi était de grande taille. Il fallait premièrement trouver une propriété et essayer d’avoir des octrois. Au moment où j’ai commencé, en 2011, le ministère de la Santé ne procurait aucun financement pour la construction. Mais, finalement en 2017, le gouvernement à ce moment a décidé de procurer un certain financement. Ça nous a donné un grand coup de pouce. Ensuite, la Ville de North Bay nous a vendu pour un dollar une propriété idéale près d’un parc et dans un endroit très central», poursuit-elle.

«Avec l’appui de notre député provincial, [Vic] Fedeli, on a pu obtenir l’approbation pour dix lits [au lieu de seulement six lits], ce qui a augmenté notre octroi à 2 millions $ et aussi un financement annuel pour nos opérations.»

Mme Gravelle-Bazinet sera reconnue par ses pairs et ses collègues lors d’une fête de départ à la retraite le 8 février, entre autres pour souligner son courage et sa persévérance dans ce dossier. Elle sera toujours disponible par contre pour offrir ses avis en tant que conseillère auprès du conseil d’administration de la Maison Sérénité du Nipissing.

Départ sur fond de controverse

Néanmoins, le projet de maison de soins palliatifs suscite encore certaines questions dans la communauté, entre autres si l’institution devrait offrir ou non les procédures d’aide médicale à mourir. Cette question a été soulevée par quatre médecins de North Bay dans une lettre la semaine dernière et par d’autres résidents depuis.

«Je me sens très heureuse, très soulagée et encouragée de l’appui que nous avons eu de monsieur et madame Tout-le-Monde. C’était vraiment un projet qui a été appuyé par la communauté en général [pas seulement par quelques grands donateurs]», reconnait la présidente sortante.

«Le plus difficile a été les gens qui voulaient vraiment que notre maison soit dans une des unités psychiatriques à l’hôpital. Ça, je ne pouvais pas comprendre du tout. Ces gens-là n’avaient pas vécu l’expérience que j’avais vécue, mais ils voulaient que tout soit centralisé à l’hôpital.»

«L’autre grande déception a été les gens qui voulaient nous donner des dons conditionnels. Une de leurs conditions était que nous promettions de procurer l’euthanasie ou le suicide assisté. Si on ne permettait pas cette procédure, à ce moment-là, on n’aurait pas de don. Ça me déçoit qu’il y ait des gens qui s’accrochent à ces conditions qui ne sont pas acceptables de la majorité de notre population», indique-t-elle.

«La procédure d’euthanasie ou de suicide assisté est déjà procurée dans les maisons de soins de longues durées, dans les foyers et aussi à l’hôpital librement. En fait, c’est permis et encouragé à l’hôpital et aussi dans les maisons de longue durée. Alors ce n’est pas nécessaire que notre Maison Sérénité soit l’endroit où l’on procure cette procédure-là.»

La Maison Sérénité va continuer à solliciter des dons auprès de la communauté, car la province ne finance que 60 % du budget de ses couts opérationnels. L’organisme tentera aussi de recruter des bénévoles pour aider avec diverses tâches ou pour accompagner les patients qui seraient seuls.

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